Publié le 27 Janvier 2016

Plus de six ans après la date de livraison prévue, une dizaine d'acquéreurs n'ont toujours pas pris possession de leur pavillon: la justice a pourtant considéré qu'il n'y avait pas d'escroquerie immobilière et relaxé ce mercredi les 5 prévenus.

"Le tribunal a constaté que les infractions n'étaient pas caractérisées, pour certaines d'entre elles sur le plan matériel, d'autres sur le plan intentionnel", a expliqué la présidente du tribunal correctionnel Christine Mée.

Au total, le lotissement des Terrasses de Notre-Dame, à Septèmes-les-Vallons, au nord de Marseille, devait compter 23 pavillons.
Lors de l'audience, la présidente de l'association "La douceur de vivre aux Terrasses", Dominique Belhadj, l'une des 23 parties civiles, avait donné quelques exemples des très nombreuses malfaçons évoquées dans une expertise judiciaire. Certains pavillons mal construits ont d'ailleurs dû être démolis, alors que certains acquéreurs, "des petites gens, pour lesquels c'était le projet d'une vie", avait-elle expliqué, avaient acquitté 95% du prix.

Lors de l'énoncé du jugement, la présidente a expliqué qu'il y avait bien eu des préjudices, mais estimé que cette affaire relevait de la "justice civile" devant laquelle les victimes pourraient "certainement" prétendre à des indemnisations.

Dix-huit mois de prison et une amende de 7.500 euros avait été requis contre Jacques Hamon, directeur régional de Sarrail, et contre Hervé Loquet, l'expert comptable de la société. Désigné comme le chef d'orchestre de la fraude, Théo Stock, le maître d'ouvrage, est décédé en février 2014.

Cette opération de promotion immobilière est "le plus gros sinistre de l'histoire du Groupement français de caution" qui, selon son avocat, lui a coûté presque 10 millions d'euros. Cette société mutuelle a achevé les travaux, repris les malfaçons et livré les pavillons en état d'achèvement mais certains acquéreurs en refusent encore la livraison.

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Rédigé par Pierre HAMMADI

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Publié le 27 Janvier 2016

La ministre de la justice Christiane Taubira démissionne du gouvernement

En signant sa démission, ce mercredi 27 février, une heure avant le conseil des ministres où Manuel Valls présente le texte définitif sur la déchéance de nationalité, Christiane Taubira met fin à plus de trois ans à la tête du ministère de la Justice.

Trois années de "liberté de parole" pour elle, de "couacs" ou de "provocations", pour d'autres, sur sa réforme pénale ou dernièrement sur la déchéance de nationalité. 

François Hollande est aux affaires depuis quatre mois et les ministères de la Justice et de la Famille planchent sur le mariage des couples homosexuels, l'une des grandes promesses de campagne du candidat Hollande. Dans une interview à La Croix, Christiane Taubira dévoile les grandes lignes du projet. "Le projet de loi va étendre aux personnes de même sexe les dispositions actuelles du mariage, de la filiation et de la parenté", affirme-t-elle. 

Le 23 avril 2013, la France devient le 14e pays à légaliser le mariage entre personnes de même sexe après cent trente-six heures de débat parlementaire et de nombreuses manifestations, où des centaines de milliers d'opposants de la "Manif pour tous" sont descendus dans les rues.

Alors ministre de l'Intérieur, Manuel Valls, peu apprécié de Christiane Taubira, et réciproquement, envoie la première bombe. Dans une note à François Hollande, dévoilée par Le Monde, il réclame l'arbitrage élyséen sur la réforme pénale de la ministre, notamment sur l'introduction d'une peine de probation qui permettrait de limiter l'envoi à la case prison des moins de 18 ans. 

Membre du parti radical de gauche, Christiane Taubira se rend à La Rochelle, à l'université d'été du Parti socialiste. Pas pour soutenir Harlem Désir, alors n°1 du PS, ni pour écouter le discours de Manuel Valls. Elle répond à l'invitation des frondeurs.

Dans une interview à L'Obs, Taubira tape du poing sur la table :  sur l'économie et la sécurité, "la gauche a adopté les mots de la droite. C'est une faute". "La gauche, ce n'est ni le césarisme, ni le bonapartisme, c'est le débat et la diversité", ajoute-t-elle même à l'adresse directe de Manuel Valls, qui à ses yeux étouffe les débats par ses accès d'autorité.

En déplacement à Alger, Christiane Taubira affirme sur une radio que le projet de révision constitutionnelle, annoncée par François Hollande devant le Congrès de Versailles après les attentats du 13 novembre, "ne retient pas" l'extension de la déchéance de nationalité aux binationaux nés Français et condamnés pour des actes de terrorisme. "En terme d'efficacité, ce n'est pas une mesure probante", résume-t-elle.

Le 7 janvier, la ministre cosigne une tribune dans Le Monde, avec le ministre de l'Intérieur Bernard Cazeneuve, laissant à penser qu'elle assume et soutient la ligne du gouvernement. 

Le soir-même sur iTélé, elle insiste sur l'efficacité "absolument dérisoire" de la mesure, qu'elle ne juge "pas souhaitable".  Manuel Valls appelle le lendemain "chacun à se tenir" derrière le président de la République car "c'est de lui que tout émane, c'est lui qui a été élu". 

Quatre jours plus tard, devant le groupe des députés socialistes réunis à l'Assemblée, Valls annonce qu'il défendra lui-même le texte, laissant à Taubira le soin de leur présenter la réforme de la procédure pénale.

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Rédigé par PIERRE HAMMADI

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Publié le 27 Janvier 2016

En signant sa démission, ce mercredi 27 février, une heure avant le conseil des ministres où Manuel Valls présente le texte définitif sur la déchéance de nationalité, Christiane Taubira met fin à plus de trois ans à la tête du ministère de la Justice.

Trois années de "liberté de parole" pour elle, de "couacs" ou de "provocations", pour d'autres, sur sa réforme pénale ou dernièrement sur la déchéance de nationalité.

François Hollande est aux affaires depuis quatre mois et les ministères de la Justice et de la Famille planchent sur le mariage des couples homosexuels, l'une des grandes promesses de campagne du candidat Hollande. Dans une interview à La Croix, Christiane Taubira dévoile les grandes lignes du projet. "Le projet de loi va étendre aux personnes de même sexe les dispositions actuelles du mariage, de la filiation et de la parenté", affirme-t-elle.

Le 23 avril 2013, la France devient le 14e pays à légaliser le mariage entre personnes de même sexe après cent trente-six heures de débat parlementaire et de nombreuses manifestations, où des centaines de milliers d'opposants de la "Manif pour tous" sont descendus dans les rues.

Alors ministre de l'Intérieur, Manuel Valls, peu apprécié de Christiane Taubira, et réciproquement, envoie la première bombe. Dans une note à François Hollande, dévoilée par Le Monde, il réclame l'arbitrage élyséen sur la réforme pénale de la ministre, notamment sur l'introduction d'une peine de probation qui permettrait de limiter l'envoi à la case prison des moins de 18 ans.

Membre du parti radical de gauche, Christiane Taubira se rend à La Rochelle, à l'université d'été du Parti socialiste. Pas pour soutenir Harlem Désir, alors n°1 du PS, ni pour écouter le discours de Manuel Valls. Elle répond à l'invitation des frondeurs.

Dans une interview à L'Obs, Taubira tape du poing sur la table : sur l'économie et la sécurité, "la gauche a adopté les mots de la droite. C'est une faute". "La gauche, ce n'est ni le césarisme, ni le bonapartisme, c'est le débat et la diversité", ajoute-t-elle même à l'adresse directe de Manuel Valls, qui à ses yeux étouffe les débats par ses accès d'autorité.

En déplacement à Alger, Christiane Taubira affirme sur une radio que le projet de révision constitutionnelle, annoncée par François Hollande devant le Congrès de Versailles après les attentats du 13 novembre, "ne retient pas" l'extension de la déchéance de nationalité aux binationaux nés Français et condamnés pour des actes de terrorisme. "En terme d'efficacité, ce n'est pas une mesure probante", résume-t-elle.

Le 7 janvier, la ministre cosigne une tribune dans Le Monde, avec le ministre de l'Intérieur Bernard Cazeneuve, laissant à penser qu'elle assume et soutient la ligne du gouvernement.

Le soir-même sur iTélé, elle insiste sur l'efficacité "absolument dérisoire" de la mesure, qu'elle ne juge "pas souhaitable". Manuel Valls appelle le lendemain "chacun à se tenir" derrière le président de la République car "c'est de lui que tout émane, c'est lui qui a été élu".

Quatre jours plus tard, devant le groupe des députés socialistes réunis à l'Assemblée, Valls annonce qu'il défendra lui-même le texte, laissant à Taubira le soin de leur présenter la réforme de la procédure pénale.

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Publié le 26 Janvier 2016

Menacé de mort sur Facebook, Manuel Valls porte plainte

Selon une information du Parisien, Manuel Valls a été la cible de menaces de mort proférées sur sa page Facebook.

En fin de semaine dernière, les services du Premier ministre ont donc déposé plainte.

Les enquêteurs de la Brigade de répression de la délinquance contre la personne (BRDP) de la police judiciaire parisienne ont été chargés des investigations.

Le ou les auteurs de ces menaces risquent jusqu'à deux ans de prison et 30.000 euros d'amende pour "menace de commettre un crime sur une personne dépositaire de l'autorité publique".

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Rédigé par PIERRE HAMMADI

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Publié le 26 Janvier 2016

Ma justice va craquer

À l'occasion de la rentrée judiciaire 2016, procureurs et présidents de tribunaux dénoncent le manque de moyen de la justice. Grosse fatigue à Angers, à Bobigny les délais explosent.

Il y a de petites choses qui en disent long.
À Angers, la juge d'instruction Agnès Joly (membre de l'Union syndicale des magistrats) n'a plus de "Marianne" sur son bureau : 
"C'est le tampon représentant le symbole de la République, qui permet de valider les actes du juge d'instruction. La mienne était usée, on a tenté de la réparer, on m'a expliqué qu'il y avait un problème de budget... toujours est-il que depuis déjà plus de deux mois je suis bien privée de ma Marianne !".

Et ne venez pas parler au procureur de la douceur angevine. La délinquance augmente dans son ressort, alors que les moyens baissent. Yves Gambert n'est donc pas étonné du manque de candidats pour travailler dans les équipes des procureurs : 

"Si c'est une désaffection nationale, c'est que nécessairement il y a une souffrance derrière, c'est pas parce que le métier n'est plus intéressant brutalement! Il y a un moment où l'on n'arrive plus à faire face à l'ensemble des tâches correctement. Alors les collègues ont peur de l'erreur, ils sont en surtension. Une enquête ça se réussit ou ça se rate au départ". Chez moi les magistrats sont de permanence 24 H /24. Nous n'avons pas de temps de récupération, les gens qui sont réveillés deux ou trois fois viennent travailler le lendemain. On voit que les organismes craquent et on a des arrêts maladie qui se multiplient."

Isabelle Jubineau est vice-procureur chargée des mineurs à Angers (membre de l'USM), elle a dix ans d'expérience au parquet et oui, elle s'en excuse presque, cet automne elle a eu un arrêt maladie :

"Je n'y suis pas du tout habituée, et je n'ai pas du tout envie de jouer avec ça! C'est vraiment parce que mon corps a lâché, à un moment donné on a beau vouloir on n'y arrive plus. C'est plusieurs dizaines d'appels par jour, du vol à l'étalage au dossier compliqué, de moeurs... C'est vrai que les enchaînements des semaines de permanence, qui parfois se concluent par un week-end de permanence, c'est parfois extrêmement usant."

Par manque de magistrats, le tribunal de grande instance d'Angers a supprimé au 1er janvier une partie de ses audiences, ce qui va allonger les délais de jugement (de quatre mois jusqu'ici, en moyenne, ce qui est rapide). Mêmes causes, mêmes effets en Seine-Saint-Denis, mais là, le palais de justice de Bobigny ressemble à un paquebot bleu qui prend l'eau de toutes parts. Il ne faut pas être pressé de divorcer, par exemple, explique l'avocate Nathalie Barbier : 

"Que ce soit une pension alimentaire qui n'est pas payée, une victime qui n'est pas indemnisée, ici ce sont des mois voire maintenant des années d'attente."

Le bâtonnier de Seine-Saint-Denis, Me Stéphane Campana, a envoyé une lettre ouverte à Christiane Taubira, la ministre de la justice, pour l'alerter sur la situation des affaires familiales. Les avocats envisagent d'assigner l'Etat pour déni de justice.

À Bobigny, c'est parmi les juges du siège qu'il manque le plus de postes. Agnès Herzog est juge de l'application des peines (membre du Syndicat de la magistrature), elle doit suivre les condamnés qui bénéficient d'un amènagement de peine ou les détenus qui demandent une libération conditionnelle :

"C'est une justice expéditive, on gère des stocks, on gère des flux, on gère des piles. Si nous, on n'est pas bons, notre lutte contre la récidive n'est pas efficace."

Au TGI de Bobigny, on voit des dossiers qui s'empilent du sol au plafond, les dossiers ne sont pas encore numérisés. Comme presque partout, les magistrats aimeraient avoir des téléphones qui fonctionnent. Malgré tout, la procureure veut positiver. Pour Fabienne Klein-Donati, la pénurie de moyens incite à innover :

"On essaye de traiter plus vite et plus simplement ce qui n'est pas très complexe, pour libérer du temps pour les procédures qui sont plus complexes."

Établir des priorités, c'est ce que font aujourd'hui tous les procureurs. A Angers, Yves Gambert va laisser tomber certaines tâches administratives et les audiences du tribunal de commerce. Des magistrats vous disent que certains dossiers ne sont parfois plus traités du tout, dans la petite et moyenne délinquance financière par exemple. 
Au ministère de la Justice on explique que depuis 2012 les recrutements ont plus que doublé (382 l'année dernière, plus de 500 attendus cette année) mais on reconnait qu'on est loin d'avoir comblé le déficit dû aux départs en retraite 
Le coût de la justice en France représente en moyenne 61 euros par habitant et par an, moitié moins que la moyenne européenne, 121 euros.

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Rédigé par PIERRE HAMMADI

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Publié le 26 Janvier 2016

Daech (EI) diffuse une vidéo de glorification des attentats du 13 novembre

L'organisation Etat islamique (EI) a diffusé, dimanche 24 janvier, une vidéo de propagande de 17 minutes qui glorifie les attentats du 13 novembre à Paris. Les images, non-datées, présentent neuf des auteurs présumés des attaques comme "des lions" ayant mis "la France à genoux". Selon le groupe jihadiste, les terroristes seraient quatre Belges, trois Français et deux Irakiens. 

La vidéo, publiée sous le titre "Tuez-les où que vous les rencontriez", montre ces terroristes alors qu'ils commettent des décapitations et des exécutions par balles de personnes présentées comme des otages. Abdelhamid Abaaoud, le commanditaire présumé des attentats, apparaît, en outre, sur des images alors qu'une voix off menace la France.

S'exprimant en arabe et en français, plusieurs des jihadistes affirment que leur "message est adressé à tous les pays participant à la coalition" internationale contre l'EI. La vidéo montre également un portrait du Premier ministre britannique, David Cameron, accompagné d'une phrase en anglais affirmant que "quiconque se mettra du côté des mécréants sera la cible des épées" du groupe terroriste.

Depuis l'Inde ce lundi, le chef de l'Etat a réagi à la publication de la vidéo de l'organisation Etat islamique (EI) "Rien ne nous effraiera, aucune menace ne fera douter la France sur ce qu'elle a à faire dans le combat contre le terrorisme", a déclaré le chef de l'Etat à des journalistes, en marge d'une cérémonie officielle au palais présidentielle à New Dehli. 
"Ces images ne font que disqualifier les auteurs de ces crimes", a-t-il poursuivi.

Le président français a souligné que des "menaces" pèsent tant sur la France que l'Inde, récemment visée par l'attaque meurtrière d'une base aérienne proche de la frontière avec le Pakistan attribuée à un groupe islamiste basé au Pakistan. "Nous devons faire face et c'est ce que nous allons une fois encore décider en renforçant notre partenariat stratégique", a poursuivi M. Hollande en référence au partenariat conclu en 1998. 


David Thomson ✔@_DavidThomson
Les assaillants du 13 novembre décapitent des prisonniers en Syrie, menacent la France et appellent à des attaques pic.twitter.com/PFWShxEQIB
20:42 - 24 Janv 2016

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Rédigé par PIERRE HAMMADI

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Publié le 26 Janvier 2016

À l'occasion de la rentrée judiciaire 2016, procureurs et présidents de tribunaux dénoncent le manque de moyen de la justice. Grosse fatigue à Angers, à Bobigny les délais explosent.

Il y a de petites choses qui en disent long.
À Angers, la juge d'instruction Agnès Joly (membre de l'Union syndicale des magistrats) n'a plus de "Marianne" sur son bureau :
"C'est le tampon représentant le symbole de la République, qui permet de valider les actes du juge d'instruction. La mienne était usée, on a tenté de la réparer, on m'a expliqué qu'il y avait un problème de budget... toujours est-il que depuis déjà plus de deux mois je suis bien privée de ma Marianne !".

Et ne venez pas parler au procureur de la douceur angevine. La délinquance augmente dans son ressort, alors que les moyens baissent. Yves Gambert n'est donc pas étonné du manque de candidats pour travailler dans les équipes des procureurs :

"Si c'est une désaffection nationale, c'est que nécessairement il y a une souffrance derrière, c'est pas parce que le métier n'est plus intéressant brutalement! Il y a un moment où l'on n'arrive plus à faire face à l'ensemble des tâches correctement. Alors les collègues ont peur de l'erreur, ils sont en surtension. Une enquête ça se réussit ou ça se rate au départ". Chez moi les magistrats sont de permanence 24 H /24. Nous n'avons pas de temps de récupération, les gens qui sont réveillés deux ou trois fois viennent travailler le lendemain. On voit que les organismes craquent et on a des arrêts maladie qui se multiplient."

Isabelle Jubineau est vice-procureur chargée des mineurs à Angers (membre de l'USM), elle a dix ans d'expérience au parquet et oui, elle s'en excuse presque, cet automne elle a eu un arrêt maladie :

"Je n'y suis pas du tout habituée, et je n'ai pas du tout envie de jouer avec ça! C'est vraiment parce que mon corps a lâché, à un moment donné on a beau vouloir on n'y arrive plus. C'est plusieurs dizaines d'appels par jour, du vol à l'étalage au dossier compliqué, de moeurs... C'est vrai que les enchaînements des semaines de permanence, qui parfois se concluent par un week-end de permanence, c'est parfois extrêmement usant."

Par manque de magistrats, le tribunal de grande instance d'Angers a supprimé au 1er janvier une partie de ses audiences, ce qui va allonger les délais de jugement (de quatre mois jusqu'ici, en moyenne, ce qui est rapide). Mêmes causes, mêmes effets en Seine-Saint-Denis, mais là, le palais de justice de Bobigny ressemble à un paquebot bleu qui prend l'eau de toutes parts. Il ne faut pas être pressé de divorcer, par exemple, explique l'avocate Nathalie Barbier :

"Que ce soit une pension alimentaire qui n'est pas payée, une victime qui n'est pas indemnisée, ici ce sont des mois voire maintenant des années d'attente."

Le bâtonnier de Seine-Saint-Denis, Me Stéphane Campana, a envoyé une lettre ouverte à Christiane Taubira, la ministre de la justice, pour l'alerter sur la situation des affaires familiales. Les avocats envisagent d'assigner l'Etat pour déni de justice.

À Bobigny, c'est parmi les juges du siège qu'il manque le plus de postes. Agnès Herzog est juge de l'application des peines (membre du Syndicat de la magistrature), elle doit suivre les condamnés qui bénéficient d'un amènagement de peine ou les détenus qui demandent une libération conditionnelle :

"C'est une justice expéditive, on gère des stocks, on gère des flux, on gère des piles. Si nous, on n'est pas bons, notre lutte contre la récidive n'est pas efficace."

Au TGI de Bobigny, on voit des dossiers qui s'empilent du sol au plafond, les dossiers ne sont pas encore numérisés. Comme presque partout, les magistrats aimeraient avoir des téléphones qui fonctionnent. Malgré tout, la procureure veut positiver. Pour Fabienne Klein-Donati, la pénurie de moyens incite à innover :

"On essaye de traiter plus vite et plus simplement ce qui n'est pas très complexe, pour libérer du temps pour les procédures qui sont plus complexes."

Établir des priorités, c'est ce que font aujourd'hui tous les procureurs. A Angers, Yves Gambert va laisser tomber certaines tâches administratives et les audiences du tribunal de commerce. Des magistrats vous disent que certains dossiers ne sont parfois plus traités du tout, dans la petite et moyenne délinquance financière par exemple.
Au ministère de la Justice on explique que depuis 2012 les recrutements ont plus que doublé (382 l'année dernière, plus de 500 attendus cette année) mais on reconnait qu'on est loin d'avoir comblé le déficit dû aux départs en retraite
Le coût de la justice en France représente en moyenne 61 euros par habitant et par an, moitié moins que la moyenne européenne, 121 euros.

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Rédigé par Pierre HAMMADI

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Publié le 25 Janvier 2016

L'organisation Etat islamique (EI) a diffusé, dimanche 24 janvier, une vidéo de propagande de 17 minutes qui glorifie les attentats du 13 novembre à Paris. Les images, non-datées, présentent neuf des auteurs présumés des attaques comme "des lions" ayant mis "la France à genoux". Selon le groupe jihadiste, les terroristes seraient quatre Belges, trois Français et deux Irakiens.

La vidéo, publiée sous le titre "Tuez-les où que vous les rencontriez", montre ces terroristes alors qu'ils commettent des décapitations et des exécutions par balles de personnes présentées comme des otages. Abdelhamid Abaaoud, le commanditaire présumé des attentats, apparaît, en outre, sur des images alors qu'une voix off menace la France.

S'exprimant en arabe et en français, plusieurs des jihadistes affirment que leur "message est adressé à tous les pays participant à la coalition" internationale contre l'EI. La vidéo montre également un portrait du Premier ministre britannique, David Cameron, accompagné d'une phrase en anglais affirmant que "quiconque se mettra du côté des mécréants sera la cible des épées" du groupe terroriste.

Depuis l'Inde ce lundi, le chef de l'Etat a réagi à la publication de la vidéo de l'organisation Etat islamique (EI) "Rien ne nous effraiera, aucune menace ne fera douter la France sur ce qu'elle a à faire dans le combat contre le terrorisme", a déclaré le chef de l'Etat à des journalistes, en marge d'une cérémonie officielle au palais présidentielle à New Dehli.
"Ces images ne font que disqualifier les auteurs de ces crimes", a-t-il poursuivi.

Le président français a souligné que des "menaces" pèsent tant sur la France que l'Inde, récemment visée par l'attaque meurtrière d'une base aérienne proche de la frontière avec le Pakistan attribuée à un groupe islamiste basé au Pakistan. "Nous devons faire face et c'est ce que nous allons une fois encore décider en renforçant notre partenariat stratégique", a poursuivi M. Hollande en référence au partenariat conclu en 1998.



David Thomson ✔ @_DavidThomson
Les assaillants du 13 novembre décapitent des prisonniers en Syrie, menacent la France et appellent à des attaques pic.twitter.com/PFWShxEQIB
20:42 - 24 Janv 2016

L'Etat islamique diffuse une vidéo de glorification des attentats du 13 novembre

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Publié le 24 Janvier 2016

Calais : 35 interpellations - intrusion de migrants sur un ferry -  statue du Général De-Gaule taguée

Quelque 2 000 personnes ont manifesté samedi 23 janvier 2016, à Calais (Pas-de-Calais), en soutien aux migrants, pour réclamer "des conditions d'accueil dignes". Parmi eux, des militants du mouvement No Border, composé d'activistes d'extrême gauche venus de toute l'Europe.

Dans le cortège se trouvaient aussi quelques responsables politiques, notamment l'ex-candidat NPA à l'élection présidentielle, Philippe Poutou.
"Il y a urgence humanitaire. Il faut accueillir les migrants de manière digne, c'est le minimum qu'on puisse faire", a-t-il dit. 

"On ne peut pas laisser cette situation perdurer ici. Les gens vivent dans des conditions inadmissibles, indignes, j'appelle M. Valls et M. Cazeneuve à prendre toutes les mesures qu'il faut pour régulariser cette situation", a déclaré de son côté Karima Delli, députée européenne écologiste.

Partis de la "Jungle" de Calais, en début d'après-midi, les manifestants se sont dispersés à 16h30, après avoir atteint la place d'Armes au centre de la ville. Alors que l'AFP ne fait état d'aucun incident, une équipe de France 3 Nord-Pas-de-Calais sur place confirme que la statue de Charles et Yvonne De Gaulle, située place d'armes, a été dégradée par un tag, comme le montraient plusieurs photos qui circulaient sur les réseaux sociaux en fin d'après-midi.

"Un graffiti avec la mention "nik la France" a été réalisé par des individus vêtus de noir sur une statue du général De Gaulle", mais le tag "a été très vite effacé" , précise France 3.

Une cinquantaine de migrants ont ensuite réussi à monter illégalement à bord d'un ferry, dans le port de Calais. En fin de manifestation, vers 17 heures, "un groupe de 500 personnes a forcé le barrage de CRS en direction du port et 150 personnes ont pu s'introduire dans l'enceinte. Sur ceux-ci, un groupe d'une cinquantaine a pu monter sur un ferry", a indiqué à l'AFP la préfecture du Pas-de-Calais. Par mesure de sécurité, l'activité du port a été suspendue.

Vers 20h30, après plus de trois heures de blocage, les migrants ont été évacués par la police

Selon la préfecture du Pas-de-Calais, 24 migrants ont été interpellés sur le ferry, et emmenés dans les locaux de la Police de l'air et des frontières (PAF) à Coquelles, près de Calais. Onze autre personnes, des militants de No Border d'après la même source, ont subi le même sort.

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Rédigé par PIERRE HAMMADI

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Publié le 24 Janvier 2016

Quelque 2 000 personnes ont manifesté samedi 23 janvier 2016, à Calais (Pas-de-Calais), en soutien aux migrants, pour réclamer "des conditions d'accueil dignes". Parmi eux, des militants du mouvement No Border, composé d'activistes d'extrême gauche venus de toute l'Europe.

Dans le cortège se trouvaient aussi quelques responsables politiques, notamment l'ex-candidat NPA à l'élection présidentielle, Philippe Poutou.
"Il y a urgence humanitaire. Il faut accueillir les migrants de manière digne, c'est le minimum qu'on puisse faire", a-t-il dit.

"On ne peut pas laisser cette situation perdurer ici. Les gens vivent dans des conditions inadmissibles, indignes, j'appelle M. Valls et M. Cazeneuve à prendre toutes les mesures qu'il faut pour régulariser cette situation", a déclaré de son côté Karima Delli, députée européenne écologiste.

Partis de la "Jungle" de Calais, en début d'après-midi, les manifestants se sont dispersés à 16h30, après avoir atteint la place d'Armes au centre de la ville. Alors que l'AFP ne fait état d'aucun incident, une équipe de France 3 Nord-Pas-de-Calais sur place confirme que la statue de Charles et Yvonne De Gaulle, située place d'armes, a été dégradée par un tag, comme le montraient plusieurs photos qui circulaient sur les réseaux sociaux en fin d'après-midi.

"Un graffiti avec la mention "nik la France" a été réalisé par des individus vêtus de noir sur une statue du général De Gaulle", mais le tag "a été très vite effacé" , précise France 3.

Une cinquantaine de migrants ont ensuite réussi à monter illégalement à bord d'un ferry, dans le port de Calais. En fin de manifestation, vers 17 heures, "un groupe de 500 personnes a forcé le barrage de CRS en direction du port et 150 personnes ont pu s'introduire dans l'enceinte. Sur ceux-ci, un groupe d'une cinquantaine a pu monter sur un ferry", a indiqué à l'AFP la préfecture du Pas-de-Calais. Par mesure de sécurité, l'activité du port a été suspendue.

Vers 20h30, après plus de trois heures de blocage, les migrants ont été évacués par la police

Selon la préfecture du Pas-de-Calais, 24 migrants ont été interpellés sur le ferry, et emmenés dans les locaux de la Police de l'air et des frontières (PAF) à Coquelles, près de Calais. Onze autre personnes, des militants de No Border d'après la même source, ont subi le même sort.


Radio 6 ‏@plusde6 22 hil y a 22 heures
#Calais la statue du Général De Gaulle taguée lors manifestation en soutien aux migrants 2000 pers & débordements

Calais : 35 interpellations - Statue du Général De Gaule taguée - Intrusion de migrants sur un ferry

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Rédigé par Pierre HAMMADI

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