Publié le 29 Mai 2016

Capture d'écran BFMTV

Capture d'écran BFMTV

Le ministre de l'Économie a lancé depuis samedi 28 mai une grande campagne de porte-à-porte de son mouvement "En marche !" pour consulter les Français avant de faire un "diagnostic du pays".l L'objectif est de consulter 100.000 personnes d'ici fin juillet.

Le "top départ" du porte-à-porte a été donné samedi à 10 heures par le ministre de l'Economie sur Facebook. Une soixantaine d'équipes se déploieront dans une cinquantaine de villes, a-t-on précisé. En marche ! entend nouer 100.000 conversations avec les Français d'ici la fin juillet.

Elles permettront de nourrir le "diagnostic du pays" qu'Emmanuel Macron veut présenter "à la fin de l'été", en s'appuyant également sur le travail d'experts.

Les "marcheurs" encadrés par des coordinateurs soumettront à leurs interlocuteurs un questionnaire comportant huit questions ouvertes, du type "Qu'est-ce qui marche en France ?".

En marche! est assisté par la start-up Liegey Muller Pons, qui se présente comme "la première start up de stratégie électorale en Europe". Ses membres fondateurs avaient participé à titre individuel à la campagne de François Hollande.

Le ministre de l'Economie a affirmé mercredi aux Echos que son mouvement comptait d'ores et déjà "plus de 50.000 adhérents", "12. 000 personnes" ayant par ailleurs décidé de participer à l'opération de porte-à-porte.

Disant ne pas être "obsédé" par l'élection présidentielle, Emmanuel Macron entend dévoiler "entre l'automne et l'hiver (...) un plan d'action progressiste pour transformer le pays".

Depuis sa nomination au ministère de l'Économie en juin 2014, le locataire de Bercy, qui affiche sans complexes son libéralisme, enchaîne les piques qui choquent à gauche.

Interrogé sur Europe 1 en septembre 2014, au sujet des salariées des abattoirs bretons Gad, société placée en liquidation judiciaire, le ministre de l'Économie répond: "Il y a dans cette société une majorité de femmes. Il y en a qui sont, pour beaucoup, illettrées. Pour beaucoup on leur explique : Vous n'avez plus d'avenir à Gad ou aux alentours. Allez travailler à 50 ou 60 km.” Ces gens-là n'ont pas le permis de conduire. On va leur dire quoi? Il faut payer 1.500 euros et il faut attendre un an? Voilà, ça ce sont des réformes du quotidien."

Après le tollé qu'ont provoqué ces propos, accusé de "mépris" le ministre s'excuse: "Le premier regret, c'est pour les propos que j'ai tenus ce matin si j'ai blessé, et parce que j'ai blessé des salariés. C'est inacceptable. Et ça n'est pas ce que je voulais faire", dit-il devant les députés à l'Assemblée.

Dans une interview aux Echos le 6 janvier 2015, Emmanuel Macron exhorte sans complexe les jeunes Français à "devenir milliardaires", ce qui choque une partie de son camp.

Le 21 janvier 2016, sur BFM-TV, Emmanuel Macron crispe une nouvelle fois la gauche en déclarant que "la vie d'un entrepreneur est plus dure que celle d'un salarié". Plusieurs socialistes s'indignent d'une telle opposition. Le député frondeur Christian Paul parle même du "poujadisme chic" du jeune ministre tandis que l'adjoint communiste à la mairie de Paris Ian Brossat évoque des "propos dégueulasses".

Le vendredi 27 mai 2016, le ministre de l'Économie s'est emporté face à deux grévistes alors qu'il se rendait à Lunel, dans l'Hérault, pour montrer "un autre visage de la ville". Irrité par l'altercation des deux syndicalistes, le ministre finit par lâcher : "Vous n'allez pas me faire peur avec votre tee-shirt. La meilleure façon de se payer un costard, c'est de travailler". Et son interlocuteur de lui répondre : "Mais je rêve de travailler, monsieur Macron."

BFMTV a capté cet échange d’une dizaine de minutes, durant lequel Macron finit par perdre son sourire puis ses nerfs. "Je n’ai pas de leçons à recevoir. Si vous ne voulez pas que la France soit bloquée, arrêtez de la bloquer", lance le ministre, nez-à-nez avec ses interlocuteurs. "Ce qui bloque la France, c’est le 49.3, Monsieur Macron", lui répond-on dans l’assistance.

Au même moment, les militants d'En Marche !, le mouvement politique créé par le ministre, distribuaient... des tee-shirts.

Voir les commentaires

Rédigé par Pierre HAMMADI

Repost0

Publié le 27 Mai 2016

Loi travail : Que dit l'article 2, au cœur de la contestation ?

Alors que le ministre des Finances, Michel Sapin, avance jeudi 26 mai sur LCP qu'il faudra "peut-être toucher à l'article 2", le Premier ministre, Manuel Valls, rétorque quelques minutes plus tard sur RMC qu'il refuse d'amputer la loi El Khomri d'un "article qui est le cœur de sa philosophie, c'est-a-dire la négociation dans l'entreprise".

Déjà, la veille, le chef de file des députés socialistes, Bruno Le Roux, s’était montré favorable à cet article clé de la réforme du code du travail, avant de se faire recadrer par le porte-parole du gouvernement, Stéphane Le Foll, puis par M. Valls.

Jeudi 26 mai, c'est la ministre du Travail elle-même qui a réaffirmé sa fermeté : pas question pour elle de "dénaturer la philosophie" du texte en revenant sur l'article 2.

L'article 2 sur les 52 de la Loi travail qui s'étale sur 56 pages, sur les 219 que compte le texte validé en première lecture par l'Assemblée nationale, constitue de fait le cœur de ce projet de loi porté par la ministre du Travail, Myriam El Khomri.

En substance, il vise à faire primer l'accord d'entreprise sur l'accord de branche, pour les questions relatives à la durée du travail (aménagement et répartition des horaires, repos quotidien, jours fériés, congés payés…), dans la limite de certains seuils fixés par la loi.

L' objectif est de donner plus de souplesse aux employeurs, qui actuellement ne peuvent pas négocier des conditions moins favorables que celles fixées par la branche. Par exemple, en matière d'heures supplémentaires, la majoration de la rémunération est normalement de 25% pour les 8 premières heures, et de 50% ensuite. Elle peut être réduite à 10%, mais actuellement l'accord de branche prime.

Si le projet de loi est voté en l'état, une entreprise pourra d'elle même abaisser à 10% ce taux de majoration.

Si l'article 2 concentre actuellement les crispations, il ne contient toutefois pas toutes les mesures controversées du projet de loi. On peut notamment penser à celle détaillant les motifs pouvant justifier un licenciement économique (baisse de chiffre d'affaires, pertes…). Ou encore la possibilité d'organiser un référendum auprès des salariés en cas d'accord minoritaire (entre 30 et 50% des voix), qui risque de diminuer le pouvoir des syndicats.

Les opposants au texte dénoncent ainsi une véritable "inversion de la hiérarchie des normes". Et prennent l’exemple des petites structures sans représentation syndicale forte, où le patron pourra, selon eux, imposer des conditions de travail drastiques sans opposition.

L'intersyndicale CGT, FO, FSU, Solidaires, UNEF, UNL, FIDL, qui mène la contestation, ne réclame pas seulement la suppression de l'article 2, mais de l'intégralité du projet de loi.

Loi travail : Que dit l'article 2, au cœur de la contestation ?

Voir les commentaires

Rédigé par Pierre HAMMADI

Repost0

Publié le 25 Mai 2016

Après les abattoirs, l'association L214 dénonce cette fois-ci les conditions d'élevage "alarmantes" de poules pondeuses dans l'Ain. Tournées, selon L214, en avril dans le Gaec du Perrat à Chaleins, les images montrent des poules déplumées, une prolifération de poux, d'asticots, des cadavres de poules en état de décomposition avancée gisant dans des cages, des accumulations de fiente.

"S'il le faut, je fermerai cet élevage", a réagi mercredi le ministre de l'Agriculture Stéphane Le Foll sur France Info, qualifiant la situation de "lamentable" et d'insupportable". Sa collègue de l'Environnement Ségolène Royal l'a jugée "intolérable "sur Twitter et a demandé une inspection et une décision "dans la journée" au préfet de l'Ain.

L'association L214, avait déjà dénoncé en 2013 "l'état dramatique de cet élevage".  l'époque, la justice lui avait interdit de diffuser des images. "La situation dans cet élevage perdure, il y a eu des arrêtés préfectoraux mais ça ne va pas plus loin. Donc on porte plainte pour maltraitance sur animaux, on demande au préfet la fermeture, aux enseignes qui vendent leurs œufs d'arrêter et aux consommateurs de réfléchir à leur consommation", explique Brigitte Gothière, cofondatrice de l'association qui milite pour un monde sans consommation de viande et s'en prend plus largement aux élevages de poules en batterie.

Selon l'association, l'élevage livre notamment des oeufs sous marque Matines (propriété du groupe Avril que co-dirige Xavier Beulin, président de la FNSEA), leader en France, et distribués par les supermarchés Auchan, Carrefour, Casino, Intermarché et Super U.

Proche de Villefranche-sur-Saône, le Gaec du Perrat fait de l'élevage industriel de porcs et de volailles. Sur son site internet, il indique "accueillir 200.000 poules pondeuses" et disposer de "150.000 places" pour les poulettes. Il assure que l'élevage industriel en cage (signalé par le code 3 sur les oeufs, contre 1 pour le plein air), "dénigré à l'heure actuelle", est "pourtant l'un des seuls pouvant garantir une réelle fraicheur des œufs" et "bénéficie d'une sécurité bactériologique parfaite".

Il s'agit du plus gros élevage de poules dans un département essentiellement producteur de volailles haut de gamme, les poulets de Bresse.

La préfecture de l'Ain a déjà pris plusieurs arrêtés sur ce Gaec. Dans l'un d'eux, daté du 6 janvier 2016, elle indiquait qu'une inspection en août 2015 avait constaté "la présence importante de mouches dans le hangar petites poulettes et de larves dans le hangar pondeuses" et avait relevé des "accumulations de fiente". Le texte évoquait aussi plusieurs courriers d'une mairie proche se plaignant de la prolifération de mouches dans le voisinage.

La direction départementale de la protection des populations de l'Ain a assuré suivre la situation de près et multiplier les inspections. L'élevage a notamment été mis en demeure sur l'aspect sanitaire et son activité a été brièvement suspendue fin mars. La dernière inspection, en date du 18 mai, va entraîner de nouvelles demandes de mise en conformité, sans pour autant entraîner de nouvelle fermeture, assure Laurent Bazin, directeur de la DDPP.

Voir les commentaires

Rédigé par Pierre HAMMADI

Repost0

Publié le 24 Mai 2016

La grève est désormais votée dans huit raffineries sur huit en France, y compris celles d'Exxon Mobil, a déclaré à Reuters Emmanuel Lépine, secrétaire fédéral du secteur pétrole de la CGT.

"Une grève a été votée ce matin à Notre-Dame-de-Gravenchon (Seine-Maritime) en réaction à la charge des forces de l'ordre à Fos-sur-Mer", a-t-il dit en se référant à l'intervention de gardes mobiles pour lever les barrages des militants CGT aux accès du dépôt pétrolier de Fos-sur-Mer.

"A Fos, la grève a aussi été votée. Plus aucun produit ne sort. Il y a maintenant huit raffineries sur huit en grève", a-t-il ajouté.

Avec le vote de la grève dans l'ensemble des raffineries, c'est la 2e fois qu'un tel événement se produit depuis mai 68 en France.

Le bras de fer se poursuit entre le gouvernement et la CGT. Ce mardi matin, les forces de l'ordre ont procédé au déblocage de la raffinerie et du dépôt pétrolier de Fos-sur-Mer, dans les Bouches-du-Rhône, paralysés depuis la veille par des militants CGT.

Arrivés vers 4h15, elles ont rencontré "une résistance importante" de plus de 200 militants cégétistes, allumant des feux de palettes et de pneus qui ont dû être maîtrisés, selon la préfecture de police.

La CGT des Bouches-du-Rhône annonce "une mobilisation renforcée" et dénonce "un usage inacceptable de la violence" lors de l'intervention policière pour débloquer à l'aube les accès de la raffinerie Esso et du dépôt de carburants de Fos-sur-Mer (Bouches-du-Rhône). "Il nous traite comme des terroristes alors que nous sommes des travailleurs", explique Maxime Picard, le secrétaire départemental de la CGT 13. Selon lui, plusieurs militants cégétistes ont été blessés par des coups de matraques.

Interviewé sur Europe 1, Manuel Valls soutient qu'"il n'y aura pas de retrait" du projet de loi. "Ces actions ne servent à rien, perturbent le pays et font peser une nouvelle charge insupportable aux forces de l'ordre", a-t-il dénoncé. "La CGT est dans une impasse et l'impasse n'est jamais le chemin qu'il faut prendre. Le seul chemin qu'il faut prendre c'est celui du dialogue". Le Premier ministre a promis que d'autres sites pétroliers seraient débloqués.

Ces blocages provoquent depuis plusieurs jours des difficultés d'approvisionnement des stations-service, entraînant des ruées d'automobilistes à la pompe. Selon les derniers chiffres du secrétaire d'État aux Transports, 20% des stations sont "fermées ou en grande difficulté" sur les quelque 12.000 recensées dans le pays.

Sur les 2.200 stations-service exploitées par Total en France, 678 étaient affectées lundi soir et 98 ont été réquisitionnées par les autorités pour que les véhicules d'urgence puissent se réapprovisionner, a précisé le groupe.

Dans un mail adressé aux cadres, le numéro 2 de Total indique que le pétrolier pourrait revoir ses projets dans le secteur du raffinage en France. "Les événements qui se déroulent en ce moment dans nos raffineries sont extrêmement graves et constituent une prise en otage de nos activités et de nos sites pour nourrir une lutte qui n'est pas la nôtre", écrit Philippe Sauquet, directeur général Raffinage-Chimie.

Myriam El-Khomri , ministre du Travail Myriam estime qu'"il n'est pas question que l'économie du pays soit prise en otage" à trois semaines de l'Euro-2016. "Nous avons fait preuve de fermeté dans le déblocage de ces raffineries. Le droit de manifester est essentiel, le droit de grève aussi, mais il y a une forme de radicalisation du mouvement et le blocage de certains rond-points n'est pas supportable", a-t-elle ajouté.

"Cette loi est juste et nécessaire, il faut que nous arrivions à nous adapter. Aujourd'hui on est dans le processus parlementaire et je défendrai cette loi le 13 juin devant le Sénat."

François Hollande dénonce sur France Culture "un blocage des raffineries décidé par une minorité". Le chef de l'Etat dit ne pas vouloir "ignorer, négliger ce qui se passe, considérer que ça ne mérite pas une forme de respect par rapport à ceux qui ont des revendications légitimes". Mais d'ajouter: "ça ne me conduit pas non plus à accepter ce qui est aujourd'hui un blocage qui est fondé simplement par une stratégie portée par une minorité.

"Pour Bernard Thibault, l'ancien secrétaire général de la CGT, "il ne faut pas inverser la hiérarchie des responsabilités. Qui est à l'origine des hostilités ? C'est le gouvernement avec la manière et le fond du projet de loi réformant le code du travail, 130 pages qui débarquent un beau matin sans aucune concertation avec les organisations syndicales", a-t-il expliqué sur Europe 1.

Invité de BFMTV le numéro 1 de la CGT Philippe Martinez estime que le Premier ministre adopte une "posture politicienne pour préparer sa candidature ou celle de François Hollande en 2017". Il estime que le gouvernement "joue à un jeu dangereux en opposant les salariés" et avertit que "c'est illégal de débloquer les raffineries". "Je préviens le gouvernement : attention à ne pas s'opposer au droit de grève", a-t-il ajouté.

Estimant que le gouvernement n'écoute pas les opposants à la loi Travail, le patron de la CGT a prévenu que le syndicat "irait jusqu'au retrait" du texte. "Sinon les appels à la grève vont se multiplier, a-t-il prévenu. Nous appelons partout en France à la généralisation des grèves."

Condamnant les tirs contre la fédération PS de l'Isère, Philippe Martinez s'en est pris à ceux qui accusent la CGT d'en être responsable. "Qui est responsable du climat de violence ? C'est le président et le Premier ministre à force de ne pas écouter." Selon lui, "le gouvernement a tourné le dos à ses engagements et il en paie les conséquences".

Philippe Martinez a rappelé que la CGT allait organiser une votation citoyenne sur le texte. "La démocratie ne nous fait pas peur", a-t-il assuré se défendant d'être "jusqu'au boutiste". "La clé du problème est dans les mains du gouvernement", a-t-il conclu.

Florian Philippot, vice-président du Front National a expliqué sur Radio Classique. "Manuel Valls a raison mais il a tort sur le fond. Qui est responsable de cette situation de plus en plus intenable ? Qui a fait passer cette loi travail dont personne ne voulait uniquement pour obéir à l'Union européenne ? Qui l'a fait passer en utilisant le 49-3, c'est-à-dire en brutalisant la démocratie et le pays ? C'est le gouvernement.

Au bout d'un moment il ne faut pas sous prétexte d'obéir à Bruxelles, donc de faire passer en force des choses qui vont contre l'intérêt des Français, et s'étonner que le pays se cabre et se bloque.

" Selon Nathalie Kosciusko-Morizet députée LR et candidate à la primaire "une grande organisation syndicale comme la CGT ne doit pas évoluer comme un groupuscule violent, ce n'est pas leur vocation", a-t-elle expliqué sur France 2. Selon elle, "il faudrait arrêter le syndicalisme à vie, avec un nombre de mandats limités dans le temps . Je fais la même proposition avec les politiques."

Voir les commentaires

Rédigé par Pierre HAMMADI

Repost0

Publié le 23 Mai 2016

Pénurie de carburants : 6 raffineries sur 8 en grève, blocage du dépôt de Fos-sur-Mer Aucune raffinerie n'est bloquée, mais six sont en grève", sur les huit que compte la France, déclare ce matin, sur RMC, Emmanuel Lépine (CGT-Pétrole). "On ne bougera pas tant que la loi Travail ne sera pas retirée. Cela va durer au moins toute cette semaine", ajoute-t-il.

Les raffineries Total de Gonfreville-l'Orcher (Seine-Maritime), Donges (Loire-Atlantique), Grandpuits (Seine-et-Marne), Feyzin (métropole de Lyon) et Provence-la-Mède (Bouches-du-Rhône), ainsi que la raffinerie Petroineos de la Laréva, à Martigues (Bouches-du-Rhône), sont concernées, détaille France info.

Fos-sur-Mer : plusieurs centaines de militants CGT bloquent depuis la nuit de dimanche à ce lundi le dépôt de carburant de Fos-sur-Mer (Bouches-du-Rhône). "Nous voulons le retrait de la loi Travail", a indiqué le secrétaire départemental de la CGT 13, Maxime Picard, depuis le barrage installé à l'entrée de Fos. Il affirme qu'environ 500 militants sont présents.

Manuel Valls : "Nous sommes très déterminés à ce qu'il n'y ait aucune pénurie en France", a déclaré dimanche le Premier ministre, Manuel Valls, à des journalistes, lors d'une visite en Israël. "Nous allons continuer à évacuer un certain nombre de sites et notamment les dépôts", a-t-il ajouté sur BFMTV.

Michel Sapin sur i>Télé : le ministre des Finances, estime qu'il y a des blocages qui "ne sont pas légitimes". "Il faut qu'on évite de prendre les Français en otage. On a une CGT qui s'est durcie et qui n'est que dans la protestation", ajoute-t-il.

Pendant le week-end, les CRS sont notamment intervenus pour débloquer les dépôts de Dunkerque (Nord), Rouen (Seine-Maritime), et Lorient (Morbihan).

1.500 stations-service sur les 12.000 que compte le pays seraient en situation de pénurie partielle ou totale. Le Nord et l'Ouest de la France sont les zones les plus touchées par les difficultés d'approvisionnement en essence.

À Nantes, des files interminables se sont formées tout le week-end dans les stations qui ont pu être alimentées. Sur environ 240 stations de Loire-Atlantique, près de 150 étaient à sec ou en passe de l'être vendredi. Un chiffre qui semble avoir rapidement gonflé ce week-end. Dans les stations des grandes surfaces, comme Auchan ou Leclerc, il semblait difficile voire impossible de s'approvisionner ce dimanche.

En Bretagne, ce sont les agglomérations de Rennes et Quimper qui ont été les premières touchées par la pénurie d'essence. A Rennes, les fils d'attente étaient impressionnantes ce week-end et de nombreuses stations-service sont restées fermées. Aucun réapprovisionnement n'a eu lieu dans la région dimanche.

En Normandie, La ville de Caen a été l'une des premières touchées, les stations Total étaient déjà presque à sec mercredi.

En région parisienne, ce lundi matin, le carburant manquait aux portes de Paris, selon Europe 1. Des stations-service étaient également fermées à Roissy, Orly, Pantin ou Issy-les-Moulineaux. Dès jeudi, plusieurs stations-services avaient été prises d'assaut à Mantes-la-Jolie par les automobilistes et le principal lieu de vente de carburant (Auchan de Buchelay) ne pouvait plus fournir d'essence à ses clients.

Dans le sud de la France également, les effets des blocages commencent à se faire sentir, notamment depuis l'extension du mouvement au dépôt pétrolier de Fos-sur-Mer, dans la nuit de dimanche à lundi. Les camions-citernes sont ainsi empêchés de remplir leurs cuves. La fermeture de stations-service devraient rapidement arriver. Trois sont déjà à l'arrêt lundi dans les Bouches-du-Rhône d'après France Bleu.

Plusieurs préfectures du Grand-Ouest ont déjà limité à 20 ou 30 litres le volume maximal de carburant pour les véhicules, et à 40 ou 150 litres pour les poids lourds. C'est le cas en Ille-et-Vilaine, dans les Côtes-d'Armor, le Finistère, l'Orne, la Loire-Atlantique, la Vendée, la Mayenne ou encore l'Eure. les arrêtés préfectoraux ont été pris ce vendredi. Il est aussi interdit remplir des bidons de carburant en Seine-Maritime, dans le Calvados, dans le Nord, la Somme ou encore le Pas-de-Calais. Les habitants de ces départements sont appelés au "civisme".

En cas de crise majeure, la France a à sa disposition des stocks stratégiques de pétrole. L'Agence internationale de l'Energie fixe une réserve minimum équivalant à 90 jours d'importation nette ou à 61 jours de consommation moyenne. La France a toutefois décidé d'assurer ses arrières avec des stocks plus importants que ceux requis par l'AIE. Ainsi, chaque société qui commercialise du pétrole dans l'Hexagone doit mettre de côté une quantité de carburant équivalent à 29,5% du volume distribué l'année précédente. Comme l'explique le site du ministère de l'Environnement, ce carburant est ensuite réparti dans les régions (zones de défense) de façon à ce que chaque territoire dispose de 10 jours de consommation d'essence et de 15 jours de gazole.

Cécile Duflot : au micro de RMC/BFMTV, a estimé que "c'est le gouvernement qui est responsable de la pénurie en ne retirant pas la loi Travail". Bruno Le Maire (Les Républicains) : Le Premier ministre est en déplacement en Israël et les Territoires palestiniens, "une vraie faute" dénonce Bruno Le Maire alors que le pays "risque d'être bloqué faute d'essence". "Il faut rétablir l'autorité de l'État", a affirmé le député et candidat à la primaire. "Le Premier ministre doit être présent dans son pays lors de situations comme celles-là. C'est une faute de M. Valls de ne pas être en France, là tout de suite", a ajouté M. Le Maire. "C'est à lui de décider quelles sont les mesures à prendre", mais "il se trouve que le Premier ministre n'est pas en France. Il est en déplacement en Israël" pour "lancer une initiative diplomatique qui en plus est une initiative mort-née", a-t-il ajouté.

Lors d'un discours à Tel-Aviv à l'occasion d'une rencontre avec des start-up françaises, Manuel Valls a immédiatement répliqué :"Un responsable politique en France s'interrogeait il y a quelques minutes sur ma présence en Israël alors qu'il y a quelques difficultés sociales dans mon pays. (...) Ça doit être quelqu'un qui ne doit pas savoir que nous sommes dans un monde connecté et qu'on peut gouverner un pays de manière moderne." "Ça doit être quelqu'un qui ignore notre volonté de construire avec Israël un partenariat économique qui sera gagnant-gagnant pour nos deux pays et nos économies", a-t-il poursuivi. "Et ça doit être quelqu'un qui ne comprend pas le monde tel qu'il en train de changer et notamment dans cette région."

Interrogé par des journalistes" Manuel Valls s'est dit étonné de la charge de Bruno Le Maire. "C'est une drôle de vision, très datée, très ancienne de la politique. Il m'est arrivé de devoir écourter des déplacements, suite à un attentat. Les choses sont évidemment d'une toute autre nature. C'est une vision datée et mesquine qui n'est pas à la hauteur des défis dans cette région. Ce déplacement est préparé de longue date. Il est important pour la relation entre la France et Israël, entre la France et les Territoires palestiniens."

Voir les commentaires

Rédigé par Pierre HAMMADI

Repost0

Publié le 22 Mai 2016

Véhicule de police incendié : Le policier agréssé par des casseurs a été décoré et promuVéhicule de police incendié : Le policier agréssé par des casseurs a été décoré et promu
Véhicule de police incendié : Le policier agréssé par des casseurs a été décoré et promuVéhicule de police incendié : Le policier agréssé par des casseurs a été décoré et promuVéhicule de police incendié : Le policier agréssé par des casseurs a été décoré et promu

Le ministre de l'Intérieur Bernard Cazeneuve a décoré de la médaille d'or de la sécurité intérieure cinq policiers et gendarmes blessés dans les récentes manifestations. Parmi eux, Kevin Philippy et Alison Barthélémy, les deux fonctionnaires de police qui se trouvaient dans le véhicule incendié mercredi en marge de la manifestation "contre la haine anti-flics".

En compagnie du président de la République, invité surprise de la cérémonie, le ministre a salué "l'extrême maîtrise" des policiers dont la voiture a été incendiée.

Le "policier, dont les internautes ont salué le sang froid face à un agresseur est adjoint de sécurité. Arrivé au terme de son contrat de cinq ans, il devrait théoriquement quitter la police dans quelques mois, après avoir raté son concours pour devenir gardien de la paix.

Mais Bernard Cazeneuve a demandé à ce qu'il soit intégré dans la police (une exception prévue par la loi en cas "d'acte de bravoure dûment constaté dans l'exercice des fonctions").

"Les images de la violence dont ils ont été victimes resteront longtemps gravées dans l'esprit des Français", a ajouté le ministre. Ce qui "m'a rendu très fier de vous, c'est l'extrême maîtrise qui a été la vôtre. Parce qu'après que le temps des manifestations et des tensions aura passé [...], on retiendra une image : celle d'un policier sortant du véhicule avec un seul et unique objectif, celui de protéger sa collègue".

"Je me souviens" qu'après les attentats de janvier 2015 et de novembre dernier, "tous les Français étaient à côté de la police. Il en est encore aujourd'hui de même, je vous l'assure", a affirmé le président François Hollande.

Mercredi 18 mai, alors que des policiers manifestaient place de la République contre la "haine anti-flics", une contre-manifestation interdite s'est tenue au même endroit contre les "violences policières". Non loin de là, une quinzaine d'entre eux avaient alors attaqué et incendié une voiture de police, alors qu'une femme gardien de la paix et un adjoint de sécurité étaient à l'intérieur. Kevin est alors sorti de la voiture et a fait face au casseur à mains nues et avec sang-froid, provoquant une certaine admiration.

Kevin Philippy, le policier de 29 ans, se rappelle "les coups, les coups, la violence". "Il y a d'autres collègues qui sont sur le terrain et qui prennent plus cher que moi, c'est eux les héros et pas moi", a-t-il déclaré à la presse.

Voir les commentaires

Rédigé par Pierre HAMMADI

Repost0

Publié le 20 Mai 2016

Vendredi 20 mai, la CGT pétrole a appellé au blocage des raffineries françaises. Le syndicat voit dans cette action une "étape supplémentaire"  dans le but d'obtenir le retrait de la loi Travail, a déclaré un responsable sur France Info. "Le but n'est pas de créer la pénurie, mais d'obtenir le retrait de la loi Travail", a ajouté Emmanuel Lépine.

Deux raffineries du Havre (Seine-Maritime) et les terminaux pétroliers du Grand port à La Rochelle (Charente-Maritime) ont déjà été bloqués, jeudi 19 mai. Une centaine de manifestants a également bloqué le dépôt de carburant de Douchy-les-Mines, près de Valenciennes (Nord) - 70 stations-service Total étaient en rupture de carburant jeudi soir, dans le nord-ouest de la France. Soit presque un cinquième du réseau.

Devant cette situation plutôt inquiétante, le secrétaire d'État chargé des Transports Alain Vidalies reste rassurant. "Nous n'avons pas utilisé pour l'instant les stocks stratégiques donc il n'y a pas de risque de pénurie à court terme", a assuré M. Vidalies.

La préfecture de Seine-Maritime a pris un arrêté interdisant l'achat de carburant "hors réservoir", rapporte Normandie-Actu jeudi 19 mai. "Pour des raisons de sécurité et afin de permettre au plus grand nombre de pouvoir s’approvisionner, (...) il est interdit de remplir d’autres contenants", précise la préfecture.

En Loire-Atlantique, les véhicules de moins de 3,5 tonnes ne pourront pas acheter plus de 20 litres de carburant. Pour ceux de plus de 3,5 tonnes, la limite est fixée à 40 litres.

dans le Calvados, selon la préfecture, au moins 13 stations du département sur 150 étaient en rupture totale dont 5 dans l'agglomération caennaise dès jeudi en fin de journée. 

En Seine-Maritime, la préfecture estimait à environ un tiers le nombre de stations en rupture de carburant, surtout du gasoil, jeudi soir, sur la petite centaine que compte le département.  

Près de Rouen, c'est un dépôt de carburant, le terminal Rubis de Grand-Quevilly qui est bloqué depuis mardi matin par les militants syndicaux, occasionnant des difficultés d'approvisionnement notamment pour les stations des supermarchés.

Dans la région de Rennes, un important dépôt de carburant situé à la périphérie de la ville, à Vern-sur-Seiche, était toujours bloqué vendredi matin par une cinquantaine de militants CGT et FO, rejoints par des étudiants mobilisés contre la loi El Khomri. De plus en plus stations service, notamment Total mais aussi celles de supermarchés, se trouvaient en rupture de stock vendredi matin et de nombreux automobilistes faisaient la queue dans les stations encore ouvertes.

En Loire-Atlantique, la raffinerie Total de Donge était toujours affectée vendredi matin par un mouvement de blocage empêchant les approvisionnements mais pas le fonctionnement de la centrale. 

Dans le Nord, des manifestants bloquaient toujours quatre dépôts de carburants vendredi matin à Mardyck, Saint-Pol-sur-Mer, Dunkerque et Douchy-les-Mines (près de Valenciennes), selon la préfecture du Nord. "Nous sommes déjà une trentaine de personnes, a assuré Willy Danse, porte-parole du syndicat Sud dans le Valenciennois. Il y a également une trentaine de personnes dans le Dunkerquois. Nous allons nous renforcer pour atteindre les 150".

Dans le Calvados, selon la préfecture, au moins 13 stations du département sur 150 étaient en rupture totale dont 5 dans l'agglomération caennaise dès jeudi en fin de journée. "Les trois dépôts pétroliers du Calvados ne subissent pas de perturbations en terme d'approvisionnement et de livraison" et le département "ne connaît donc pas de pénurie de carburant", a toutefois nuancé la préfecture.

A titre de précaution, le préfet a néanmoins décidé d'interdire la vente de carburant en jerricans "afin d'éviter le sur-stockage" et appelé chacun à "faire preuve de civisme et de bon sens". La préfecture a également passé une convention avec 3 stations-service dans lesquelles 1/4 des pompes seront réservées aux véhicules prioritaires (services de secours, sécurité, énergie...)."

En Seine-Maritime, la préfecture estimait à environ un tiers le nombre de stations en rupture de carburant, surtout du gasoil, jeudi soir, sur la petite centaine que compte le département.  Elle estimait toutefois que la situation n'était pas encore inquiétante, grâce à la mise en commun des différents fournisseurs et aux approvisionnements venant de l'extérieur (Le Mans, Valenciennes et région parisienne notamment).

Dans la région du Havre, les accès menant à la plate-forme Total de Gonfreville-l'Orcher restaient bloqués par des syndicalistes vendredi matin. Une intersyndicale était prévue à 17heures pour décider de la suite du mouvement. L'autre grande raffinerie du secteur, celle d'Exxon Mobil, à Notre-Dame-de-Gravenchon, la 3e de France (11 M/T), est également bloquée depuis jeudi.

Près de Rouen, c'est un dépôt de carburant, le terminal Rubis de Grand-Quevilly qui est bloqué depuis mardi matin par les militants syndicaux, occasionnant des difficultés d'approvisionnement notamment pour les stations des supermarchés.

Dans la région de Rennes, un important dépôt de carburant situé à la périphérie de la ville, à Vern-sur-Seiche, était toujours bloqué vendredi matin par une cinquantaine de militants CGT et FO, rejoints par des étudiants mobilisés contre la loi El Khomri. De plus en plus stations service, notamment Total mais aussi celles de supermarchés, se trouvaient en rupture de stock vendredi matin et de nombreux automobilistes faisaient la queue dans les stations encore ouvertes. D'autres remplissaient par précaution des jerricans de carburant. 

En Loire-Atlantique, la raffinerie Total de Donge était toujours affectée vendredi matin par un mouvement de blocage empêchant les approvisionnements mais pas le fonctionnement de la centrale. Une assemblée du personnel devait décider en début d'après-midi de la suite du mouvement.

Dans le Nord, des manifestants bloquaient toujours quatre dépôts de carburants vendredi matin à Mardyck, Saint-Pol-sur-Mer, Dunkerque et Douchy-les-Mines (près de Valenciennes), selon la préfecture du Nord. «Nous sommes déjà une trentaine de personnes, a assuré Willy Danse, porte-parole du syndicat Sud dans le Valenciennois. Il y a également une trentaine de personnes dans le Dunkerquois. Nous allons nous renforcer pour atteindre les 150". 

Dans la Somme, face "aux rumeurs de pénurie de carburant relayée notamment par les réseaux sociaux", le préfet a pris jeudi "un arrêté interdisant l'achat de carburant hors réservoir des véhicules", a annoncé la préfecture par communiqué. 

"Si effectivement certains points de distribution de carburant connaissent des difficultés d'approvisionnement, cette situation peut s'expliquer par l'inquiétude des automobilistes qui anticipent le besoin de faire le plein de leur véhicule", affirme la préfecture. "Les stocks de carburant sont à un niveau qui permet de continuer à vivre et travailler sans inquiétude", a souligné la préfecture.

 

 

Voir les commentaires

Rédigé par Pierre HAMMADI

Repost0

Publié le 19 Mai 2016

Ils sont exaspérés et le font savoir. Les policiers français ont manifesté dans une soixantaine de villes en France ce mercredi, pour signifier leur lassitude d'être pris pour cible depuis plus de deux mois lors d'incidents en marge des rassemblements contre la loi Travail. La faute aux casseurs mais aussi, selon le syndicat majoritaire Alliance, au sentiment d'une "haine antiflics". 

La police, applaudie après les attaques de janvier 2015, est aujourd'hui "usée" par l'état d'urgence instauré et prolongé depuis les attentats du 13 novembre. Alors que les manifestations se multiplient contre la réforme du code du Travail, les tensions se sont notamment cristallisées autour d'affiches d'un syndicat de la CGT épinglant les violences policières. 

Si un sondage Odoxa a bien montré que 82% des Français ont une bonne opinion de leurs forces de l'ordre, le sentiment au sein des agents n'est pas le même: ils en appellent au "soutien" du gouvernement, auquel ils réclament la "fermeté" face aux "casseurs" qui les visent sans cesse.  

"On peut comprendre que les forces de l'ordre soient un peu exaspérées", a admis le directeur général de la Police nationale, Jean-Marc Falcone sur Europe 1. Les policiers sont "soumis à une grosse pression" depuis les attentats de l'année dernière, alors qu'ils se font "agresser verbalement et physiquement" depuis l'opposition à la loi Travail. 

Autour de ces manifestations dans chaque ville, des anonymes sont venus faire part de leur soutien avec des pancartes "j'aime ma police", "touche pas à nos flics" et autres "merci", comme à Marseille. 

En marge de la manifestation des policiers, un groupe d'environ 300 personnes dénonçant les violences policières s'est également donné rendez-vous sur la place de la République à Paris. Une contre-manif, à l'appel du collectif "Urgence notre police assassine", qui avait pourtant été interdite par la préfecture de police en raisons de "troubles graves à l'ordre public". 

Aux cris de "Flics, porcs, assassins" ou "Tout le monde déteste la police", ils ont été repoussés vers l'extérieur de la place par un imposant dispositif de sécurité, les forces de l'ordre tirant des gaz lacrymogènes. 

C'est l'image choc des heurts du jour. Une voiture de police dans laquelle circulait deux agents a été incendiée par une quinzaine de casseurs au niveau du 91 quai de Valmy, dans le 10e arrondissement de Paris.
Légèrement blessés, les deux policiers, un homme et une femme, souffrent de contusions.

Quatre personnes ont été interpellées et placées en garde à vue dans la soirée. Deux sont âgés de 19 ans et un troisième de 21 ans. Un peu plus tôt dans la journée, une enquête avait été ouverte par le parquet de Paris pour tentative d'homicide volontaire.

Alors que la voiture de police est coincée dans la circulation, un premier casseur brise la vitre de la porte du côté conducteur avec un coup de pied et commence à mettre des coups-de-poing à l'agent au volant qui se défend. Un autre individu lance un potelet sur le pare-brise.

un autre individu frappe le pare-brise avec une sorte de manche en plastique dur. Une autre personne vient frapper la lunette arrière avec un potelet et parvient à la briser. La voiture est une nouvelle fois coincée par la circulation et alors que l'individu avec un manche bleu continue de frapper, un autre met un objet incendiaire dans la voiture.

Le conducteur sort du véhicule et fait face à l'homme avec le manche bleu qui l'attaque. Après avoir esquivé les coups, l'adjoint de sécurité, qui a fait preuve tout au long de l'assaut d'un sang froid remarquable,  s'éloigne avec sa collègue alors que la voiture prend feu. Elle finira carbonisée quelques minutes plus tard.

Voir les commentaires

Rédigé par Pierre HAMMADI

Repost0

Publié le 17 Mai 2016

François Hollande sur Europe 1, "Ça va effectivement mieux pour la France, pas forcément pour tous les Français", a-t-il convenu, ajoutant que cette phrase, prononcée le 14 avril sur le plateau de France 2, n'était "pas un propos de circonstance, de campagne ou de tribune". 

Et pour prouver que cela va mieux, le président de la République a confirmé que, si les conditions économiques le permettaient, il annoncerait à l'été une baisse d'impôts pour les ménages en 2017. 

"Non, je ne multiplie pas les cadeaux ", s'est-il agacé à l'énumération des dernières annonces consenties, notamment aux jeunes, aux fonctionnaires et aux agriculteurs.

Le président a aussi critiqué les programmes économiques des candidats à la primaire à droite. "Ils sont tous pour une augmentation de la TVA. Franchement lisez les ! Lisez les, je vais faire de la promotion", s'est-il emballé. "Augmenter la TVA ce n'est pas juste, ça va toucher tous les Français indifféremment". 

Alors que les routiers bloquent une partie des raffineries et des ports français, que les métros tournent au ralenti, que la semaine s'annonce plus que bousculée socialement, le président de la République n'a abordé le sujet qu'au bout de vingt minutes d'interview. A 7h50, après avoir longuement évoqué le chômage - 608.200 chômeurs de plus depuis juin 2012, "sous mon prédécesseur, c'était un million de plus" -, François Hollande a réaffirmé sa foi dans la loi Travail, destinée à "donner de la visibilité" aux entreprises. "Il n'y a pas d'autre mécanisme pour créer de l'emploi", a-t-il insisté.

Vingt minutes plus tard, le président est de nouveau interrogé sur le projet de loi, et cette sixième journée de mobilisation, à l'appel de sept syndicats. Cette loi, "elle va passer, parce qu'elle a été discutée, a été concertée, a été corrigée, a été amendée", répond-il sans s'arrêter sur l'usage du 49.3. "Je ne céderai pas parce qu'il y a eu trop de gouvernements qui ont cédé (...) pour que moi-même, dans des circonstances qui ne sont pas faciles, je puisse céder dès lors qu'un compromis a été trouvé, un équilibre a été obtenu, que les syndicats réformistes sont derrière ce texte et qu'il y a une majorité de socialistes qui sont en faveur", a-t-il ajouté.

"Il est très important dans notre pays, et la loi El Khomri va y contribuer, que les partenaires, c'est à dire les entreprises, les syndicats, puissent au niveau de l'entreprise déterminer leur propre avenir dans le respect de la loi". Bref, "je conduis les Français vers une forme de social-démocratie à la française", a-t-il voulu résumer.

Sept syndicats (CGT, FO, FSU, Solidaires, Unef, UNL et Fidl) sont à l'initiative de deux nouvelles journées d'actions unitaires ce mardi et jeudi, les sixième et septième en un peu plus de deux mois, pour contester le texte de la ministre Myriam El Khomri, jugé trop favorable aux entreprises. "Quand on n'est pas entendu, il faut essayer de se faire entendre", a résumé lundi Philippe Martinez, le numéro un de la CGT.

"Quand il y a tant de citoyens qui s'opposent à un projet de loi, quand il y a des manifestations qui durent depuis très longtemps, eh bien, on doit écouter le peuple. Monsieur Hollande a les oreilles bouchées", déclare Philippe Martinez, secrétaire général de la CGT, interrogé sur Europe 1. "On est dans la phase où les salariés ont décidé de se faire entendre plus fort. Les salariés ont décidé de durcir le mouvement, c'est une bonne chose. Il faut généraliser les grèves", ajoute-t-il.

Barrages filtrants, blocages de zones logistiques... Les routiers ont inauguré ce mardi une semaine de grèves reconductibles dans divers secteurs contre le projet de loi Travail, un mouvement qui s'accompagne de nouvelles manifestations, émaillées de quelques incidents. Bordeaux fait partie des villes touchées par la mobilisation des routiers, avec notamment la mise en place de barrages filtrants pour bloquer les poids-lourds. L'entrée Nord d'Arras (Pas-de-Calais) est bloquée au rond-point dit des abattoirs par des routiers, rapporte "la Voix du Nord".

A Nantes des heurts ont eu lieu entre des manifestants et la police et en Bretagne, des opposants à la loi Travail ont occupé les voies SNCF, à Morlaix (Finistère), interrompant le trafic vers et depuis Paris sur cette portion. Un groupe de sept à huit photographes et journalistes vidéo a été victime de jets de bouteille. De nouveaux heurts se sont produits près du château des Ducs de Bretagne, à l'entrée de la rue de Strasbourg qui mène à la mairie et à la préfecture. Après avoir été visées par des projectiles, les forces de l'ordre ont fait usage de grenades lacrymogènes.

En marge de la manifestation à Marseille (Bouches-du-Rhône), "La Provence" fait état de groupes de jeunes qui ont pris la direction de la gare de la Blancarde et qui ont mis le feu à plusieurs poubelles boulevard Sakakini. Les CRS ont fait usage de gaz lacrymogènes. environ 5.000 manifestants sont rassemblés sur le Vieux-Port, rapporte.

Des incidents entre des manifestants qui essayaient d'accéder à la rocade de Rennes pour la bloquer, et les forces de l'ordre, qui les en empêchaient, ont eu lieu après la manifestation intersyndicale dans le centre-ville de Rennes, ce mardi encore.

A Toulouse (Haute-Garonne), des militants CGT ont "muré" avec des briques en béton cellulaire l'entrée de la permanence parlementaire du député socialiste Christophe Borgel et tapissé les fenêtres de la permanence d'affiches "Pour le retrait de la loi travail".

Les cortèges des manifestations qui se sont déjà déroulées ont rassemblé entre 3.500 (police) et 10.000 personnes (syndicats) à Nantes (Loire-Atlantique), 2.300 et 8.000 à Toulouse (Haute-Garonne), des milliers à Marseille (Bouches-du-Rhône) et Lyon, plusieurs centaines à Montpellier (Hérault), entre 1.100 et quasiment 2.000 à Rennes (Ille-et-Vilaine), selon les sources.

Entre 11.000 et 12.000 personnes ont participé à la manifestation parisienne contre la loi travail, selon le décompte communiqué à l'AFP par la préfecture de police de Paris, tandis que la CGT en a recensé 55.000.

Voir les commentaires

Rédigé par Pierre HAMMADI

Repost0

Publié le 16 Mai 2016

"Nous ne nous tairons plus". Dans un appel publié dans Le Journal du Dimanche, 17 anciennes ministres de gauche comme de droite annoncent que "l'omerta et la loi du silence ne sont plus possibles": elles dénonceront désormais "systématiquement toutes les remarques sexistes, les gestes déplacés, les comportements inappropriés".

Quelques jours après les accusations de harcèlement sexuel visant le député écologiste Denis Baupin, ces anciennes membres de gouvernement, parmi lesquelles Roselyne Bachelot, Cécile Duflot, Aurélie Filippetti, Nathalie Kosciusko-Morizetou encore Christine Lagarde, écrivent: 

"Nous nous sommes engagées en politique pour des raisons diverses, nous défendons des idées différentes, mais nous partageons la volonté que le sexisme n'ait pas sa place dans notre société. Ce fléau n'est pas propre à notre univers, loin de là, mais le monde politique a un devoir d'exemplarité."

Citant l'exemple de l'affaire DSK, et revenant sur les témoignages "sidérants" de quatre femmes politiques contre Denis Baupin, elles rappellent : 
"Comme toutes les femmes qui ont accédé à des milieux auparavant exclusivement masculins, nous avons eu à subir et à lutter contre le sexisme. Ce n'est pas aux femmes à s'adapter à ces milieux, ce sont les comportements de certains hommes qui doivent changer". 

Et de citer certaines situations auxquelles elles-mêmes ou certaines de leurs collègues ont été confrontées: "On ne peut pas dire à une femme, quel que soit son statut, qu'elle soit salariée, étudiante, chômeuse, mère au foyer ou élue, à propos d'une collègue : "À part ses seins magnifiques, elle est comment?". On ne peut lui dire d'un air graveleux: "Ta jupe est trop longue, il faut la raccourcir" ou "Est-ce que tu portes un string?".

"Cela suffit. L'impunité, c'est fini, poursuivent-elles. (...) Nous encourageons toutes les victimes de harcèlement sexuel et d'agressions sexuelles à parler et à porter plainte." "Nous demandons à nos partis et à nos groupes politiques de vérifier si de tels actes ont été commis et, si tel a été le cas, d'aider les victimes à faire éclater la vérité".

Elles rappellent qu' "aujourd'hui, l'arsenal judiciaire existe mais les lois ne sont pas suffisamment appliquées. Le Code du travail protège la salariée mais il n'est pas respecté. Peu de femmes portent plainte et très peu de plaintes débouchent sur des condamnations". 

La porte-parole de Lutte ouvrière, Nathalie Arthaud, a toutefois pris ses distances avec les signataires en leur reprochant sur BFMTV d'avoir pratiqué "l'omerta" alors qu'elles avaient "bien des moyens de se faire entendre et de se faire respecter", contrairement aux "ouvrières" et aux "employées".

Laurence Rossignol, la ministre des Familles, de l'Enfance et des Droits des femmes, a rappelé dimanche sur France 3 que deux de ces pistes sont en cours d'adoption ou d'élaboration : 
- La première, "c'est d'adopter rapidement la proposition de loi qui est déjà en navette parlementaire, qui a été adoptée à l'Assemblée et qui rallonge les délais de prescription pour toute une série de délit de trois à six ans", a-t-elle détaillé, appelant de nouveau le Sénat à adopter le texte "dans les mêmes termes". 
- La deuxième, "c'est de permettre aux associations de déposer plainte en lieu et place des victimes", en ajoutant un amendement à la "loi égalité et citoyenneté qui va être examinée par le Parlement" en juin, a-t-elle ajouté.

Cet appel est signé par Roselyne Bachelot, Michelle Demessine, Cécile Duflot, Elisabeth Guigou, Aurélie Filippetti, Chantal Jouanno, Nathalie Kosciusko-Morizet, Christine Lagarde, Marylise Lebranchu, Corinne Lepage, Monique Pelletier, Fleur Pellerin, Valérie Pécresse, Yvette Roudy, Catherine Trautmann, Dominique Voynet, Rama Yade.

Voir les commentaires

Rédigé par Pierre HAMMADI

Repost0