Publié le 3 Février 2019

La police de Toulouse a ouvert une enquête administrative sur la divulgation par un syndicat policier d'une vidéo, où l'on entend des policiers commenter une manifestation de gilets jaunes.

"Mais putain, faut tirer, quoi !", lance une voix de femme. "Quand je te dis qu’il faut aligner deux, trois bastos", renchérit un collègue. La vidéo qui montre des policiers commenter une manifestation de Gilets jaunes, le 12 janvier, a fuité et a évidemment été reprise et largement commentée sur les réseaux sociaux.

L'enquête a été ouverte par la Direction départementale de la sécurité publique de Haute-Garonne, qui a confirmé une "captation illégale d'images et de sons" au sein du Centre de commandement et d'information de Toulouse le 12 janvier, a indiqué la Préfecture dans un communiqué.

"La DDSP a immédiatement ouvert une enquête administrative pour violation du secret professionnel et recel, afin que toute la lumière soit faite sur ces faits", a ajouté la préfecture.

La vidéo a été publiée sur le compte Twitter du syndicat de policiers VIGI, ultra-minoritaire et autrefois affilié à la CGT.

On y entend plusieurs policiers réagir à chaud à des images retransmises en direct depuis la place du Capitole à Toulouse, où leurs collègues se font charger par des individus portant des gilets jaunes.

Selon la préfecture, la scène des "policiers attaqués" a provoqué "l'émoi des personnes visionnant en direct ces images, se traduisant par des commentaires spontanés".

Toulouse constitue un des bastions du mouvement des gilets jaunes depuis le début du mouvement, le 17 novembre. Les manifestations sont régulièrement marquées par des échauffourées entre forces de l'ordre et fauteurs de troubles, et par d'importantes dégradations dans le centre-ville.

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Rédigé par Pierre HAMMADI

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Publié le 30 Janvier 2019

Loi anti-casseurs : La colère d'Alexis Corbière FI contre une députée LREMLoi anti-casseurs : La colère d'Alexis Corbière FI contre une députée LREM

Dans une Assemblée nationale très clairsemée dans la nuit du mardi 29 au mercredi 30 janvier, les députés se penchent sur la loi "anti-casseurs". Christophe Castaner monte à la tribune pour un discours de quinze minutes d'une grande fermeté tout en cherchant à rassurer. "Ce n'est pas une loi anti-gilets jaunes, ni une loi anti-manifestations. C'est une loi contre les personnes violentes", a déclaré le ministre de l'Intérieur. 

Une soirée tendue à l'hémicycle. Alors que les députés planchent sur la loi anti-casseurs, promise par la majorité, le député insoumis Alexis Corbière a pris la parole pour dénoncer, comme le fait son groupe depuis plusieurs semaines, la "dérive autoritaire" du gouvernement.

Sauf que la vice-présidente du groupe La République en marche (LREM) à l'Assemblée et députée de Haute-Savoie, Véronique Riotton, a décidé de ne pas siéger au sein de son groupe mais de se tenir debout à proximité des bancs insoumis. Une attitude qui a littéralement exaspéré le député de Seine-Saint-Denis.

"Monsieur le président, je tiens à dire que cette personne m'a insulté pendant que je parlais", s'est énervé l'élu insoumis, qui a ajouté: "ça commence à bien faire! Je veux bien entendre qu'il y ait des protestations, mais quand ce sont des injures qui sont tenues à côté de moi...".

Alexis Corbière a par la suite demandé à l'élue LREM de regagner sa place, en vain."Je propose que cette collègue retourne s'assoir, parce qu'elle parle et elle m'insulte pendant que je parle", a-t-il déploré, comme le montre la séquence vidéo ci-dessous :

Après un rappel à l'ordre du président de séance,la députée est finalement allée se rasseoir sur les bancs de son groupe.

Pris à partie sur Twitter par une autre députée LREM qui s'indignait qu'il ait "intimé à une parlementaire d'aller s'assoir", le député insoumis a répondu du tac au tac. "Vous devriez avoir honte madame. Cette "parlementaire" s'était postée à côté de moi debout et m'insultait pendant que je parlais. Trouvez vous cela normal ? Moi non", a répliqué Alexis Corbière, estimant que le comportement de Véronique Riotton reflète "l'autoritarisme" de la majorité.

On ne peut entendre sur la vidéo, l'insulte évoquée par le député Insoumis. La réponse est finalement venue de Véronique Riotton elle-même. Sur Twitter, elle a posté un message dans lequel elle revendique l'utilisation du terme "conneries" pour qualifier les propos d'Alexis Corbière. Quant à sa présence à côté de lui durant son intervention, elle affirme avoir voulu simplement attendre la fin de son intervention pour ne pas avoir à lui passer devant.

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Rédigé par Pierre HAMMADI

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Publié le 26 Janvier 2019

Jérôme Rodrigues, un proche d'Éric Drouet, a été grièvement blessé à l'œil, samedi 26 janvier, place de la Bastille à Paris, lors de la onzième journée de mobilisation des "gilets jaunes".

Jérôme Rodrigues était en train de filmer la manifestation en direct sur son compte Facebook lorsqu'il a été touché par un projectile venant a priori des forces de l'ordre qui étaient postées à quelques mètres.

"Ils m'ont déglingué", a-t-il posté quelques minutes plus tard sur le réseau social. "Je vais perdre mon œil la famille. Ma famille", a-t-il écrit dans un autre message comportant une photo de lui avec son œil blessé. 

 

 

La préfecture de police a annoncé sur Twitter avoir saisi l'IGPN, "afin que soient établies les circonstances dans lesquelles cette blessure est intervenue".

Quand il s'est écroulé, on voit d'autres manifestants au-dessus de lui, le prendre en charge, en appeler aux "street medics". On entend l'un d'eux s'écrier à plusieurs reprises : "ils lui ont éclaté l’œil". Il a ensuite été transporté par les secours sur un brancard vers un camion de sapeurs-pompiers. 

Ce onzième samedi de mobilisation des "gilets jaunes" a de nouveau été marqué par des heurts entre manifestants et forces de l'ordre, notamment à Évreux et Nantes mais aussi à Paris. 

69.000 manifestants ont été comptabilisés en France sur la journée, dont 4.000 à Paris, selon les chiffres du ministère de l'Intérieur. À la même heure la semaine dernière, il en avait compté 84.000 dont 7.000 à Paris.

Le ministre de l'Intérieur, Christophe Castaner, a "condamné" sur Twitter les "violences" commises selon lui par "des casseurs camouflés en gilets jaunes".

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Publié le 21 Janvier 2019

Le gilet jaune grièvement blessé à Rennes a perdu son œilLe gilet jaune grièvement blessé à Rennes a perdu son œil

Un manifestant de 27 ans, originaire de Quimperlé, dans le Finistère, a été gravement blessé à l’œil durant la manifestation de "gilets jaunes" samedi 19 janvier à Rennes, a indiqué la préfecture ce lundi.

La mère du jeune homme assure que son fils a été touché par une grenade de désencerclement puis un tir de flash-ball. Dans une vidéo postée dimanche matin sur Facebook, Marie-Laure Leroy, professeure de lettres dans la région de Quimperlé, qui se présente comme la mère du blessé, raconte depuis la salle d'attente de l'hôpital de Pontchaillou, à Rennes, que son fils de 27 ans a été "opéré pendant trois heures par un interne qui a fait ce qu'il a pu pour sauver son œil, ce qui n'a pas été possible".

Il a, selon elle, été touché par un "tir de flashball" effectué par "un type de la BAC" (brigade anticriminalité) "à quatre mètres environ" alors qu'il constituait un cordon de sécurité autour d'un blessé pris en charge par les pompiers. "Vos sbires, monsieur Macron, mutilent nos jeunes. Ces jeunes, j'insiste, ne présentaient aucun danger. Aucun d'eux n'avaient le visage couvert. Ils étaient tous désarmés", ajoute la dame. "Le flash-ball a été récupéré et est actuellement entre les mains d'un avocat", affirme-t-elle. 

"Les circonstances dans lesquelles l'événement s'est produit sont loin d'être déterminées", a indiqué Augustin Cellard, directeur du cabinet de la préfète d'Ille-et-Vilaine, en renvoyant vers le parquet pour plus de précisions. Interrogé par l'AFP, le parquet de Rennes n'a pas souhaité répondre. Aucune plainte n'a été déposée auprès de la police de Rennes.  

La préfecture du Finistère a assuré à France Bleu Armorique avoir "très peu d'éléments" et que "les circonstances de l’événement ne sont pas encore établies", mais confirme que "parmi les dix blessés lors de la manifestation, un jeune homme de 27 ans a été touché à l’œil vraisemblablement par l'explosion d'une grenade de désencerclement". 

"Combien de blessés va-t-il encore falloir, avant que vous vous rendiez compte que diriger un pays, ce n'est pas se tenir en haut, c'est peut-être se pencher sur les gens, écouter ce qu'ils ont à dire", lance la mère du jeune homme dans la vidéo, interpellant à plusieurs reprises Emmanuel Macron.

La préfecture a annoncé dimanche soir que 16 personnes avaient été blessées durant l'"acte 10" de la mobilisation à Rennes, dont 6 forces de l'ordre. 

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Rédigé par Pierre HAMMADI

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Publié le 15 Janvier 2019

 Bordeaux : Un gilet jaune placé en coma artificiel, le préfet saisit l’IGPN Bordeaux : Un gilet jaune placé en coma artificiel, le préfet saisit l’IGPN

Samedi 12 janvier, Olivier Beziade, 47 ans, père de trois enfants et sapeur-pompier volontaire à Bazas (Gironde) depuis 20 ans, a été blessé lors de l’acte IX des gilets jaunes. 

Plusieurs vidéos ont été diffusées sur les réseaux sociaux, montrant des étapes différentes d’une même scène, dans l’hyper-centre de Bordeaux en fin d’après-midi, alors que la manifestation de l’Acte 9 dégénérait en heurts avec les forces de l’ordre. Sur l’une de ces vidéos, amateur, on voit un policier tirer au lanceur de balles de défense (LBD), un autre lancer un projectile qui pourrait être une grenade de désencerclement, en direction d’une rue où quelques secondes plus tôt s’étaient engagés en courant des Gilets jaunes.

Puis, quelques secondes plus tard, la même vidéo, ininterrompue, montre un homme allongé immobile face contre terre, saignant de la tête.

D’autres images, montrent le blessé assisté par des secouristes bénévoles (street medics), puis pris en charge et évacué, manifestement conscient, par les pompiers.

Olivier Beziade était venu manifester avec sa femme, elle aussi pompier volontaire à la caserne de Bazas. Les deux Girondins étaient mobilisés en tant que simples citoyens.

Interrogée dans la matinée par Sud-Ouest, sa femme raconte "La manifestation s’est déroulée dans le calme jusqu’à 16 h 30. Nous avons fait le tour de Bordeaux et descendu la rue Sainte-Catherine sans problème".

"C’était un peu la panique. Nous avons rebroussé chemin pour éviter les fumées et rentrer chez nous. J’ai tourné à la première rue à droite, et lui a pris la première à gauche. J’ai attendu 10 ou 15 minutes. Je n’ai plus eu de nouvelles. J’ai fait demi-tour et j’ai vu un groupe de secouristes autour d’un homme à terre. J’ai reconnu les chaussures d’Olivier." a-t-elle ajouté.

Le quadragénaire était conscient quand il a été transporté au CHU de Bordeaux. Il a été opéré et placé en coma artificiel, mais les médecins sont "rassurants pour la suite", a-t-elle précisé à Sud-Ouest.

Le préfet de Gironde et le parquet ont saisi l'IGPN (Inspection générale de la police nationale) après la diffusion sur les réseaux sociaux de vidéos montrant un "gilet jaune" blessé à la tête à Bordeaux samedi 12 janvier, à la suite de tirs policiers, notamment au moyen de lanceur de balles de défense (LBD) en sa direction.

Dans un communiqué, le parquet a également indiqué qu'après "la diffusion sur Internet et certains réseaux sociaux" d'une vidéo montrant ce manifestant, "le procureur de la République a décidé de se saisir de ces faits et d'ouvrir une enquête pénale confiée à l'IGPN, afin d'en déterminer les circonstances".

Selon la préfecture et des sources policières, l'intervention de police dans ce secteur du centre de Bordeaux faisait suite à une tentative de dégradation sur un magasin Apple Store attenant, qui avait déjà fait l'objet de pillage le 8 décembre, lors de l'"acte IV" des gilets jaunes.

 Bordeaux : Un gilet jaune placé en coma artificiel, le préfet saisit l’IGPN Bordeaux : Un gilet jaune placé en coma artificiel, le préfet saisit l’IGPN

Une collecte de dons a été lancée par le mouvement "Gilets Jaunes Citoyens" "Pour Olivier, pompier gilet jaune dans le coma", sur la plate-forme lepotcommun :

Le mouvement a également lancé une pétition en ligne pour "que l'ONU ouvre une enquête sur les violences policières envers les Gilets Jaunes" sur change.org :

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Rédigé par Pierre HAMMADI

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Publié le 15 Janvier 2019

Après l'avoir découverte dans la presse, les Français vont recevoir chez eux la "lettre" écrite par Emmanuel Macron . Selon les informations d'Europe 1, cette lettre va être adressée de manière non nominative à chacun des résidents français dans les prochains jours, une manière de réduire les coûts, assure-t-on de source proche du dossier.

Dans cette lettre, le chef de l'État tente de convaincre ses concitoyens de participer au "grand débat national", organisé pour répondre à la crise des gilets jaunes.

Le grand débat s'ouvre ce mardi 15 janvier dans l'Eure.

Emmanuel Macron a donné, à 15h, le coup d'envoi du grand débat national devant 600 maires normands réunis dans le gymnase de la commune de Grand Bourgtheroulde (Eure).

Il espère ainsi répondre à la crise des "gilets jaunes" et parvenir à relancer son quinquennat.
Cette première sortie du chef de l'État depuis un mois se déroulera sous haute sécurité avec plus de 2.000 forces de sécurité, alors que des "gilets jaunes" ont appelé à manifester sur place.

La circulation est limitée depuis 9 heures aux habitants dans la ville. Deux barrages de gendarmes filtrent les passages entre l’A13 et Bourgtheroulde distants d’une quinzaine de kilomètres, a constaté l’AFP. Selon un photographe de l’agence, environ 150 "gilets jaunes" étaient bloqués à un kilomètre du village.

Des témoins racontent avoir aperçu des CRS sur les gares de péages et sur les aires d’autoroute, ainsi que des canons à eau disposés dans la ville.

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Rédigé par Pierre HAMMADI

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Publié le 14 Janvier 2019

Grand débat national : Les 34 questions que pose le président de la République dans sa lettre aux Français

Près de deux mois après le début du mouvement de contestation sociale des "gilets jaunes", la "lettre aux Français" d’Emmanuel Macron, rendue publique par l’Élysée dimanche 13 janvier, a pour but de cadrer les enjeux du "grand débat national", voulu par le président de la République, qui doit s’ouvrir mardi 15 janvier.

 

Les 34 questions que pose Emmanuel Macron dans sa lettre aux Français :

Impôts:

1- Comment pourrait-on rendre notre fiscalité plus juste et plus efficace ?

2- Quels impôts faut-il à vos yeux baisser en priorité ?

Baisses d’impôt / dépense publique:

3- Quelles sont les économies qui vous semblent prioritaires à faire ?

4- Faut-il supprimer certains services publics qui seraient dépassés ou trop chers par rapport à leur utilité ?

5- À l’inverse, voyez-vous des besoins nouveaux de services publics et comment les financer ?

Modèle social:

6- Comment mieux organiser notre pacte social ?

7- Quels objectifs définir en priorité ?

Organisation de l’État, des collectivités publiques (services publics):

8- Y a-t-il trop d’échelons administratifs ou de niveaux de collectivités locales ?

9- Faut-il renforcer la décentralisation et donner plus de pouvoir de décision et d’action au plus près des citoyens ?

10- À quels niveaux et pour quels services ?

11- Comment voudriez-vous que l’État soit organisé et comment peut-il améliorer son action ?

12- Faut-il revoir le fonctionnement de l’administration et comment ?

13- Comment l’État et les collectivités locales peuvent-ils s’améliorer pour mieux répondre aux défis de nos territoires les plus en difficulté et que proposez-vous ?

La transition écologique:

14- Comment finance-t-on la transition écologique : par l’impôt, par les taxes et qui doit être concerné en priorité ?

15- Comment rend-on les solutions concrètes accessibles à tous, par exemple pour remplacer sa vieille chaudière ou sa vieille voiture ?

16- Quelles sont les solutions les plus simples et les plus supportables sur un plan financier ?

17- Quelles sont les solutions pour se déplacer, se loger, se chauffer, se nourrir qui doivent être conçues plutôt au niveau local que national ?

18- Quelles propositions concrètes feriez-vous pour accélérer notre transition environnementale ?

Biodiversité:

19- Comment devons-nous garantir scientifiquement les choix que nous devons faire à cet égard ?

20- Comment faire partager ces choix à l’échelon européen et international pour que nos agriculteurs et nos industriels ne soient pas pénalisés par rapport à leurs concurrents étrangers ?

Démocratie et citoyenneté: 

21- Faut-il reconnaître le vote blanc ?

22- Faut-il rendre le vote obligatoire ?

23- Quelle est la bonne dose de proportionnelle aux élections législatives pour une représentation plus juste de tous les projets politiques ?

24- Faut-il, et dans quelles proportions, limiter le nombre de parlementaires ou autres catégories d’élus ?

25- Quel rôle nos assemblées, dont le Sénat et le Conseil Économique, Social et Environnemental, doivent-elles jouer pour représenter nos territoires et la société civile ?

26- Faut-il les transformer et comment ?

En outre, une grande démocratie comme la France doit être en mesure d’écouter plus souvent la voix de ses citoyens.

27- Quelles évolutions souhaitez-vous pour rendre la participation citoyenne plus active, la démocratie plus participative ?

28- Faut-il associer davantage et directement des citoyens non élus, par exemple tirés au sort, à la décision publique ?

29- Faut-il accroître le recours aux référendums et qui doit en avoir l’initiative ?

Immigration:

30- Que proposez-vous pour améliorer l’intégration dans notre Nation ?

31- En matière d’immigration, une fois nos obligations d’asile remplies, souhaitez-vous que nous puissions nous fixer des objectifs annuels définis par le Parlement ?

32- Que proposez-vous afin de répondre à ce défi qui va durer ?

Laïcité:

33- Comment renforcer les principes de la laïcité française, dans le rapport entre l’État et les religions de notre pays ?

34- Comment garantir le respect par tous de la compréhension réciproque et des valeurs intangibles de la République ?

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Lettre intégrale du Président de la République aux Français :

Chères Françaises, chers Français, mes chers compatriotes,
Dans une période d’interrogations et d’incertitudes comme celle que nous traversons, nous devons nous rappeler qui nous sommes.

La France n’est pas un pays comme les autres.

Le sens des injustices y est plus vif qu’ailleurs. L’exigence d’entraide et de solidarité plus forte.

Chez nous, ceux qui travaillent financent les pensions des retraités. Chez nous, un grand nombre de citoyens paie un impôt sur le revenu, parfois lourd, qui réduit les inégalités. Chez nous, l’éducation, la santé, la sécurité, la justice sont accessibles à tous indépendamment de la situation et de la fortune. Les difficultés de la vie, comme le chômage, peuvent être surmontées, grâce à l’effort partagé par tous.

C’est pourquoi la France est, de toutes les nations, une des plus fraternelles et des plus égalitaires.

C’est aussi une des plus libres, puisque chacun est protégé dans ses droits et dans sa liberté d’opinion, de conscience, de croyance ou de philosophie.

Et chaque citoyen a le droit de choisir celles et ceux qui porteront sa voix dans la conduite du pays, dans l’élaboration des lois, dans les grandes décisions à prendre.

Chacun partage le destin des autres et chacun est appelé à décider du destin de tous : c’est tout cela, la Nation française.

Comment ne pas éprouver la fierté d’être Français ?

Je sais, bien sûr, que certains d’entre nous sont aujourd’hui insatisfaits ou en colère. Parce que les impôts sont pour eux trop élevés, les services publics trop éloignés, parce que les salaires sont trop faibles pour que certains puissent vivre dignement du fruit de leur travail, parce que notre pays n’offre pas les mêmes chances de réussir selon le lieu ou la famille d’où l’on vient. Tous voudraient un pays plus prospère et une société plus juste.

Cette ambition, je la partage. La société que nous voulons est une société dans laquelle pour réussir on ne devrait pas avoir besoin de relations ou de fortune, mais d’effort et de travail.

En France, mais aussi en Europe et dans le monde, non seulement une grande inquiétude, mais aussi un grand trouble ont gagné les esprits. Il nous faut y répondre par des idées claires.

Mais il y a pour cela une condition : n’accepter aucune forme de violence. Je n’accepte pas la pression et l’insulte, par exemple sur les élus du peuple, je n’accepte pas la mise en accusation générale, par exemple des médias, des journalistes, des institutions et des fonctionnaires. Si tout le monde agresse tout le monde, la société se défait !

Afin que les espérances dominent les peurs, il est nécessaire et légitime que nous nous reposions ensemble les grandes questions de notre avenir.

C’est pourquoi j’ai proposé et je lance aujourd’hui un grand débat national qui se déroulera jusqu’au 15 mars prochain.
Depuis quelques semaines, des maires ont ouvert leurs mairies pour que vous puissiez y exprimer vos attentes. J’ai eu de premiers retours que j’ai pu prendre en compte. Nous allons désormais entrer dans une phase plus ample et vous pourrez participer à des débats près de chez vous ou vous exprimer sur internet pour faire valoir vos propositions et vos idées. Dans l’Hexagone, outre-mer et auprès des Français résidant à l’étranger. Dans les villages, les bourgs, les quartiers, à l’initiative des maires, des élus, des responsables associatifs, ou de simples citoyens… Dans les assemblées parlementaires comme régionales ou départementales.

Les maires auront un rôle essentiel car ils sont vos élus et donc l’intermédiaire légitime de l’expression des citoyens.

Pour moi, il n’y a pas de questions interdites. Nous ne serons pas d’accord sur tout, c’est normal, c’est la démocratie. Mais au moins montrerons-nous que nous sommes un peuple qui n’a pas peur de parler, d’échanger, de débattre.

Et peut-être découvrirons-nous que nous pouvons tomber d’accord, majoritairement, au-delà de nos préférences, plus souvent qu’on ne le croit.

Je n’ai pas oublié que j’ai été élu sur un projet, sur de grandes orientations auxquelles je demeure fidèle. Je pense toujours qu’il faut rendre à la France sa prospérité pour qu’elle puisse être généreuse, car l’un va avec l’autre. Je pense toujours que la lutte contre le chômage doit être notre grande priorité, et que l’emploi se crée avant tout dans les entreprises, qu’il faut donc leur donner les moyens de se développer. Je pense toujours que nous devons rebâtir une souveraineté industrielle, numérique et agricole et pour cela investir dans les savoirs et la recherche. Je pense toujours qu’il faut rebâtir une école de la confiance, un système social rénové pour mieux protéger les Français et réduire les inégalités à la racine. Je pense toujours que l’épuisement des ressources naturelles et le dérèglement climatique nous obligent à repenser notre modèle de développement. Nous devons inventer un projet productif, social, éducatif, environnemental et européen nouveau, plus juste et plus efficace. Sur ces grandes orientations, ma détermination n’a pas changé.

Mais je pense aussi que de ce débat peut sortir une clarification de notre projet national et européen, de nouvelles manières d’envisager l’avenir, de nouvelles idées.

À ce débat, je souhaite que le plus grand nombre de Français, le plus grand nombre d’entre nous, puisse participer.

Ce débat devra répondre à des questions essentielles qui ont émergé ces dernières semaines. C’est pourquoi, avec le Gouvernement, nous avons retenu quatre grands thèmes qui couvrent beaucoup des grands enjeux de la Nation : la fiscalité et les dépenses publiques, l’organisation de l’État et des services publics, la transition écologique, la démocratie et la citoyenneté. Sur chacun de ces thèmes, des propositions, des questions sont d’ores et déjà exprimées. Je souhaite en formuler quelques-unes qui n’épuisent pas le débat mais me semblent au cœur de nos interrogations.

Le premier sujet porte sur nos impôts, nos dépenses et l’action publique.
L’impôt est au cœur de notre solidarité nationale. C’est lui qui finance nos services publics. Il vient rémunérer les professeurs, pompiers, policiers, militaires, magistrats, infirmières et tous les fonctionnaires qui œuvrent à votre service. Il permet de verser aux plus fragiles des prestations sociales mais aussi de financer certains grands projets d’avenir, notre recherche, notre culture, ou d’entretenir nos infrastructures. C’est aussi l’impôt qui permet de régler les intérêts de la dette très importante que notre pays a contractée au fil du temps.

Mais l’impôt, lorsqu’il est trop élevé, prive notre économie des ressources qui pourraient utilement s’investir dans les entreprises, créant ainsi de l’emploi et de la croissance. Et il prive les travailleurs du fruit de leurs efforts. Nous ne reviendrons pas sur les mesures que nous avons prises pour corriger cela afin d’encourager l’investissement et faire que le travail paie davantage. Elles viennent d’être votées et commencent à peine à livrer leurs effets. Le Parlement les évaluera de manière transparente et avec le recul indispensable. Nous devons en revanche nous interroger pour aller plus loin.

Comment pourrait-on rendre notre fiscalité plus juste et plus efficace ? Quels impôts faut-il à vos yeux baisser en priorité ?

Nous ne pouvons, quoi qu’il en soit, poursuivre les baisses d’impôt sans baisser le niveau global de notre dépense publique.

Quelles sont les économies qui vous semblent prioritaires à faire ?

Faut-il supprimer certains services publics qui seraient dépassés ou trop chers par rapport à leur utilité ? À l’inverse, voyez-vous des besoins nouveaux de services publics et comment les financer ?

Notre modèle social est aussi mis en cause. Certains le jugent insuffisant, d’autres trop cher en raison des cotisations qu’ils paient. L’efficacité de la formation comme des services de l’emploi est souvent critiquée. Le Gouvernement a commencé à y répondre, après de larges concertations, à travers une stratégie pour améliorer notre santé, pour lutter contre la pauvreté et contre le chômage.

Comment mieux organiser notre pacte social ? Quels objectifs définir en priorité ?

Le deuxième sujet sur lequel nous devons prendre des décisions, c’est l’organisation de l’État et des collectivités publiques. 
Les services publics ont un coût, mais ils sont vitaux : école, police, armée, hôpitaux, tribunaux sont indispensables à notre cohésion sociale.

Y a-t-il trop d’échelons administratifs ou de niveaux de collectivités locales ? Faut-il renforcer la décentralisation et donner plus de pouvoir de décision et d’action au plus près des citoyens ? À quels niveaux et pour quels services ?

Comment voudriez-vous que l’État soit organisé et comment peut-il améliorer son action ? Faut-il revoir le fonctionnement de l’administration et comment ?

Comment l’État et les collectivités locales peuvent-ils s’améliorer pour mieux répondre aux défis de nos territoires les plus en difficulté et que proposez-vous ?

La transition écologique est le troisième thème, essentiel à notre avenir. 
Je me suis engagé sur des objectifs de préservation de la biodiversité et de lutte contre le réchauffement climatique et la pollution de l’air. Aujourd’hui personne ne conteste l’impérieuse nécessité d’agir vite. Plus nous tardons à nous remettre en cause, plus ces transformations seront douloureuses.

Faire la transition écologique permet de réduire les dépenses en carburant, en chauffage, en gestion des déchets et en transports. Mais pour réussir cette transition, il faut investir massivement et accompagner nos concitoyens les plus modestes.

Une solidarité nationale est nécessaire pour que tous les Français puissent y parvenir.

Comment finance-t-on la transition écologique : par l’impôt, par les taxes et qui doit être concerné en priorité ?

Comment rend-on les solutions concrètes accessibles à tous, par exemple pour remplacer sa vieille chaudière ou sa vieille voiture ? Quelles sont les solutions les plus simples et les plus supportables sur un plan financier ?

Quelles sont les solutions pour se déplacer, se loger, se chauffer, se nourrir qui doivent être conçues plutôt au niveau local que national ? Quelles propositions concrètes feriez-vous pour accélérer notre transition environnementale ?

La question de la biodiversité se pose aussi à nous tous.

Comment devons-nous garantir scientifiquement les choix que nous devons faire à cet égard ? Comment faire partager ces choix à l’échelon européen et international pour que nos agriculteurs et nos industriels ne soient pas pénalisés par rapport à leurs concurrents étrangers ?

Enfin, il est évident que la période que notre pays traverse montre qu’il nous faut redonner plus de force à la démocratie et la citoyenneté. 
Être citoyen, c’est contribuer à décider de l’avenir du pays par l’élection de représentants à l’échelon local, national ou européen. Ce système de représentation est le socle de notre République, mais il doit être amélioré car beaucoup ne se sentent pas représentés à l’issue des élections.

Faut-il reconnaître le vote blanc ? Faut-il rendre le vote obligatoire ?

Quelle est la bonne dose de proportionnelle aux élections législatives pour une représentation plus juste de tous les projets politiques ?

Faut-il, et dans quelles proportions, limiter le nombre de parlementaires ou autres catégories d’élus ?

Quel rôle nos assemblées, dont le Sénat et le Conseil Économique, Social et Environnemental, doivent-elles jouer pour représenter nos territoires et la société civile ? Faut-il les transformer et comment ?

En outre, une grande démocratie comme la France doit être en mesure d’écouter plus souvent la voix de ses citoyens.

Quelles évolutions souhaitez-vous pour rendre la participation citoyenne plus active, la démocratie plus participative ?

Faut-il associer davantage et directement des citoyens non élus, par exemple tirés au sort, à la décision publique ?

Faut-il accroître le recours aux référendums et qui doit en avoir l’initiative ?

La citoyenneté, c’est aussi le fait de vivre ensemble.

Notre pays a toujours su accueillir ceux qui ont fui les guerres, les persécutions et ont cherché refuge sur notre sol : c’est le droit d’asile, qui ne saurait être remis en cause. Notre communauté nationale s’est aussi toujours ouverte à ceux qui, nés ailleurs, ont fait le choix de la France, à la recherche d’un avenir meilleur : c’est comme cela qu’elle s’est aussi construite. Or, cette tradition est aujourd’hui bousculée par des tensions et des doutes liés à l’immigration et aux défaillances de notre système d’intégration.

Que proposez-vous pour améliorer l’intégration dans notre Nation ? En matière d’immigration, une fois nos obligations d’asile remplies, souhaitez-vous que nous puissions nous fixer des objectifs annuels définis par le Parlement ? Que proposez-vous afin de répondre à ce défi qui va durer ?

La question de la laïcité est toujours en France sujet d’importants débats. La laïcité est la valeur primordiale pour que puissent vivre ensemble, en bonne intelligence et harmonie, des convictions différentes, religieuses ou philosophiques. Elle est synonyme de liberté parce qu’elle permet à chacun de vivre selon ses choix.

Comment renforcer les principes de la laïcité française, dans le rapport entre l’État et les religions de notre pays ? Comment garantir le respect par tous de la compréhension réciproque et des valeurs intangibles de la République ?

Dans les semaines qui viennent, je vous invite à débattre pour répondre à ces questions déterminantes pour l’avenir de notre Nation. Je souhaite aussi que vous puissiez, au-delà de ces sujets que je vous propose, évoquer n’importe quel sujet concret dont vous auriez l’impression qu’il pourrait améliorer votre existence au quotidien.

Ce débat est une initiative inédite dont j’ai la ferme volonté de tirer toutes les conclusions. Ce n’est ni une élection, ni un référendum. C’est votre expression personnelle, correspondant à votre histoire, à vos opinions, à vos priorités, qui est ici attendue, sans distinction d’âge ni de condition sociale. C’est, je crois, un grand pas en avant pour notre République que de consulter ainsi ses citoyens. Pour garantir votre liberté de parole, je veux que cette consultation soit organisée en toute indépendance, et soit encadrée par toutes les garanties de loyauté et de transparence.

C’est ainsi que j’entends transformer avec vous les colères en solutions.

Vos propositions permettront donc de bâtir un nouveau contrat pour la Nation, de structurer l’action du Gouvernement et du Parlement, mais aussi les positions de la France au niveau européen et international. Je vous en rendrai compte directement dans le mois qui suivra la fin du débat.

Chères Françaises, chers Français, mes chers compatriotes, je souhaite que le plus grand nombre d’entre vous puisse participer à ce grand débat afin de faire œuvre utile pour l’avenir de notre pays.

En confiance,
Emmanuel Macron,

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Rédigé par Pierre HAMMADI

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Publié le 13 Janvier 2019

Le caporal-chef Simon Cartannaz, 28 ans, et le sapeur de première classe Nathanaël Josselin, 27 ans, décédés des suites de l'explosion de la rue de Trévise, à Paris le 12 janvier 2019. Twitter/Pompiers de Paris

Le caporal-chef Simon Cartannaz, 28 ans, et le sapeur de première classe Nathanaël Josselin, 27 ans, décédés des suites de l'explosion de la rue de Trévise, à Paris le 12 janvier 2019. Twitter/Pompiers de Paris

L'association pour le développement des œuvres sociales des Sapeurs-pompiers de Paris (ADOSSPP) a lancé une collecte de dons sur la plate-forme lepotcommun.fr pour soutenir les familles des deux disparus. Celle-ci a déjà dépassé les 111.000 euros à 17 heures, ce dimanche. 

Dans le texte qui accompagne cette cagnotte en ligne, il est révélé que Simon Cartannaz, 28 ans, sapeur-pompier depuis 2013, avait été décoré d'une médaille pour acte de courage et de dévouement (ACD), échelon bronze et d'une médaille de la sécurité Intérieur (MSI), échelon bronze en 2016. "Il était célibataire et sans enfant".

Quant à Nathanaël Josselin, 27 ans, sapeur-pompier depuis 2014, pacsé et père d'un garçon de 3 ans, il avait été décoré de la médaille de la Sécurité intérieure, échelon bronze, en 2016.  

"La brigade de sapeurs-pompiers de Paris exprime sa profonde tristesse face à ce drame", peut-on lire.

Samedi 12 janvier, tous les deux sont morts des suites de leurs blessures, après leur intervention pour une fuite de gaz, qui a tourné au drame à Paris, lorsque l’immeuble a explosé. Deux autres personnes sont également décédées.

Les deux hommes avaient été appelés peu après 8h30 samedi 12 janvier pour un incendie dans une boulangerie, rue de Trévise à Paris IX, avant d'être alertés par des voisins d'une fuite de gaz qui serait probablement à l'origine de l'explosion.

Gravement touchés, les deux soldats du feu avaient été évacués en arrêt cardio-respiratoire mais n'ont pas survécu à leurs blessures.

Plusieurs collègues sapeurs-pompiers font partie des blessés. L'un d'entre eux l'est grièvement. La ministre des Armées Florence Parly et le ministre de l'Intérieur Christophe Castaner se sont rendus à son chevet. Ce dernier a annoncé via Twitter que les oeuvres sociales des pompiers de Paris avaient lancé une collecte de dons pour soutenir les familles des deux disparus. 

Le bilan des victimes est lourd. Il est passé dimanche 13 janvier à quatre morts et dix blessés en "urgence absolue". 45 autres personnes ont également été légèrement blessées, a précisé Éric Moulin, commandant de la brigade de sapeurs-pompiers de Paris.

"L'explosion a été particulièrement violente, elle s'est propagée sur 100 m, avait également expliqué le commandant Eric Moulin. "Il faut renforcer le bâtiment du sous-sol jusqu'en haut. Tous les bâtiments à côté ou en face ne sont pas accessibles. Au fur et à mesure, on lève les doutes avec les architectes. Une trentaine de pompiers sont toujours mobilisés sur les lieux et des hommes resteront au moins 48 heures et peut-être toute la semaine", a t-il ajouté.

Le corps retrouvé dimanche sous les décombres du bâtiment pourrait être celui d'une jeune femme portée disparue et qui était recherchée par les secours. La femme recherchée "habitait un appartement situé au-dessus du point de l'explosion et (qui) pourrait se trouver sous les décombres", avait déclaré à l'AFP un porte-parole des pompiers. 

"Une quarantaine de sapeurs-pompiers, dont des maîtres chiens et des pompiers spécialisés du Groupement d'intervention en milieu périlleux (Grimp) et de la Recherche et sauvetage en milieu urbain (RSMU), déblaient les débris à la main, pierre par pierre, en raison des conditions de sécurité périlleuses", avait-il précisé. 

"Il faut sécuriser et renforcer au fur et à mesure le bâtiment. Les opérations de déblaiement pourraient se poursuivre une bonne partie de la semaine", a-t-il estimé.

La maire de Paris, Anne Hidalgo, a annoncé l'ouverture d'une cellule d'accueil et d'assistance à la mairie du 9e arrondissement. L'objectif sera notamment de trouver des solutions de relogement pour les habitants des immeubles touchés par le sinistre. Environ 150 habitants ont dû être évacués après l'explosion.

Un journaliste de TF1 a posté un montage sur Twitter afin de "se rendre compte de la puissance de l'explosion survenue dans une boulangerie de la rue de Trévise". 

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Rédigé par Pierre HAMMADI

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Publié le 7 Janvier 2019

 

"Il s'est rendu ce matin. Il n'est pas un criminel, juste un Gilet jaune voulant défendre son pays, pour l'avenir de ses enfants !" : affirmant être la belle-sœur de Christophe Dettinger, Gaelle Galou a publié sur son compte Facebook, ce lundi 7 janvier une vidéo dans laquelle l'ex-boxeur explique pourquoi il s'en est pris aux forces de l'ordre, le 5 janvier, lors de l'"acte 8" des Gilets jaunes.

"Je suis un Gilet jaune, j'ai la colère du peuple qui est en moi [...] Je me suis fait gazer avec mon ami et ma femme, à un moment, la colère est montée en moi. Oui, j'ai mal réagi, mais je me suis défendu", explique l'ancien champion de France de boxe 2007 Christophe Dettinger.

Il affirme avoir participé aux huit actes de mobilisation des Gilets jaunes. "J'ai vu la répression qu'il y a eu [...] J'ai vu la police faire mal à des gens avec des flashballs, j'ai vu des gens blessés, j'ai vu des retraités se faire gazer", confie-t-il.

"Je suis un citoyen normal [...] Je vois tous ces présidents, tous ces ministres, tout l'État, se gaver sur notre dos [...] Je suis Français, je suis fier d'être Français, je ne suis pas d'extrême gauche, je ne suis pas d'extrême droite, je suis un citoyen lambda, j'aime mon pays, j'aime ma patrie", a expliqué Christophe Dettinger.

Visiblement bouleversé, il conclut sur un message adressé aux participants du mouvement : "Peuple français, Gilets jaunes, je suis de tout cœur avec vous, il faut continuer le combat pacifiquement, s'il vous plaît".

Samedi 5 janvier, pendant l'"acte 8" des Gilets Jaunes, un boxeur a été filmé en train de frapper un gendarme mobile, à grands coups de poing sur son bouclier et son casque, au cours de violents affrontements entre les manifestants et les forces de l'ordre sur la passerelle Leopold-Sédar-Senghor à Paris. Dans une autre vidéo, il frappe un gendarme à terre en compagnie d'autres manifestants.

Rapidement identifié par la police, il s'agit de Christophe Dettinger, 37 ans, dit "Le Gitan de Massy", un boxeur professionnel français sacré champion de France des poids lourds-légers le 30 octobre 2007.

Les deux gendarmes, qui ont porté plainte, se sont vus prescrire 15 jours d'ITT et 2 jours d'ITT. 

Une perquisition avait visé son domicile à proximité de Massy, dimanche matin mais l'homme était absent lors de l'arrivée des fonctionnaires, un membre de sa famille avait indiqué qu'il se rendrait à la police lundi. Ce qu'il a fait, ce lundi 7 janvier. Il s’est présenté à la sûreté territoriale, à Paris, avec son avocat, précise une source policière à France 2. Il a été placé en garde à vue. 

Samedi soir, un syndicat de policiers a confirmé qu'il s'agissait bien d'un pratiquant professionnel de ce sport de combat, en précisant qu'il avait été identifié. 

"Monsieur, vous qui avez frappé un collègue à terre, vous êtes identifié. Pour un boxeur, vous ne respectez apparemment pas beaucoup de règles. Nous allons vous apprendre celles du code pénal", a tweeté le syndicat policier.

"Il devra rendre compte de cette attaque aussi lâche qu'intolérable", a rapidement répondu le ministre de l'Intérieur, Christophe Castaner.

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Rédigé par Pierre HAMMADI

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Publié le 5 Janvier 2019

Le porte-parole du gouvernement et ses collaborateurs, ont dû être évacués après une intrusion violente dans la cour de son ministère à Paris, samedi 5 janvier, en marge de l'"acte 8" des "gilets jaunes".

Benjamin Griveaux était dans son bureau quand des individus ont défoncé la porte de son secrétariat d'État avec un engin de chantier qui était dans la rue. Ils ont pénétré dans la cour sans entrer dans les locaux, avant de repartir du site qui abrite également le ministère des Relations avec le Parlement, au 101 rue de Grenelle. 

"C'est jamais très agréable de défoncer à coup d'engin de chantier l'endroit où vous travaillez, mais ce n'est pas moi qui ait été attaqué, c'est la République, c'est nos institutions", a réagi Benjamin Griveaux devant son ministère.

Le porte-parole du gouvernement évoque "trois ou quatre personnes très actives dans la cour" en plus de "la personne qui conduisait l'engin de chantier". Il indique qu'ils ont "brisé quelques vitres" et que "les voitures du ministère sont inutilisables". Benjamin Griveaux et "cinq ou six" collaborateurs ont été évacués par "la porte arrière du ministère", a-t-il précisé. 

"Il n'y a pas eu de contact avec les manifestants. J'étais dans mon bureau en train de travailler lorsque des Gilets jaunes ont défoncé le portail et la grille avec un engin de chantier trouvé dans la rue. Ils ont également brisé quelques vitres et les voitures du ministère sont inutilisables. Mon officier de sécurité m'a dit : "monsieur le ministre, il faut partir". On a mis en sécurité, pas que moi, mais mes équipes", a-t-il déclaré. 

"Ceux qui sont rentrés ici aujourd'hui se sont mis hors de la République. J'espère que les caméras internes du ministère permettront de les identifier et de les punir. Evidemment c'est gravissime. Je crois que c'est le fait d'une minorité qu'on invite sur les plateaux télé. Ceux qui veulent radicaliser le mouvement trouveront toujours face à eux une République qui se tient debout." a ajouté Benjamin Griveaux.

Pour cette huitième journée de rassemblement des Gilets jaunes, des violences ont eu lieu en province et à Paris, notamment près du Musée d'Orsay et boulevard Saint-Germain.

Paris, samedi 5 janvier 2019

Paris, samedi 5 janvier 2019

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Rédigé par Pierre HAMMADI

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