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Polémique autour de la mode islamique

Publié le par Pierre HAMMADI

"La mode islamiqe" s'inscrit dans une tendance plus vaste appelée "mode pudique", traduction de l'anglais "modest fashion".

"Il n'y a pas de règles dans la mode." Le message, signé H&M, a été lancé dans une récente pub mondiale du géant suédois pour le recyclage des vêtements. Pour la première fois, à l’injonction "soyez chic", apparaît une jeune femme musulmane dont les cheveux et le cou sont recouverts d’un foulard.

"Nos collections permettent à chacun d’habiller sa personnalité mais n’encouragent pas un choix de mode de vie en particulier", esquive la marque populaire.

H&M est loin d’être la seule enseigne à lorgner sur ce marché de la mode. Après la firme japonaise Uniqlo qui a annoncé la mise en vente de hidjabs (voiles islamiques) dans son magasin de Londres, c’est à Marks & Spencer de se jeter à l’eau. Des maillots de bain couvrant l’intégralité du corps de la femme, excepté le visage, les mains et les pieds, sont désormais proposés par la chaîne de magasins britannique.

Pour 62,95 €, vous pouvez commander sur son site un burkini, forme contractée de "burqa" et de "bikini", noir ou bleu fleuri. Un signe d’ouverture, a fait savoir la marque, qui n’a pas empêché les réactions indignées de se propager sur Internet.

On a assisté cette semaine à une véritable levée de boucliers contre Marks and Spencer mais aussi Uniqlo, Dolce&Gabbana, Mango ou encore Tommy Hilfiger. Ces marques qui se lancent sur le créneau de la "mode islamique" seraient "irresponsables" de l'avis de la ministre des Droits des femmes, Laurence Rossignol. Le 30 mars, Pierre Bergé s'est lui aussi insurgé, "scandalisé" par "ces créateurs qui participent à l'asservissement de la femme".

Pierre Bergé, compagnon d'Yves Saint Laurent et président de la Fondation Pierre Bergé - Yves Saint Laurent, a lancé à ces marques : "Renoncez au fric, ayez des convictions !" "Je suis scandalisé. Moi qui ai été près de 40 ans au côté de Yves Saint Laurent, j'ai toujours cru qu'un créateur de mode était là pour embellir les femmes, pour leur donner la liberté, pas pour être le complice de cette dictature qui impose cette chose abominable que fait qu'on cache les femmes, qu'on leur fait vivre une vie dissimulée", a-t-il dit sur Europe 1.

La Clef (Coordination française pour le lobby européen des femmes), qui regroupe une cinquantaine d'associations féministes, s'est réjouie dans une lettre ouverte que la ministre des Droits des femmes ait "réagi avec force et indignation face à la banalisation du port du voile islamique". Dans un communiqué, la présidente du Haut conseil à l'égalité entre les femmes et les hommes (HCE), Danielle Bousquet, a pour sa part souligné le "courage dont fait preuve dans ce débat" Mme Rossignol. Elle "a eu raison de dénoncer l'irresponsabilité des grandes marques qui, au nom du profit, n'hésitent pas à reprendre à leur compte une stratégie fondamentaliste politico-religieuse", a-t-elle estimé.

Dans un entretien publié à l'AFP, Elisabeth Badinter a remis une couche. Elle juge que "pour ce qui regarde (ces) marques vestimentaires qui veulent vendre la tenue islamique, il n'y a qu'une seule réponse: le boycott". Elle considère en outre qu'on ne peut pas se dire féministe et défendre le port du voile.

Les "dites "féministes islamiques", elles oublient qu'en guise d'égalité elles doivent rester à la maison, que l'héritage est divisé par deux dans les pays musulmans et la polygamie admise dans le Coran dont elles se réclament", estime la philosophe.

Pour les femmes musulmanes, il s'agit notamment de s'éloigner de l'abaya, tunique large et simple ne laissant voir que le visage, souvent noire, portée par-dessus les vêtements et imposée aux femmes en Arabie saoudite. Plus répandu dans le monde, le hijab, simple voile islamique couvrant les cheveux et les épaules, devient également un véritable accessoire que les femmes peuvent assortir à leur tenue.

Ce style "pudique" s'applique aussi aux vêtements de bain, depuis qu'une créatrice australienne a dessiné et commercialisé en 2007 un "burkini", maillot de bain couvrant l'ensemble du corps sauf les mains, les pieds et le visage. Aux yeux des musulmans intégristes, toutes ces tenues non traditionnelles restent indécentes.

Poussés par la multiplication de blogs consacrés à cette mode pudique, les créateurs comprennent donc, tardivement, que les femmes musulmanes aussi achètent des vêtements. Et si beaucoup d'entre elles s'en réjouissent, l'auteure Ruqaiya Haris, qui porte elle-même le hijab, pose un regard "plus cynique" sur la chose.

Dans une tribune publiée en janvier sur le Guardian (en anglais), elle rappelle que "les ventes de produits de luxe ont atteint 8,7 milliards de dollars au Moyen-Orient l'année dernière et les musulmans ont dépensé 266 milliards de dollars dans ces produits à travers le monde en 2013". Des chiffres qui, selon elle, aident à comprendre "ce qui motive réellement ces marques".

La population musulmane serait donc surtout une "nouvelle cible pour des marques de luxe qui stagnent de plus en plus et sont en manque de relais de croissance", explique Frédéric Godart, sociologue et auteur de Sociologie de la mode, à Libération.

En France, la question du port du voile islamique provoque en effet régulièrement des crispations. Le sujet divise particulièrement les féministes. D'un côté, celles qui défendent le droit des femmes à porter ce qu'elles veulent et à exercer librement leur spiritualité, et donc à porter un voile, quel que soit son sens. De l'autre, celles qui, comme la ministre, y voient un symbole du "contrôle social du corps des femmes".

Plus généralement, le port du hijab est régulièrement associé au fondamentalisme, voire au terrorisme, comme l'a montré récemment une caricature de Plantu qui a provoqué la colère de nombreux internautes.

Polémique autour de la mode islamique

Sur sa chaîne YouTube, la blogueuse voilée Asma Fares, qui publie des conseils beauté et lifestyle (maquillage, nutrition, mode, épilation…) reçoit régulièrement des commentaires insultants, aussi bien de la part d'internautes islamophobes dénonçant le port du voile que de musulmans radicaux qui lui "souhaitent l'enfer", jugeant qu'elle est un mauvais exemple pour les jeunes musulmanes.

Des voix musulmanes se sont étonnées de ce débat. Abdallah Zekri, président de l'Observatoire contre l'islamophobie et secrétaire général du Conseil français du culte musulman, s'est demandé : "Est-ce que la France n'a pas d'autre souci, alors qu'elle combat le terrorisme, que de stigmatiser les femmes musulmanes ? Est-ce qu'un ministre a le droit de s'ingérer dans la manière dont une femme souhaite s'habiller, dans la mesure où elle respecte les lois de la République et qu'elle ne cache pas son visage ?"

Le blogueur musulman "orthodoxe" Fateh Kimouche, spécialiste de l'économie islamique, demande un peu de "pragmatisme". Selon lui ces articles "répondent tout simplement à un marché, y'a pas de gros barbu derrière. Il y a des milliers d'emplois à la clé".

Sur les réseaux sociaux, de nombreuses femmes voilées ont également interpellé la ministre, peinées par cette polémique. Beaucoup lui ont rappelé qu'elles avaient elles-mêmes choisi de porter le voile, sans aucune obligation d'un tiers.

Cette tendance ne fait pourtant pas autant de vagues outre-Manche où les arguments des partisans de la mode musulmane ont plus d'écho.

En Angleterre où le burkini sera vendu par Marks and Spencer, le débat n'est pas aussi vif remarque le Telegraph qui rapporte que la polémique française a même fait réagir les politiques. Dans les colonnes de ce même journal, quelques jours plus tôt,la journaliste Allison Pearson, avait pourtant écrit un article dénonçant vivement "cette mauvaise nouvelle" qu'elle voyait comme "une tentative pour normaliser le traitement du corps de la femme comme étant quelque chose qu'on devrait cacher. [...] Le burkini dit haut et fort 'je ne dois pas être une source de tentation. C'est de ma faute si un homme a envie de moi ou s'il me viole'."

"En Grande-Bretagne comme aux États-Unis, cette mode-là ne choque pas autant qu'en France", remarque Hanna Woodhead, doctorante à la faculté de théologie de Genève qui travaille sur la mode religieuse et en particulier sur la notion de pudeur depuis deux ans. Elle cite ainsi en exemple les fonctionnaires musulmanes de la police londonienne dont la tenue comprend un voile, comme celle de leurs confrères sikh, un turban. En France, dans le pays de la laïcité républicaine, les fonctionnaires sont tenus à la neutralité.

Les adeptes de cette mode qui couvre plus qu'elle ne dévoile sont convaincues que la vraie beauté est faite de couches de vêtements. Certaines comme la créatrice américaine Nzinga Knight n'hésitent pas à aller plus loin en affirmant que s'habiller ainsi est un signe de liberté, une liberté que les femmes dans les sociétés occidentales auraient perdu.

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Marseille : Une nouvelle fusillade a fait trois morts et trois blessés

Publié le par Pierre HAMMADI

Trois hommes ont été tués par balles vers 22h30, samedi 2 avril, au cours d'une fusillade à la cité Bassens dans les quartiers nord de Marseille. Trois autres personnes ont été légèrement blessées, alors que les premiers éléments de l'enquête suggère un nouveau règlement de comptes. En effet, le drame s'est déroulé au pied d'un immeuble dans une cité réputée pour être un point de rendez-vous entre dealers et clients.

La fusillade a éclaté au pied d'un immeuble de quatre étage de cette cité populaire des quartiers nord de Marseille, à une dizaine de mètres d'un point de vente tenu par des dealers rapporte France Bleu Provence. Les trois personnes blessées sont âgées de 18, 23 et 36 ans, touchées notamment aux mains et aux jambes. Leur pronostic vital n'est pas engagé selon la radio. Toujours selon France Bleu Provence, les tueurs ont poursuivi au moins deux des trois victimes dans une épicerie de nuit.

Pour l'heure, les circonstances exactes de la fusillade ne sont pas connues, pas plus que les armes utilisées. Le procureur adjoint de la République de Marseille confirme en effet que deux personnes ont été retrouvées mortes "dans une alimentation de nuit", au micro de France Info.

Le préfet de police a rejoint les enquêteurs sur les lieux du drame. Quant au ministre de l'Intérieur Bernard Cazeneuve, il a réaffirmé dans la nuit "la détermination absolue du gouvernement à éradiquer la criminalité organisée, alors qu'une fusillade a provoqué le décès de trois personnes". Avant d'assurer, dans le même communiqué, que "la République rattrapera et jugera les auteurs de ces crimes".

Depuis le début de l'année, au moins huit personnes sont mortes par balle en pleine rue à Marseille. "C'est dramatique et désespérant", déclare la maire du huitième secteur de la ville, la sénatrice socialiste Samia Ghali. "Ca ne donne pas beaucoup d'espoir pour les générations à venir. Il y a un vrai travail de fond à faire", ajoute Samia Ghali.

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VIDEO - Un policier renvoyé en correctionnelle pour avoir frappé un lycéen à Paris

Publié le par Pierre HAMMADI

Le procès est prévu pour le mois de mai. Le policier mis en cause dans une vidéo où on le voit frapper un lycéen à Paris en marge de manifestations contre le projet de loi travail, le 24 mars, a été renvoyé par le parquet devant le tribunal correctionnel, a-t-on appris ce samedi de source judiciaire.

Ce gardien de la paix de 26 ans sera jugé en mai pour violences volontaires par personne dépositaire de l'autorité publique sur le lycéen de 15 ans. Il avait été placé en garde à vue jeudi 31 mars à l'Inspection générale de la police judiciaire (IGPN). La police des polices cherche également à identifier un autre policier, filmé lui en train d'utiliser sa matraque télescopique de manière "illégale".

Sur cette vidéo - prise jeudi 24 mars, près du lycée Henri-Bergson - qui avait été partagée de nombreuses fois, on y entend notamment les policiers crier à l’adolescent de 15 ans : "Lève-toi ! Lève-toi !". Et alors qu’il s’exécute pacifiquement, un policier lui assène un violent coup qui le projette au sol. Le lendemain, les lycéens s’étaient rassemblés devant Bergson pour dénoncer les violences policières. Un cortège de jeunes, s’était ensuite dirigé vers le commissariat central du 10e arrondissement, puis vers celui du 19e.

Là, au son de slogans anti-police, ils avaient renversé des poubelles, des barrières et jeté des projectiles contre les façades du bâtiment. Depuis, de nouvelles vidéos faisant état de violences policières ont été relayées par des parents d’élèves (F.C.P.E - Fédération des Conseils de Parents d'Élève).

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Les organisateurs de "Nuit Debout" appellent à de nouveaux rassemblements

Publié le par Pierre HAMMADI

"Le 31 mars, on ne rentre pas chez nous", avaient-ils promis. Ils ont tenu parole. Jeudi, après la manifestation contre la loi Travail, des centaines de personnes, 4.000 selon les organisateurs, se sont rassemblées sur la place de la République, à Paris, où ils ont passé une bonne partie de la nuit. Un mouvement baptisé "Nuit Debout" et imité dans plusieurs villes de France.

À Paris, un concert, une projection du film Merci Patron ! mais surtout des débats politiques étaient organisés, jusqu'à l'expulsion des derniers irréductibles par la police à 5 heures du matin.

La "Nuit Debout" est d'abord née d'une frustration, explique Camille à francetvinfo : "On était un peu déprimés par les résultats des élections régionales. Autour de nous, on a eu l'impression d'une torpeur généralisée. A cela s'ajoutaient les attentats…" Autour de la rédaction du journal indépendant Fakir (qui se définit comme un "journal fâché avec tout le monde. Ou presque"), l'envie d'une réaction monte.

Ce sentiment va croiser une autre dynamique. Le fondateur de Fakir, François Ruffin, se prépare à sortir son premier film, "Merci Patron !". Le documentaire, qui raconte comment deux chômeurs, licenciés par le groupe LVMH, ont piégé son patron Bernard Arnault, est devenu un "phénomène" en salles, avec 150.000 entrées en un mois, raconte Télérama.

"C'est un film réjouissant, et qui répond bien au contexte actuel autour de la loi Travail", explique Camille. Avant même sa sortie, l'équipe de Fakir, dont la jeune femme fait partie, "a senti une énergie chez les gens qui sortaient du film. On s'est dit que ce serait dommage de la laisser filer".

Frustrés par les manifestations, les initiateurs de la "Nuit Debout" expliquent avoir voulu créer "un espace de débat et de fête". Ils se défendent d'avoir une ligne politique. "On est de gauche et on n'aime pas le PS, mais j'imagine qu'on n'est pas tous sur la même ligne", confie Camille.

Pour la deuxième fois consécutive, les manifestants qui occupaient la place de la République à Paris, ont été évacués à partir de 6 heures ce samedi matin par la police, rapporte France Info. "80 militants ont été évacués à 5h25" selon une source policière. Quelques centaines de personnes s'étaient massées sur la place vendredi à 18 heures précise Le Monde.

La place avait d'abord été occupée à l'issue de la manifestation du jeudi 31 mars contre la loi Travail, jusqu'à être évacuée dans le calme le vendredi vers 5 heures du matin, alors qu'une cinquantaine de personnes s'y trouvait encore.

Ce samedi 2 avril, l'évacuation aurait été "plus musclée", indique un journaliste d'iTELE sur place, alors qu'un militant du Nouveau parti anticapitaliste (NPA) indique lui à France Info que les CRS distribuaient des "coups de matraque". "L'évacuation s'est bien passée" avance de son côté une source policière.

Les "indignés" français, en référence au mouvement espagnol du même nom qui pratiquait l'occupation des places publiques en mai 2011, ne s'avouent pas vaincus pour autant. Le leader du NPA Olivier Besancenot appelle en effet les intéressés à réinvestir la place dès 14h ce samedi.

Les organisateurs appellent ce dimanche sur leur compte Twitter à réinvestir la place de la République à partir de 13h30.

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Des soldats français accusés de viols en Centrafrique

Publié le par Pierre HAMMADI

La France a promis jeudi 31 mars de faire "toute la lumière" sur les accusations de viols commis par ses soldats en Centrafrique, les Nations unies étant une nouvelle fois ébranlées par plus d'une centaine d'allégations de sévices visant aussi ses Casques bleus dans le pays.

"Les cas d'abus et d'exploitation sexuels allégués sont particulièrement révoltants et odieux", a dénoncé l'ambassadeur français auprès des Nations unies François Delattre, à propos d'accusations de violences sexuelles et même de bestialité révélées par l'ONU quelques heures plus tôt.

Ainsi, l'organisation a reçu des La France a promis jeudi 31 mars de faire "toute la lumière" sur les accusations de viols commis par ses soldats en Centrafrique, les Nations unies étant une nouvelle fois ébranlées par plus d'une centaine d'allégations de sévices visant aussi ses Casques bleus dans le pays.

"Les cas d'abus et d'exploitation sexuels allégués sont particulièrement révoltants et odieux", a dénoncé l'ambassadeur français auprès des Nations unies François Delattre, à propos d'accusations de violences sexuelles et même de bestialité révélées par l'ONU quelques heures plus tôt.

Ainsi, l'organisation a reçu des informations indiquant que des soldats français de la force Sangaris auraient forcé en 2014 des jeunes filles à avoir des rapports sexuels avec des animaux en échange d'une petite somme d'argent, a indiqué à l'AFP un de ses responsables à New York.

Selon l'ONG AIDS-Free World, trois jeunes filles ont affirmé à un officier des Nations unies qu'elles avaient été déshabillées et attachées par un militaire de Sangaris dans un camp puis forcées d'avoir des relations sexuelles avec un chien.

François Delattre a promis de "faire toute la lumière" sur ces allégations visant des soldats de la force Sangaris, qui faisait déjà l'objet d'une enquête de la justice française pour d'autres cas présumés de viols dans ce pays meurtri par des années de guerre.

L'ONU enquête de son côté sur les nouvelles accusations "révoltantes" de sévices commis par ces soldats français ainsi que des Casques bleus de l'ONU, son secrétaire général Ban Ki-moon se disant "profondément choqué".

Des responsables de l'ONU ont pu interroger 108 victimes présumées d'abus sexuels, en "grande majorité" des mineures, a indiqué son porte-parole, Stephane Dujarric.

La France a envoyé sa force d'intervention Sangaris en Centrafrique en décembre 2013 pour stopper les massacres intracommunautaires. Ces soldats ne font pas partie des Casques bleus mais le Conseil de sécurité les a chargés d'aider au rétablissement de la paix.

Le Haut-commissaire aux droits de l'homme de l'ONU, Zeid Ra'ad Al Hussein, a déclaré prendre les dernières accusations, "dont certaines sont particulièrement odieuses, extrêmement au sérieux". "Aucun effort ne doit être ménagé" dans l'enquête des Nations unies, a-t-il dit.

Concernant les abus attribués aux soldats français, "il est clair que si les faits étaient établis, des sanctions disciplinaires exemplaires seraient prononcées, en complément de la réponse pénale", a assuré l'ambassadeur François Delattre.

S'attaquant pour la première fois à ce fléau, le Conseil de sécurité des Nations unies a adopté avec difficulté le 11 mars une résolution qui prévoit de rapatrier des contingents entiers de Casques bleus en cas de soupçon de viols ou d'abus.
informations indiquant que des soldats français de la force Sangaris auraient forcé en 2014 des jeunes filles à avoir des rapports sexuels avec des animaux en échange d'une petite somme d'argent, a indiqué à l'AFP un de ses responsables à New York.

Selon l'ONG AIDS-Free World, trois jeunes filles ont affirmé à un officier des Nations unies qu'elles avaient été déshabillées et attachées par un militaire de Sangaris dans un camp puis forcées d'avoir des relations sexuelles avec un chien.

François Delattre a promis de "faire toute la lumière" sur ces allégations visant des soldats de la force Sangaris, qui faisait déjà l'objet d'une enquête de la justice française pour d'autres cas présumés de viols dans ce pays meurtri par des années de guerre.

L'ONU enquête de son côté sur les nouvelles accusations "révoltantes" de sévices commis par ces soldats français ainsi que des Casques bleus de l'ONU, son secrétaire général Ban Ki-moon se disant "profondément choqué".

Des responsables de l'ONU ont pu interroger 108 victimes présumées d'abus sexuels, en "grande majorité" des mineures, a indiqué son porte-parole, Stephane Dujarric.

La France a envoyé sa force d'intervention Sangaris en Centrafrique en décembre 2013 pour stopper les massacres intracommunautaires. Ces soldats ne font pas partie des Casques bleus mais le Conseil de sécurité les a chargés d'aider au rétablissement de la paix.

Le Haut-commissaire aux droits de l'homme de l'ONU, Zeid Ra'ad Al Hussein, a déclaré prendre les dernières accusations, "dont certaines sont particulièrement odieuses, extrêmement au sérieux". "Aucun effort ne doit être ménagé" dans l'enquête des Nations unies, a-t-il dit.

Concernant les abus attribués aux soldats français, "il est clair que si les faits étaient établis, des sanctions disciplinaires exemplaires seraient prononcées, en complément de la réponse pénale", a assuré l'ambassadeur François Delattre.

S'attaquant pour la première fois à ce fléau, le Conseil de sécurité des Nations unies a adopté avec difficulté le 11 mars une résolution qui prévoit de rapatrier des contingents entiers de Casques bleus en cas de soupçon de viols ou d'abus.

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Pédophilie : un nouveau prêtre lyonnais soupçonné d'agressions sexuelles

Publié le par Pierre HAMMADI

La justice enquête sur une nouvelle affaire de prêtre soupçonné d'agressions sexuelles. Le prêtre suspecté officie dans le deuxième arrondissement de la ville selon M6info, qui ajoute que "de nouveaux témoignages portés récemment à la connaissance de la justice" ont conduit le parquet à rouvrir une enquête ouverte en 2006.

Selon une source proche du dossier, les faits d'agressions mis en cause concernent "une fille", dont l'âge n'a pas été précisé.

Cette enquête s'ajoute à l'information judiciaire ouverte à l'encontre du père Bernard Preynat, mis en examen fin janvier pour des faits d'agressions sexuelles commis il y a plus de 25 ans sur de jeunes scouts qu'il encadrait dans la banlieue de Lyon.

Deux autres enquêtes préliminaires sont également ouvertes, visant cette fois le cardinal Philippe Barbarin parmi d'autres responsables religieux, pour des faits de "non-dénonciation" d'agressions sexuelles. Dans ce cadre, la police a perquisitionné, mercredi, les locaux de l'évêché à Lyon.

A l'origine de ces enquêtes, des plaintes de victimes qui reprochent à Mgr Barbarin de ne pas avoir informé la justice des agissements du père Bernard Preynat, mis en examen, le 27 janvier, pour des agressions sexuelles commises entre 1986 et 1991 sur des scouts. Et d'avoir laissé ce religieux en poste jusqu'en 2015.

Une autre victime, qui exerce aujourd'hui une fonction importante au ministère de l'Intérieur, accuse aussi l'évêque d'avoir fermé les yeux sur les agressions d'un autre prêtre lyonnais dont il dit avoir été victime dans les années 1990.

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Loi Travail : 1,2 million de manifestants, nouvelles actions en vue

Publié le par Pierre HAMMADI

Des grèves et des manifestations ont eu lieu jeudi 31 mars dans toute la France pour demander le retrait du projet de loi Travail porté par Myriam El Khomri. Dans les gares, les métros, les aéroports ou sur la route, le trafic a été très perturbé. Des rassemblements ternis par quelques échauffourées.

Ils étaient entre 390.000 et 1,2 million de personnes dans les rues. Comme souvent en pareilles circonstances, les chiffres des syndicats et de la police divergent. Pour la police, les manifestants n'étaient que 390.000 à battre le pavé à travers la France, dont 26.000 à 28. 000 à Paris. Au total, la police a dénombré 233 rassemblements. Le décompte des syndicats CGT et FO fait état de 1,2 million de personnes dans les rues, dont 160.000 à Paris.

Le 9 mars, la police avait compté 224.000 manifestants, les syndicats 400.000 à 500.000.

Des heurts ont éclaté en marge de plusieurs cortèges. Dans la capitale, des jeunes cagoulés ont lancé des projectiles sur les forces de l'ordre, de même qu'à Rennes ou Grenoble. A Nantes, certains ont affronté la police qui a fait usage de canons à eau. En tout, une cinquantaine de personnes ont été interpellées, et une vingtaine de policiers blessés.

À Nantes, dès le début de la manifestation à 11H00, plusieurs dizaines de jeunes, le visage dissimulé, ont lancé divers projectiles (cailloux, bouteilles en verre ...) devant l'opéra, les forces de l'ordre répliquant avec des gaz lacrymogènes. Plusieurs véhicules ont été incendiés.

"ll faut que le gouvernement prenne en compte ce qui se passe", a déclaré le secrétaire général de la CGT, Philippe Martinez.

Dans un communiqué, la CGT, FO, Solidaires, FSU, Unef, FIDL et l'UNL ont annoncé la tenue de nouvelles "actions, grèves et manifestations, notamment le 5 avril en direction des parlementaires, le samedi 9 avril et après, jusqu'au retrait de ce projet de loi et pour l'obtention de nouveaux droits sociaux".

 

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Terrorisme : Dans l'appartement de Reda kriket, un véritable arsenal de guerre

Publié le par Pierre HAMMADI

Arrêté jeudi 24 mars à Boulogne-Billancourt, Reda Kriket n'a pas livré beaucoup de détails sur son projet, en dépit des armes et des explosifs retrouvés dans un appartement d'Argenteuil.

Le Français de 34 ans a tout de même été mis en examen pour "participation à une association de malfaiteurs terroriste criminelle, c'est-à-dire en vue de la préparation d'un ou plusieurs crimes d'atteinte aux personnes", "acquisition, détention et cession d'armes de catégories A et B en bande organisée", "fabrication en bande organisée d'engins explosifs ou incendiaires" et "détention et transports de substances et produits incendiaires ou explosifs en vue de la préparation d'atteinte aux personnes par substance explosive".

Il a dans la foulée été placé en détention provisoire, a expliqué le procureur de la République François Molins, lors d'une conférence de presse organisée ce mercredi soir. Et pour cause, c'est un véritable arsenal de guerre, d'une ampleur "inédite", qui a été découvert dans l'appartement conspiratif d'Argenteuil. Les enquêteurs ont mis la main sur "un arsenal qui constituait les préparatifs d'une action terroriste imminente", a-t-il expliqué, dont :

- Des "éléments chimiques" et des "explosifs" : "trois bouteilles d'eau oxygénée, de l'acétone, un Tupperware contenant 105 g de TATP, deux bidons de 10 et 15 litres contenant de l'acide, des doseurs", détaille le procureur. "Six fioles de glycérine acide et 1,3 kg d'explosifs industriel" et quatre cartons contenant "des milliers de billes d'acier".

- Des "éléments électriques": comme des composants pour la confection de détonateurs, avec notamment "un détonateur à seringue rempli de poudre avec alimentation électrique prêt à l'emploi".

- Des "armes": "cinq fusils d'assaut kalachnikov et leurs chargeurs, un pistolet mitrailleur d'origine croate (...), sept armes de poings" et de "très nombreuses munitions".

- "Cinq passeports français volés", que Kriket affirme avoir achetés à Barbès, un quartier du 18e arrondissement de Paris.

- "Sept téléphones neufs", prêt à l'emploi.

- "Deux ordinateurs", dont l'exploitation a permis de faire apparaître "de la documentation en lien avec des groupes djihadistes et des informations concernant la fabrication artisanale de produits explosifs".

"Tout laisse à penser que la découverte de cette cache a permis d'éviter la commission d'une action d'une extrême violence par un réseau terroriste prêt à passer à l'acte", a ajouté François Molins.

"A ce stade des investigations aucune cible précise projetée n'a pu être identifiée". Le suspect a donné peu d'explications durant sa garde à vue, disant avoir loué le logement d'Argenteuil à l'été 2015 "à la demande d'un tiers" et minimisant son rôle, a expliqué le procureur de la République, qui a précisé que le loyer était réglé tous les mois "en liquide".

Les enquêteurs sont remontés à Reda Kriket après avoir identifié Anis Bahri, son principal complice présumé interpellé dimanche à Rotterdam, aux Pays-Bas. Pas moins de 45 kg de munitions de calibre 7,62, du type de celles utilisées avec des kalachnikovs ont été retrouvés lors des perquisitions menées aux Pays-Bas, selon des sources policière et proche de l'enquête.

Les deux hommes sont "soupçonnés" de s'être rendus en Syrie entre "fin 2014 et début 2015", a encore indiqué le procureur de la République. Ils sont aussi suspectés, depuis leur retour de Syrie, d'avoir fait des allers-retours entre la France, la Belgique et les Pays-Bas.

Condamné à de multiples reprises en France pour des faits de violences ou de vol, notamment à Nanterre à cinq ans de prison pour sa participation à une expédition punitive, Reda Kriket n'est pas un inconnu des services antiterroristes. Il a été également été condamné en son absence en juillet 2015 en Belgique au procès d'une filière djihadiste vers la Syrie.

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Déchéance de nationalité : François Hollande renonce à la révision constitutionnelle

Publié le par Pierre HAMMADI

Ce mercredi midi, le président s'est exprimé depuis l'Elysée pour expliquer qu'il abandonnait le projet de révision constitutionnelle, dont la mesure controversée d'extension de la déchéance de nationalité, après quatre mois de débats agités.

Dans une déclaration solennelle, François Hollande a rappelé qu'il avait proposé une révision constitutionnelle "trois jours après les attentats du 13 novembre". "Je l'avais fait en appelant à un dépassement des frontières partisanes, pour rassembler les Français, il fallait qu'il y ait un acte qui puisse témoigner de ce que nous voulions faire», a expliqué le chef de l'Etat, tout en soulignant que la menace terroriste «reste plus élevée que jamais".

"Je constate aujourd'hui que l'Assemblée nationale et le Sénat ne sont pas parvenus à se mettre d'accord et qu'un compromis parait hors d'atteinte" sur la question de la déchéance de nationalité, a reconnu le président. "Je constate qu'une partie de l'opposition est hostile à toute révision constitutionnelle, je déplore profondément cette attitude car nous devons tout faire pour éviter les divisions et écarter les surenchères", a-t-il encore insisté cherchant à faire porter l'échec de ce projet à la droite.

"Aussi, a fini par déclarer François Hollande, j'ai décidé de clore le débat constitutionnel". Le président a en revanche promis qu'il ne "dévierait pas de ses engagements pour assurer la sécurité de notre pays et pour protéger les Français contre le terrorisme". "C'est mon devoir je l'assumerais jusqu'au bout", a-t-il conclu.

La réforme était dans l'impasse depuis que le Sénat avait voté un texte différent de celui de l'Assemblée. Les sénateurs ont réservé l'extension de la déchéance de nationalité aux seuls binationaux, arguant ne pas vouloir créer d'apatrides, là où l'Assemblée l'avait théoriquement étendue à tous les Français afin de ne pas créer de discriminations. Le texte de l'Assemblée avait recueilli le vote de plus de 3/5e des députés, celui du Sénat, à majorité de droite, a été adopté à la majorité simple.

Le président de la République a pris la parole après avoir reçu une nouvelle fois le président du Sénat, Gérard Larcher (Les Républicains), et celui de l'Assemblée nationale, Claude Bartolone (PS), comme il l'avait fait la semaine dernière après le vote du Sénat modifiant la mouture de l'Assemblée.

Ce renoncement est un revers pour le président de la République. "Tout ça ressemble à une pantalonnade", a fustigé la députée socialiste Aurélie Filippetti sur LCP. "Tout ça pour ça. On aura fracturé ce pays, on aura créé des divisions dangereuses, on aura agité des débats qui finalement n'ont fait que flatter les bas instincts de certains et ça ne débouchera sur rien, en tout cas rien d'efficace dans la lutte contre le terrorisme", a expliqué l'ancienne ministre juste avant l'allocution du président.

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Jean-Pierre Coffe, l'anti-malbouffe est mort à l'âge de 78 ans

Publié le par Pierre HAMMADI

Jean-Pierre Coffe est mort à l'âge de 78 ans dans sa maison de Lanneray, en Eure-et-Loire, annoncent ce mercredi plusieurs médias, dans des circonstances encore inconnues. Il était encore l'un des chroniqueurs de l'émission les Grosses Têtes animée par Laurent Ruquier sur RTL. Selon la radio qui a annoncé son décès, il continuait à venir chaque semaine et y était encore allé ces tout derniers jours.

L'histoire de Jean-Pierre Coffe n'a pas commencé à la télévision. Plus jeune, c'est dans l'édition que l'homme a fait ses premières armes, avant de se tourner vers la restauration en ouvrant, dès 1976, deux restaurants dans la capitale.

Mais c'est bien la télévision qui l'a rendu célèbre, friand de ses coups de gueule contre la malbouffe, de son fort caractère. C'est ensuite aux côtés de Michel Drucker qu'il a acquis sa plus grande notoriété, en devenant dès 2003 chroniqueur pour l'émission Vivement dimanche prochain.

Il avait débuté sa carrière à la télévision, sur Canal + dès 1984. A l'époque, il faisait office de chroniqueur culinaire pour plusieurs émissions de la chaîne cryptée, embauché alors par Michel Denisot en personne. C'est huit ans plus tard que le fameux "Ça, c'est de la merde", sera lâché pour la seule et unique fois à la télévision. L'expression ne le quittera plus.

Jean-Pierre Coffe finira par se raconter dans une biographie publiée le 6 mai 2015. Une vie de Coffe, un ouvrage sans concession, narrant l'histoire d'un homme qui a vu sa femme avorter en cachette, découvrant le corps de son fils dans le bidet des toilettes. L'histoire d'un homme qui a vu sa fille mourir d'un cancer alors qu'elle n'avait que 37 ans. L'histoire d'un homme à la vie sexuelle libérée découvrant sur le tard une homosexualité finalement assumée. L'histoire d'un homme, enfin, qui s'est difficilement remis d'un AVC déclencheur d'envies suicidaires.

Crâne rasé, ses célèbres lunettes rondes et colorées sur le nez, ce bon vivant piquait volontiers des colères, comme ses célèbres sorties contre le jambon sous vide. Convaincu que l'on pouvait bien manger pour pas cher, Jean-Pierre Coffe appelait les consommateurs à "changer leurs habitudes alimentaires", à privilégier les produits de saison, à renouer avec le plaisir de cuisiner. Il ira au bout de cette logique en assurant la publicité pour le "hard-discounter" Leader Price. Une initiative qu'il défendra bec et ongles.

L'animateur, qui affirmait toujours payer l'addition dans les restaurants parce que "la liberté est à ce prix-là", a également signé une soixantaine d'ouvrages sur la cuisine et le jardinage, de livres de recettes.

Jean-Pierre Coffe, dont le père est mort à la guerre en 1940, deux ans après sa naissance à Lunéville, en Meurthe-et-Moselle, a été élevé dans une maison bourgeoise par sa mère, coiffeuse, sa grand-mère cuisinière et son grand-père maraîcher.

Placé dans une famille en tant que pupille de la nation, il a également passé une année dans la campagne jurassienne. Mais plus que de poules courant dans les prés et de légumes verts, il rêvait, adolescent, de devenir comédien. Il s'est inscrit au Cours Simon à Paris.

Il est d'ailleurs apparu dans plusieurs films dans les années 70 et 80 (Violette Nozière de Claude Chabrol, La clé sur la porte d'Yves Boisset...) ainsi que dans des téléfilms.

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