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Syrie : L'Etat islamique, le régime et la Russie unis pour exploiter un champ de gaz

Publié le par Pierre HAMMADI

A 75 kilomètres au sud-ouest de Rakka, la "capitale" syrienne de facto de l’organisation Etat islamique (EI), des torchères continuent d’éclairer de nuit un coin perdu dans la steppe. Le champ de gaz de Twinan et son usine attenante ont été épargnés par les bombardements et les combats qui ravagent le pays.

Si l’on excepte un raid aérien de la coalition menée par les Etats-Unis, qui a brièvement interrompu la production début décembre 2015. Jusque-là, le complexe a bénéficié de la bienveillance intéressée des autres belligérants : l’installation a été au cœur d’un accord impliquant les djihadistes de l’EI et le régime.

Dès octobre 2014, le collectif d’activistes anti-EI "Rakka se fait massacrer en silence" dénonçait un arrangement entre le régime et les djihadistes pour se partager la production du site. Mais, comme l’a révélé dernièrement la revue Foreign Policy et comme l’ont confirmé au Monde des sources syriennes, le rôle d’un troisième acteur dans cet accord contre nature intrigue au plus au point : il s’agit de la société russe Stroytransgaz.

Tout commence en 2007, quand la Syrie accorde, pour 160 millions d’euros, le contrat de la construction clés en main de l’une des plus grandes installations gazières du pays à l’entreprise Stroytransgaz, détenue par l’oligarque Guennadi Timtchenko, et épaulée par une société syrienne, Hesco, propriété de l’homme d’affaires George Haswani. Deux hommes très proches des dirigeants de leurs pays respectifs, Vladimir Poutine et Bachar Al-Assad.

Les travaux, débutés en 2007, s’interrompent en janvier 2013 quand une coalition rebelle et le Front Al-Nosra, la branche d’Al-Qaida en Syrie, prennent le contrôle de la région et du complexe, avant d’en être chassés à leur tour par l’Etat islamique en janvier 2014.

L’arrivée des djihadistes de l’EI va avoir une conséquence inattendue sur les installations de Twinan : les travaux reprennent. Le 12 janvier, le quotidien gouvernemental syrien Tishreen annonce même, sur la foi d’informations officielles, la "livraison au ministère de l’énergie et pour la fin de l’année de l’usine de Twinan par Stroytransgaz".

Les négociations entre l’EI, le régime syrien et Hesco débutent très rapidement, début 2015.

Le "Loyer" fixé par les djihadistes de l’EI en contrepartie de la protection des installations est alors fixé à 15 millions de lires syriennes (72.000 euros) mensuellement, auxquels s’ajoutent des taxes dont l’EI s’est fait une spécialité dès lors qu’il s’agit de remplir ses caisses.

Ainsi, des employés chrétiens se sont vu imposer "24 grammes or en guise de jizya [l’impôt dû par les non-musulmans], payés par Hesco. La plupart ont été exfiltrés après des intimidations de la part de membres de l’EI", selon des témoignages d’anciens employés parvenus au Monde.

Après deux mois de négociations, les deux parties conviennent finalement de se partager la production de la centrale électrique d’Alep, alors contrôlée par l’EI et alimentée par le gaz de Twinan : 50 mégawatts allant au régime et 70 mégawatts à l’organisation djihadiste, selon Bachir Al-Ibad et "Rakka se fait massacrer en silence". Une répartition confirmée par Ayn Al-Madina. Selon les calculs de la revue, l’EI engrange alors 120.000 dollars (109.000 euros) par jour.

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Les députés pour la retenue de quatre heures et pour un usage assoupli des armes par les forces de l'ordre

Publié le par Pierre HAMMADI

L'Assemblée nationale a voté ce mercredi la disposition visant à créer un nouveau cas de "retenue pour examen de la situation administrative" à l'encontre d'une personne susceptible d'être liée à une activité de nature terroriste.

Ce texte doit à terme prendre le relais de l'état d'urgence, en vigueur dans le pays depuis les attentats de novembre.

La retenue de quatre heures existe déjà en droit français. Elle a été consacrée dans la loi relative à l'immigration et à l'intégration du 24 juillet 2006. Il s'agissait de vérifier l'identité d'un individu.

Avec cette mesure, le gouvernement élargit la possibilité de recourir à la retenue. Il s'agit cette fois de vérifier la situation d'une personne, et non plus seulement son identité. En clair, déterminer si oui ou non tel ou tel individu est directement lié à une entreprise terroriste.

Pour défendre son texte, le gouvernement explique que ces quatre heures sont particulièrement précieuses dans le cadre d'une enquête antiterroriste. Elles peuvent par exemple permettre de contacter des services de renseignement, y compris ceux de pays étrangers, pour obtenir un maximum d'informations sur tel ou tel individu.

Au cours de ces quatre heures, la personne retenue ne pourra faire l'objet d'aucune audition. C'est l'un des principaux aménagements obtenus par les députés dans le cadre de cet article. Il s'agissait pour le rapporteur à l'origine de l'amendement de créer une différence nette et incontestable entre la retenue et la garde à vue.

Avant l'adoption de cet amendement, plusieurs députés réclamaient l'assistance obligatoire d'un avocat. Leurs propositions ont donc été rejetées.

L'Assemblée nationale a voté également l'assouplissement des règles d'usage des armes par les forces de l'ordre, dans le cadre du projet post-attentats de réforme pénale examiné en première lecture. A côté des cas de légitime défense, un nouveau régime d'irresponsabilité pénale doit bénéficier aux policiers, gendarmes, douaniers et militaires qui auront fait un usage de leur arme en cas "d'absolue nécessité" contre quelqu'un qui vient de commettre ou tenter de commettre un meurtre et qui s'apprête à recommencer.

Cette mesure clé du projet de loi de "lutte contre le crime organisé, le terrorisme et leur financement" vise "à sécuriser l'action des forces de l'ordre" lors du "périple meurtrier" de personnes, comme ce fut le cas lors des attentats de janvier et novembre 2015, a dit le ministre de l'Intérieur Bernard Cazeneuve, qui a promis des actions de formation et d'entraînement.

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Calais : deux migrants iraniens se sont cousus les lèvres pour protester

Publié le par Pierre HAMMADI

Le démantèlement de la partie sud de la "jungle" de Calais s'est poursuivi mercredi 2 mars et pour la troisième journée consécutive dans le calme mais toujours sous haute sécurité policière.

Sur place, deux migrants iraniens se sont cousus les lèvres pour protester contre le sort qui leur ait réservé.

Cette action est identique à celle menée par cinq migrants iraniens fin novembre à la frontière gréco-macédonienne, qui protestaient contre le refus de la Macédoine de les laisser passer.

Mercredi matin, peu après 8h30, les employés de la Sogéa, société mandatée par l'Etat pour démanteler la partie sud de la "jungle" de Calais, devenue le plus grand bidonville de France, avaient repris leurs opérations.

"Il faut sortir, ça va démolir", avertissaient les policiers sur place, en tapant sur les abris de fortune encore sur pied pour en déloger les occupants toujours présents. Y compris ceux qui réclamaient d'au moins terminer leur petit-déjeuner, sommés de s'en aller, comme le raconte Mariam, une salariée du Secours catholique. "Les gens se sont résignés, ils baissent les bras", dit-elle à l'AFP pour expliquer aussi le calme ambiant.

Alors que les équipes de services de l'Etat (les "maraudes sociales") tentaient à nouveau d'encourager les migrants à accepter une solution de relogement, le sous-préfet de Calais Vincent Berton a affirmé que "200 places étaient encore libres (sur les 1500)" dans le centre d’accueil provisoire (CAP) constitué de conteneurs chauffés et "300 autres au sein des tentes bleues de la sécurité civile (sur 500 disponibles)".

Il a également réaffirmé que les migrants étaient invités prioritairement à rejoindre l'un des 102 centres d'accueil et d'orientation (CAO) en France où "environ 1000 places sont encore disponibles".

La nuit de mardi à mercredi a été calme aux abords de la "jungle", dont plusieurs riverains ont dit mercredi à l'AFP leur soulagement. "Cela aurait dû être fait depuis longtemps. Cela nous aurait évité désagréments et dégradations", s'est ainsi félicité Bernard, l'un d'entre eux.

"Un dispositif sécuritaire renforcé a été mis en place autour du campement pour éviter des assauts sur la rocade de la part de migrants, celui-ci a été efficace", a indiqué la préfecture du Pas-de-Calais à l'AFP.

Quelques migrants ont néanmoins été empêchés entre 3h et 5h de quitter la "jungle", où survivent entre 3700 et 7000 personnes selon les sources, pour éviter qu'ils essayent d'atteindre la rocade portuaire, où transitent les poids-lourds pour rejoindre l'Angleterre.

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Vidéo - Salon de l'agriculture : Un éleveur mécontent des prix de la viande interpelle Bruno Le Maire

Publié le par Pierre HAMMADI

Les politiques de droite et de gauche défilent au Salon de l'agriculture de Paris face à des professionnels en pleine crise. Bruno Le Maire, ancien ministre de l'Agriculture et candidat déclaré aux primaires de la droite et du centre, a été interpellé, mardi 1er mars, par un éleveur mécontent des prix de la viande.

L'échange entre l'ancien ministre, qui arpente les allées du salon pendant trois jours, et l'éleveur a été filmé.

"Monsieur le ministre, aujourd'hui, on a des producteurs qui ne sont plus protégés, qui ne peuvent plus faire respecter leurs actes de travail (...), des producteurs qui, dans les relations commerciales, devraient au moins faire respecter leurs coûts de production, et ça, c'est vous, monsieur le ministre, à travers la LME (loi de modernisation de l'économie). C'est vous, monsieur le ministre, qui avait enclenché ce système, pas seul bien entendu, mais c'est vous qui l'avez accentué."

L'éleveur, un faux billet de 100 euros dans les mains, explique que quand un consommateur dépense cette somme en viande, seuls 8 euros vont dans la poche de l'éleveur. "Ce n'est pas moi qui ait fait la loi", s'est défendu Bruno Le Maire.

Effectivement, la LME ou loi de modernisation de l'économie a été adoptée en 2008 sous le mandat de Nicolas Sarkozy et Bruno Le Maire a été ministre de l'Agriculture de 2009 à 2012. Cette loi instaure la liberté de négociation des prix entre les centrales d'achat des grandes surfaces et leurs fournisseurs.

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Moscou et Damas accusés par l'Otan d'utiliser la crise des migrants pour déstabiliser l'Europe

Publié le par Pierre HAMMADI

Le chef des forces de l’Otan en Europe, le général Philip Breedlove, a accusé Moscou et Damas, mardi 1er mars, d’utiliser la crise des migrants pour déstabiliser l’Europe.


"Ensemble, la Russie et le régime de Bachar al-Assad utilisent délibérément la migration comme une arme pour essayer de submerger les structures européennes et casser la détermination européenne", a-t-il estimé devant la commission des forces armées du Sénat américain.

Le général américain a assuré que Damas utilisait des barils d'explosifs largués par hélicoptère et Moscou les bombes non guidées dans le but de pousser des Syriens hors des frontières du pays. "Je ne vois pas d'autre raison" d'employer ces méthodes "que de mettre en mouvement les réfugiés et de faire en sorte qu'ils deviennent le problème de quelqu'un d'autre", a-t-il estimé.

Le général Breedlove a estimé par ailleurs que la Russie posait une "menace existentielle à long terme pour les États-Unis" et ses "alliés et partenaires européens".

En Ukraine, "elle continue d'utiliser" tout son pouvoir pour déstabiliser le pays, a-t-il souligné. Les séparatistes soutenus par Moscou ont "augmenté" leurs attaques récemment, avec "71 attaques sur les dernières 24 heures", a-t-il accusé.

L'administration Obama a renforcé la présence militaire en Europe pour dissuader Moscou de toute attaque contre des pays de l'Otan, en particulier les pays Baltes, et prévoit de continuer à le faire.

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Hollande insulté sur Périscope

Publié le par Pierre HAMMADI

Après la création d'un compte Twitter, Facebok et Instagram, les conseillers en communication du chef de l'Etat, ont tenté de retransmettre en direct sur Internet un échange de François Hollande avec des entrepreneurs du Web.

Le président était en effet ce matin 1er mars en déplacement dans les locaux de Showroom Privé. Les services de communication de l'Elysée ont cru bon de filmer l'événement et d'appeler à la contribution des internautes sur le réseau social Périscope. L'exercice avait déjà été effectué l'été dernier, lors d'une rencontre entre le chef de l'Etat et Xavier Niel, dans son Ecole 42. Tout s'était alors bien passé.

Cette fois-ci, l'initiative a tourné au fiasco. Comme l'on constaté les journalistes de Libération et quelques internautes suivant la retransmission, un flot d'insultes manifestement ingérable s'est déversé sur Périscope.
François Hollande a été copieusement injurié, en direct sur un média public. Sans doute une première dans l'histoire de la Ve République.

La modératrice a bien tenté de bloquer les internautes les plus virulents, elle s'est rapidement fait dépasser et, elle aussi insulter.

Entre les commentaires sur son physique, les plaisanteries sur l'absence de Martine Aubry ou de Manuel Valls, les encouragements pour Nicolas Sarkozy ou Marine Le Pen et les insultes les plus crues, les internautes ne se sont pas montrés sous leur meilleur jour.

Certains internautes ont tout de même été plus chaleureux, souhaitant une bonne journée à François Hollande, promettant de voter pour lui lors de la prochaine élection présidentielle en 2017 ou saluant l'initiative de se filmer sur Periscope.

D'autres encore ont simplement exprimé leur étonnement de voir le président de la République présent sur une application surtout utilisée par les plus jeunes.

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Loi du travail : Myriam El Khomri annule une interview, elle a " glissé dans sa douche "

Publié le par Pierre HAMMADI

"Elle a eu non pas un malaise, mais un accident domestique, et sera sur pied dès ce soir." C'est ce qu'a promis François Hollande, interrogé ce mardi lors d'un déplacement en Seine-Saint-Denis, au sujet de l'état de santé de Myriam El Khomri, hospitalisée plus tôt dans la matinée.

Des sources proches de la ministre du Travail ont précisé qu'elle s'est "cogné la tête après avoir glissé dans sa douche".

Au lendemain de l'annonce du report de son très controversé projet de loi sur le Travail, Myriam El Khomri était pourtant très attendue ce mardi matin sur le plateau de France 2. Mais la ministre du Travail a annulé sa venue à la dernière minute.
"En raison d'un souci de santé, Myriam El Khomri ne sera finalement pas présente aux 4 Vérités", a annoncé sur Twitter le journaliste de France 2 Guillaume Daret qui devait l'interroger. "Myriam El Khomri a fait un petit malaise ce matin et par prudence, elle passe des examens à l'hôpital", a ensuite indiqué son entourage.

Les rendez-vous de la ministre prévus mardi matin, notamment avec Jean-Claude Mailly, secrétaire général de Force ouvrière, ont été annulés.

Le ministre de l'Agriculture Stéphane Le Foll a affirmé sur Europe 1 : "La politique, c'est pas facile, contrairement à ce que certains laissent croire", estimant qu'"il faut être capable de dépasser les attaques du quotidien, pour pouvoir porter sa propre conviction et surtout ses projets."

Sur France Inter, son autre collègue du gouvernement Jean-Marie Le Guen a lui pointé la responsabilité de "gens de gauche". "La manière dont cette jeune ministre est attaquée, parfois par des gens de gauche, pèse beaucoup sur elle". Il a également fait savoir que Myriam El Khomri avait été victime d'un coup de fatigue il y a trois semaines.

Lundi, le gouvernement a rétropédalé et annoncé le report de deux semaines de la présentation du projet de loi sur le Travail, pour retravailler le texte et répondre à la forte opposition des syndicats et d'une partie de la gauche.

Une pétition contre le texte lancée par la militante féministe Caroline de Haas avait recueilli mardi plus de 815.000 signatures.

Le projet doit être présenté en Conseil des ministres le jeudi 24 mars au lieu du 9 mars, date initialement prévue.

Plusieurs organisations de jeunesse appellent ce mardi à un "rassemblement à Paris" le 9 mars prochain ainsi qu'à des actions partout dans le pays, pour réclamer le retrait du projet de loi Travail de la ministre Myriam El Khomri.

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Salon de l'agriculture : "Vas te cacher, petit zizi" l'interpellation d'un agriculteur à Manuel Valls

Publié le par Pierre HAMMADI

Manuel Valls a été accueilli dans une ambiance tendue ce lundi 29 février au Salon de l'agriculture, par des éleveurs soucieux de le sensibiliser à la grave crise du secteur, deux jours après l'inauguration ponctuée de sifflets et d'insultes du chef de l'Etat.

Le Premier ministre a lui aussi essuyé quelques huées et quolibets d'éleveurs désabusés, dans la partie des vaches laitières, après être arrivé bien avant l'ouverture aux visiteurs, avant 7 h, entouré d'un imposant service d'ordre.

"Vas te cacher. T'as rien compris petit zizi, tu vas pas changer l'Europe", a hurlé l'un d'eux. Un grand panneau avec une bâche noire avait été dressé, frappé du slogan : "Je suis le top de la qualité française mais ma passion ne suffit plus". "Vous êtes les pantins de l'Europe", a lancé François, éleveur dans l'Eure. "Ils sont là pour se pavaner mais ils n'ont aucun pouvoir et nous on crève".
Le Premier ministre lui a répondu sur le même ton : "On vient tous les ans. C'est toujours la même chose. Si on ne vient pas, on est des trouillards, si on vient, on vient se pavaner".

Manuel Valls a ajouté qu'après la visite la semaine passée du commissaire européen Phil Hogan, il y avait à Bruxelles aussi, "une prise de conscience de la gravité de la crise". Les éleveurs attendent "des prix rémunérateurs", il faut que le lait soit payé par les laiteries au minimum à 350 euros la tonne (35 centimes le litre contre 30 voire parfois 27 actuellement), et "pour bien réinvestir, il faudrait avoisiner les 400 euros", a expliqué José Baechler, un éleveur du Lot-et-Garonne.

Samedi, le président Hollande a annoncé que l'Etat devait "faire pression sur les distributeurs pour une vraie reconnaissance du travail de l'agriculteur". Il a annoncé vouloir modifier "avant l'été" la Loi de modernisation de l'économie (LME) adoptée en 2008, sous le quinquennat précédent, afin de garantir une meilleure protection du producteur, parent pauvre de ces négociations.

Pour les agriculteurs, la LME rebaptisée "Loi Leclerc", d'après les hyper et supermarchés du même nom, instaure la liberté de négociation des prix entre les centrales d'achat des grandes surfaces et leurs fournisseurs. Ce système permet aux premières d'imposer leurs prix et d'exiger des baisses qui pénalisent les producteurs.

Ces difficultés purement françaises, liées à l'extrême concentration des enseignes de grande distribution, défendues par quatre centrales d'achat, s'ajoutent à une crise plus conjoncturelle de surproduction, de baisse de la demande et d'embargo russe qui pèse pour ce dernier surtout sur les cours du porc.

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