VIDEO - Côte d'Ivoire : les images de l'attaque filmées par la vidéosurveillance à Grand-Bassam

Publié le 16 Mars 2016

Des images filmées dans le bar de l'hôtel Etoile du Sud, sur la plage, montrent la violence de l'attaque. La sécurité a été renforcée dans la station balnéaire de Grand-Bassam, en Côte d'Ivoire, lundi 14 mars, au lendemain de l'attaque terroriste jihadiste qui a fait au moins 18 morts près d'Abidjan.

Des images filmées par la vidéosurveillance installée sur la plage de l'hôtel Etoile du Sud et publiées lundi montrent la violence de l'attaque et la réaction des employés des lieux, mais aussi des touristes qui se trouvaient là.

L'attaque, qui a débuté à 12h30 (heure locale), a pris par surprise les personnes qui se trouvaient autour du bar de l'hôtel. Dans la vidéo, on entend des tirs à proximité, qui font fuir les employés de l'hôtel et les familles. Les rafales se rapprochent alors du point où se trouve la caméra de surveillance.

Alors que le bar est vidé de ses occupants, des personnes armées venant de la plage continuent de progresser vers l'hôtel, en tirant. Dans la seconde partie de la vidéo, on distingue deux personnes, armées de fusils, arpenter les lieux.

Le bilan de l'attaque est désormais de 15 civils, dont quatre Français, et trois membres des forces de sécurité tués. Trois assaillants ont été abattus.

VIDEO - Côte d'Ivoire : les images de l'attaque filmées par la vidéosurveillance  à Grand-Bassam

La Côte d'Ivoire a été la cible dimanche d'un attentat revendiqué par al-Qaida au Maghreb islamique (Aqmi). Un commando armé a tué dix-huit personnes - quinze civils et trois membres des forces de sécurité - lors de son attaque à Grand-Bassam, une station balnéaire située à une quarantaine de kilomètres d'Abidjan, a annoncé lundi le ministre ivoirien de l'Intérieur Hamed Bakayoko. Quatre Français figurent parmi les victimes. Trois terroristes ont par ailleurs été abattus et 33 personnes blessées.

Selon plusieurs témoins, six assaillants cagoulés et armés de fusils automatiques ont ouvert le feu au hasard, peu avant 13 heures, aux environs d'un hôtel connu des lieux, l'Étoile du Sud. Une personne sur place a affirmé qu'un des hommes criait "Allah Akbar". Abbas el-Roz, un ressortissant libanais interrogé par l'AFP, qui séjournait dans cet établissement, a raconté que l'un d'eux portait un fusil d'assaut kalachnikov et une ceinture de grenades.

Deux hôtels voisins, le Koral Beach et l'Auberge Bassamoise, ont également été visés par les assaillants. "Les forces de sécurité ivoiriennes sont intervenues immédiatement et ont pu neutraliser six terroristes ", a-t-il dit. Dans sa revendication, Aqmi a de son côté indiqué que l'attaque avait été menée par seulement «trois héros».

Le président ivoirien, Alassane Ouattara, a évoqué de son côté un bilan «lourd, les terroristes ont réussi à tuer quinze civils et nous avons perdu trois membres des forces spéciales.» François Hollande a dénoncé un «lâche attentat», promettant un "soutien logistique et de renseignement pour retrouver les agresseurs". La justice française a par ailleurs ouvert une enquête pour assassinat terroriste, en raison de la présence de quatre victimes françaises, alors que des cellules de crise ont été ouvertes à Paris et à Abidjan.

Les forces de l'ordre locales se sont déployées rapidement, vite soutenues par des troupes d'intervention et des militaires cantonnés dans la région afin de parer à ce genre d'événements. Le pont qui sépare le Quartier France, la vieille ville, de sa partie nouvelle, où se situe la majorité des hôtels et des bars, avait été coupé à la circulation et était gardé par des véhicules militaires. Des civils étaient évacués, certains mains sur la tête, tandis que des policiers et des militaires traquaient les assaillants et ratissaient la zone.

La station de Grand-Bassam, très prisée par la bourgeoisie ivoirienne et par la communauté expatriée, est une cible idéale pour des terroristes. En ce dimanche de canicule, elle était bondée. La Côte d'Ivoire se savait par ailleurs potentiellement visée par un attentat et le gouvernement avait appelé à plusieurs reprises à la vigilance.

Le pays n'a jamais été directement menacé par des groupes djihadistes sévissant au Mali comme al-Qaida au Maghreb islamique (Aqmi) ou al-Mourabitoune. Mais le risque était néanmoins réel. À l'hiver 2015, plusieurs attaques de villages avaient été enregistrées dans l'extrême sud du Mali à une dizaine de kilomètres de la frontière ivoirienne.

En envoyant leurs tueurs frapper la station balnéaire ivoirienne de Grand-Bassam, les chefs d'al-Qaida au Maghreb islamique (Aqmi) n'ont pas agi au hasard: ils ont frappé symboliquement la France, leur ennemi juré, assurent des analystes à l'AFP. Premier comptoir français dans la région au milieu du XIXe siècle, sous le nom de «Fort-Nemours», Grand-Bassam a aussi été à partir de 1893 le premier centre administratif colonial français.

"Frapper la Côte d'Ivoire, c'est bien évidemment une façon de s'en prendre à l'allié historique de la France dans la région" explique à l'AFP Antoine Glaser, africaniste qui vient de publier Arrogant comme un Français en Afrique (Fayard). Grand-Bassam, "c'est la capitale historique de la colonisation française, il y un musée avec des missionnaires, un cimetière français... C'était la cible parfaite pour envoyer un message contre la France en Afrique. C'est même étonnant que ça n'ait pas été davantage protégé".


L'armée française est de longue date présente sur le territoire ivoirien, avec actuellement six cents hommes répartis dans quatre bases, dans les environs d'Abidjan.

Rédigé par Pierre HAMMADI

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