Clichy : Une nouvelle prière de rue envisagée le vendredi 24 novembre

Publié le 17 Novembre 2017

Le conflit fait suite à la fermeture d’une salle de prière louée par la municipalité, dans laquelle "entre 3.000 et 5.000 fidèles" se réunissaient quotidiennement selon l'Union des associations musulmanes de Clichy-la-Garenne dans les hauts-de-Seine ( UAMC ). L'association louait les locaux à la mairie depuis 2013, lorsque le socialiste Gilles Catoire était maire de Clichy. Il avait transformé ces locaux en lieu cultuel.

Le bail précaire signé avec la municipalité a expiré en juillet 2016. Rémi Muzeau, le maire actuel Les Républicains (LR), élu en 2015, a alors décidé de récupérer le local pour en faire une médiathèque.

Souhaitant racheter le local, l’UAMC a refusé de quitter les lieux, malgré une décision d’expulsion du tribunal administratif de Cergy-Pontoise d’août 2016, confirmée par le Conseil d’État en novembre 2016. 

Face au problème, la préfecture a sommé à la police de déloger l’association le 21 mars. Depuis, l’UAMC appelle à des prières de rue, tous les vendredis, devant la mairie de Clichy-la-Garenne, dans une rue importante de la commune. Les fidèles musulmans accusent le maire de ne pas leur proposer de terrain adapté pour qu'ils puissent y construire un nouveau local.

Ce conflit a pris une dimension nouvelle après la manifestation, très médiatisée, d’une centaine d’élus de la droite francilienne contre les prières de rue, vendredi 10 novembre.

Parmi les maires, conseillers départementaux ou régionaux, figurait notamment la présidente LR du conseil régional d’Ile-de-France. “On ne peut pas accepter que l’espace public soit ainsi occupé. Le maire est impuissant. A l’Etat d’agir !”, a déclaré Valérie Pécresse.

Une réunion organisée jeudi 16 novembre soir à la mairie de Clichy avait pourtant apaisé la situation. Le préfet du département Pierre Soubelet avait invité les musulmans de la ville à "aller dans la salle des Trois-Pavillons", ajoutant que l'UAMC était "d'accord pour utiliser cette solution", même si elle n'était pas forcément "optimale pour eux".

Pour la première fois depuis huit mois, il n'y a pas eu de prière musulmane ce vendredi 17 novembre dans les rues de Clichy. Car la place devant la mairie est bouclée : des dizaines de CRS quadrillent la zone. Quelques fidèles sont quand même venus manifester leur désaccord.

La salle des Trois-Pavillons ne satisfait pas l'UAMC qui la juge trop exiguë et estime qu'elle n'est pas aux normes de sécurité..

L'Union des associations musulmanes de Clichy-la-Garenne (92), a l'intention d'organiser une prière de rue vendredi 24 novembre en centre-ville, a affirmé à l'AFP son avocat vendredi alors qu'une nouvelle réunion de conciliation avec la mairie est prévue lundi 20 novembre.

"On ne lâchera pas", a affirmé Arié Alimi, l'avocat de l'UAMC. Il a assuré qu'aucune prière de rue ne serait organisée ce vendredi, mais a affirmé qu'une demande de manifestation serait déposée dès ce jour en préfecture pour la semaine suivante.

"Il ne peut pas y avoir des prières de rue devant la mairie, et en même temps il faut que les musulmans puissent avoir un lieu de culte qui soit adapté", a déclaré le ministre de l'Intérieur, Gérard Collomb, en marge d'un déplacement à Bordeaux.

"Je suis plutôt dans la médiation que dans la contradiction. Il est toujours facile dans une société de diviser. Nous voulons rassembler la France dans sa diversité et non semer des éléments de discorde et faire en sorte que demain nous donnions raison, finalement, aux djihadistes qui veulent diviser la société française", a ajouté le ministre, interrogé sur ce sujet.

Des élus qui chantent la Marseillaise en même temps que la prière débute.
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Rédigé par Pierre HAMMADI

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