Partout, la grogne monte : chez les policiers, les fonctionnaires, les profs, les médecins, les salariés...

Publié le 15 Octobre 2015

Partout, la grogne monte : chez les policiers, les fonctionnaires, les profs, les médecins, les salariés d'Air France, la colère gagne la rue.

Et coup sur coup, deux images sont venues fracasser la stature du Hollande de 2012, "ennemi de la finance". C'est, mardi aux chantiers navals de Saint Nazaire, ces deux ouvriers syndicalistes CGT qui refusent de serrer la main du chef de l'Etat, lui reprochant de ne pas avoir dénoncé la "violence patronale" à Air France..

C'est encore, le même jour, ce pot de yaourt jeté en direction d'Emmanuel Macron, en déplacement à Lyon pour un colloque. Visé : le ministre de l'Economie, ce "licencieur" et "assassin de chômeurs", selon la diatribe de la participante exaspérée.

A Air France, ce qui fâche, c'est la suppression de 2.900 emplois entre 2016 et 2017 et que l'Etat ne fait pas grand chose.

Même si l'Etat est l'actionnaire principal de la compagnie (17,6%), il ne veut pas intervenir dans une entreprise privée. Officiellement, il soutient la stratégie adoptée par la direction.

Chez les médecins, ce qui fâche : la loi Santé, dont les mesures phares est la généralisation du tiers payant à tous les assurés sociaux d'ici à 2017. Le gouvernement a tenu bon, les syndicats de médecins l'accusant de passer en force alors que l'inspection générale des affaires sociales avait recommandé de réaliser avant toute généralisation du tiers payant une étude de ses conséquences financières.

Chez les agriculteurs, ce qui fâche : la somme versée aux producteurs pour le lait et la viande. Le gouvernement a promis 3 milliards d'investissement sur trois ans pour l'agriculture. Pour l'heure, la colère est redevenue muette dans les campagnes. Mais les prix sont toujours bas et des milliers d'éleveurs menacés de faillite.

Chez les fonctionnaires, ce qui fâche : Les salaires. Le point d'indice, qui sert de base de calcul aux traitements des agents des trois fonctions publiques (Etat, hôpital, territoriale), est gelé depuis 2010. Il doit le rester jusqu'en 2017. Soit une économie de 7 milliards d'euros pour l'Etat.

Pas question de dégeler le point d'indice, a répondu le gouvernement aux syndicats. Trois syndicats ont approuvé ce projet, mais trois l'ont rejeté : la CGT, FO et Solidaires qui à eux trois, pèsent plus de 50% des voix aux élections professionnelles.

Chez les enseignants, ce qui fâche : la réforme du collège prévue pour septembre 2016. La plupart des syndicats de professeurs contestent les EPI, nouveaux enseignement pratiques interdisciplinaires, la suppression des classes bi-langues et des options latin et grec.

Chez les taxis, ce qui fâche : la concurrence, jugée déloyale par les taxis, des voitures de transport avec chauffeur (VTC) et de l'application américaine UberPop qui met en relation des clients avec des particuliers propriétaires d'une voiture.

Un policier en colère : "si rien ne change, il va y avoir des incidents"...

Rédigé par PIERRE HAMMADI

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