Manifestation des Policiers : "Pour la justice, on est tous des voyous et des ripoux". Ils ne portent...

Publié le 14 Octobre 2015

Manifestation des Policiers : "Pour la justice, on est tous des voyous et des ripoux". Ils ne portent pas le même uniforme, mais ils partagent la même colère

Cette colère s'exprime dans la rue, mercredi 14 octobre, devant le ministère de la justice, place Vendôme, lors d'une manifestation organisée à l'appel de l'ensemble des syndicats de police et des associations de défense des gendarmes.

Un mécontentement qui survient huit jours après une fusillade durant laquelle un policier a été grièvement blessé à la tête par un dangereux braqueur. L'homme était en cavale, après avoir profité d'une permission pour s'évader de prison.

D'un bout à l'autre de la machine judiciaire, un lien semble être rompu. Pour Bruno, officier dans une unité de police judiciaire, "l'incompréhension entre le policier, confronté à la réalité du terrain, et l'objectif propre du service public de la justice est inévitable."

Pour Eric, qui fait partie d'une unité de brigade anticriminalité (BAC) en banlieue parisienne "la justice manque surtout de respect aux policiers. Après la plupart des interventions, le juge demande une confrontation entre la personne interpellé et le policier qui l'a placée en garde à vue. Mais à quoi ça sert alors que je sois assermenté? Pour la justice, on est tous des voyous, des moins-que-rien, des ripoux..."

"En participant à la manifestation de mercredi, le policier souhaite demander des comptes. "Mme Taubira devrait arrêter de faire des poèmes et se mettre au travail. Elle porte un message effrayant quand elle annonce la suppression des tribunaux correctionnels pour mineurs."

S'ils sont remontés contre la Chancellerie et les magistrats, tous les policiers reconnaissent qu'ils souffrent d'un manque de moyens criant et croulent sous les dossiers.

D'après Anne, "A tous les étages de la maison, les pièces sont de plus en plus désertes." " Le service où je travaille a perdu, en dix ans, environ 20% de ses effectifs, à nombre constant de dossiers."

Grégoire : "Je travaille actuellement dans un arrondissement central de Paris où il n'y a, en tout et pour tout, trois OPJ (officiers de police judiciaire) pour gérer le flagrant délit sur une plage horaire qui va de 6h30 à 20h30, 7 jours sur 7."

Du coup, la procédure est parfois confiée à des agents de la voie publique, qui moins expérimentés, commettent des erreurs. "Forcément, la réponse pénale est amoindrie parce qu'on est fatalement obligé de bâcler certaines procédures au bénéfice d'autres", regrette Grégoire.

"Le seul truc qui nous tient encore, c'est la discipline, le devoir de réserve et l'interdiction de faire grève, égrène Grégoire. Mais ça va péter à la prochaine merde."...

Rédigé par PIERRE HAMMADI

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