Refus de libération conditionnelle de Jacqueline Sauvage : "C'est incompréhensible et choquant"

Publié le 14 Août 2016

Refus de libération conditionnelle de Jacqueline Sauvage : "C'est incompréhensible et choquant"

Depuis l'annonce vendredi 12 août du refus de libération conditionnelle de Jacqueline Sauvage, 68 ans, par le tribunal d'application des peines de Melun, les voix continuent de s'élever, criant à l'injustice.

"C’est incompréhensible et choquant" ont déclaré ses avocates, Me Janine Bonaggiunta et Me Nathalie Tomasini, qui envisagent de faire appel. Le parquet a également annoncé son souhait d’en faire autant : "Nous étions favorables à ce que Madame Sauvage sorte de prison, souligne la procureure de Melun, Béatrice Angelelli. Qui plus est dans un contexte de surpopulation carcérale."

Des personnalités ont choisi de briser le silence : Sur son compte Twitter ce samedi, l'actrice Sophie Marceau s'en est pris à cette décision et notamment au motif de refus de sa libération.

"Depuis quand la prison est-elle devenue un lieu propice à la "réflexion". Encore une fois, le sort des femmes victimes de violence est non reconnu par la justice ! 10 ans de "réflexion" en cellule pour arriver à quelle conclusion ? Qu'elle méritait ce que son mari lui infligeait ? Finalement, c'est ce que la sentence de la justice laisse entendre. Le jour où notre société respectera le droit des femmes autant que celui des hommes est encore bien loin", a-t-elle écrit.

Jacqueline Sauvage, qui avait abattu de trois coups de fusil son mari violent, est devenue le symbole de la lutte des femmes battues, beaucoup d'élus et associations ont fait part de leur colère et de leur incompréhension de la savoir maintenue en prison.

Valérie Boyer, députée les Républicains, voit dans cette décision judiciaire "un signal catastrophique envoyé aux femmes battues".

La candidate à la primaire de la droite, Nathalie Kosciusko-Morizet se dit elle aussi "déçue" et appelle à "garder espoir et à rester mobilisés". Le président de l'UDI, Jean-Christophe Lagarde, a qualifié de "honteux" ce refus. "Elle ne représente aucun danger pour la société", a-t-il ajouté

La maire de Paris Anne Hidalgo, qui comme d'autres élus avait soutenu le combat de Jacqueline Sauvage pour sa libération, a jugé cette décision "incompréhensible". "Jacqueline Sauvage doit retrouver sa famille au plus vite", ajoute-t-elle.

Le secrétaire national du PCF, Pierre Laurent, a assimilé la décision à un "permis de tuer pour tous les hommes violents".

"C'est une décision incompréhensible aujourd'hui", a déclaré le président du MoDem. "Il faut souhaiter que le président de la République, qui a le droit de grâce, prenne jusqu'au bout ses responsabilités".

Alain Juppé candidat à la primaire de la droite : "La violence faite aux femmes est un des grands scandales en France. Le refus de libération conditionnelle de J. Sauvage est incompréhensible."

L'association féministe Les effronté-e-s s'est dite dans un communiqué "accablée et scandalisée" par le rejet de la demande de libération de Jacqueline Sauvage. "Nous sommes d'autant plus déçues que la mobilisation des militantes féministes avait réussi à lancer un vrai débat de fond sur les violences faites aux femmes", écrit l'association.

La grâce partielle de François Hollande n'aura finalement pas vraiment servi Jacqueline Sauvage. En décembre dernier, elle avait été condamnée en appel à 10 ans de réclusion pour le meurtre de son mari violent.

Une pétition en faveur de sa libération immédiate de Jacqueline Sauvage a déjà recueilli plus de 103.000 signatures ce dimanche

Rédigé par Pierre HAMMADI

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