Nicolas Sarkozy pour le rétablissement du service militaire pour les jeunes qui décrochent

Publié le 6 Avril 2016

À l'occasion d'une nouvelle session de Questions/Réponses sur sa page Facebook consacrée à l'éducation, le président des Républicains s'est prononcé pour la première fois en faveur du rétablissement partiel du service militaire.

Interpellé par un internaute qui l'interrogeait sur le retour de la conscription supprimée par Jacques Chirac en 1996, l'ancien président de la République a affirmé ce mardi 5 avril ne pas croire "à la possibilité de rétablir le service militaire pour toute une classe d'âge de près de 800.000" jeunes de 18 ans. En revanche, celui-ci préconise de rétablir le service militaire pour les "100.000 jeunes qui décrochent" chaque année.

Nicolas Sarkozy pour le rétablissement du service militaire pour les jeunes qui décrochent

Aujourd'hui, ces jeunes "sont laissés dans la nature, détaille-t-il. Nos propositions consistent à dire à tous ces jeunes à partir de 18 ans, soit vous avez un travail, soit vous avez une formation, soit vous partirez au service militaire car c'est la seule institution capable de resocialiser des jeunes en perte de repères".

Selon Nicolas Sarkozy, le rétablissement d'un service national obligatoire pour les décrocheurs leur offrira "la possibilité d'apprendre à se lever tôt, de se consacrer à différentes taches dans la journée, de passer le permis de conduire, d'apprendre une langue étrangère".

Déjà interrogé sur le rétablissement du service militaire lors d'une précédente session de Questions/Réponses toujours sur le réseau social, Nicolas Sarkozy avait alors botté en touche, estimant que "cela présenterait bien des avantages" tout en émettant des doutes "sur les difficultés de mise en oeuvre d'une telle mesure et surtout sur son coût".

Favorable à la réintroduction du gel des allocations familiales pour les parents d'enfants absentéistes mais hostile à la réintroduction du certificat d'études, Nicolas Sarkozy se prononce en faveur d'un ministère de l'Instruction plutôt que de l'Education.

En ce jour de mobilisation étudiante contre la loi Travail, Nicolas Sarkozy s'est également prononcé sur les blocages et les dégradations commises en marge des manifestations. Affichant sa fermeté, l'ancien président estime que "tous ceux qui ne respecteront pas la règle, qui se conduiront de manière violente à l'intérieur ou à l'extérieur" des établissements doivent être "déférés devant un juge si les actes sont passibles d'une sanction pénale" ou bien encore "envoyés dans des internats de réinsertion scolaire si besoin" et ce de manière obligatoire. Ces établissements de réinsertion scolaire (ERS), censés accueillir les élèves les plus perturbateurs, avaient été créés sous son quinquennat.

Interrogé sur la vidéo du lycéen frappé au visage par un policier qui avait soulevé une forte indignation, Nicolas Sarkozy se dit "choqué". "J'ai trouvé que le policier qui a frappé a fait là un acte disproportionné, même si être policier est très difficile". Pour autant, assure-t-il au sujet de la loi El Khomri, "je ne comprends pas [que les jeunes] se mobilisent contre une loi qui, au pire, ne leur fera pas de mal et, au mieux, ne sert à rien".

"Je peux comprendre la colère des jeunes lorsqu'ils n'ont ni espoir, ni considération. Mais je mets en garde contre toute manipulation", prévient encore l'ex-chef de l'Etat.

Rédigé par Pierre HAMMADI

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