Publié le 5 Novembre 2019

C’était il y a un an. Deux immeubles vétustes s’effondraient à Marseille, dans le quartier populaire de Noailles, tout près du Vieux Port. Le drame de la rue d'Aubagne faisait huit victimes. Leurs photos restent affichées en permanence dans le haut de la rue d’Aubagne, désormais désertée. Mardi 5 novembre, l’émotion et la colère sont toujours aussi vives dans le quartier, où habitent toujours des proches des victimes.

Les immeubles écroulés ont été remplacés par une dalle de béton entourée par un grillage. "Rien n’a changé, la situation reste catastrophique", se désole Kaouther Ben Mohamed. La fondatrice du collectif "Marseille en colère" regrette l'absence de travaux de réhabilitation depuis un an. "Nous restons dans la gestion de l’urgence. Psychologiquement, c’est intenable. Les gens n’arrivent pas à vivre. Un an après, cette rue et ce quartier ne reprennent pas vie."

Dans le haut de la rue d'Aubagne, une demi-douzaine d'immeuble a été évacuée. la plupart des habitants n'ont pas réintégré leur logement. "D'autres habitants de la rue ne savent toujours pas s'ils pourront un jour rentrer chez eux. Du 69 jusqu'au 83, les immeubles ne seront a priori plus jamais réintégrés. Ils ont été préemptés par la métropole. Sauf qu'on n'a aucune visibilité et clarté sur leur devenir. Est-ce qu'ils vont être réhabilités, détruits, reconstruits ?" s'interroge Kaouther Ben Mohamed.

Plusieurs centaines de personnes, dont des proches, ont rendu hommage, en silence, aux huit victimes des effondrements d’immeubles insalubres des 63 et 65 de la rue d’Aubagne.

Les drapeaux de la ville de Marseille mis en berne, et une minute de silence a été respectée à l’hôtel de ville. Des cérémonies auxquelles ne participera pas le maire Jean-Claude Gaudin. Celui qui dirige la ville depuis 24 ans s’est recueilli dans l’hôtel de ville, avec plusieurs de ses adjoints ainsi que la présidente (LR) du département des Bouches-du-Rhône et de la Métropole Aix-Marseille et candidate aux élections municipales, Martine Vassal. 

"En un an, nous aurons pris quantité de décisions sur l’habitat insalubre, c’est un problème national", a déclaré le maire, avant de dévoiler une plaque recouverte des couleurs bleu et blanc de la ville, portant les noms des victimes et assurant que la ville "ne les oublie pas". Elle sera installée "sur les lieux du drame" postérieurement.

Le gouvernement avait promis après le drame une enveloppe de 240 millions d'euros pour rénover les logements insalubres de la cité phocéenne. Un an après, seuls 17 millions d'euros "auront été payés ou engagés par l'Anah (agence nationale de l'habitat) pour la rénovation de Marseille", révèle une source proche du ministre sollicitée par l'AFP.

"Cela a permis de prendre en charge des mesures d'urgence pour les familles du centre-ville, le lancement des études pour les opérations de rénovation de l'habitat dégradé du centre-ville ou encore des travaux d'urgence sur les copropriétés dégradées", a-t-elle détaillé. Les 240 millions, assure cette même source, seront versés "sur dix ans".

En attendant, plus de 3.200 Marseillais ont été délogés dans toute la ville suite aux effondrements de la rue d’Aubagne. La grande majorité n'a toujours pas trouvé de solution de relogement définitive.

Près d'un an après le drame de la rue d'Aubagne à Marseille, "il y a plus de 3.100 délogés mais aussi 100.000 personnes qui vivent dans des taudis", a indiqué jeudi 10 octobre, la Fondation Abbé Pierre (Fap).

Dans les Bouches-du-Rhône, selon des chiffres compilés par la Fap, 64.086 logements sont indignes (impropres à l'habitation, insalubres et/ou dangereux), et 115.000 sont sur-occupés.

Marseille : hommage en silence aux victimes de la rue d'Aubagne
Marseille : hommage en silence aux victimes de la rue d'Aubagne
Marseille : hommage en silence aux victimes de la rue d'Aubagne
Marseille : hommage en silence aux victimes de la rue d'Aubagne
Marseille : hommage en silence aux victimes de la rue d'Aubagne
Marseille : hommage en silence aux victimes de la rue d'Aubagne
Marseille : hommage en silence aux victimes de la rue d'Aubagne

L'arrivée surprise d'une élue de l'opposition, la sénatrice PS Samia Ghali, a réveillé une colère bien présente. La municipalité est la cible des critiques, accusée d'avoir laissé l'habitat insalubre gangréner Marseille. 

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Rédigé par Pierre HAMMADI

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Publié le 5 Novembre 2019

Marseille : la sénatrice Samia Ghali chahutée par des manifestants lors de l'hommage rue d'Aubagne
Marseille : la sénatrice Samia Ghali chahutée par des manifestants lors de l'hommage rue d'Aubagne

Les minutes de silence des familles des victimes de l’effondrement des immeubles de la rue d’Aubagne, en novembre 2018, ont été suivies de huées à l’encontre de politiciens locaux, mardi matin 5 novembre.

La situation a par moment été tendue quand l'ancien élu PS Patrick Mennucci et la sénatrice PS des Bouches-du-Rhône Samia Ghali sont arrivés sur la place. Pris à partie et hués par une partie de la foule, ils ont finalement dû quitter les lieux après de longues minutes de cohue, comme le montrent ces vidéos publiées sur Twitter par plusieurs journalistes. 

Les images montrent notamment Samia Ghali, prise à partie par plusieurs participants lui intimant de quitter les commémorations. 

"Cassez-vous !", "dégagez !", "ni oubli, ni pardon" pouvait-on entendre dans la foule. 

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Rédigé par Pierre HAMMADI

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Publié le 3 Novembre 2019

Tombes vandalisées à Cognac : un jeune homme de 19 ans placé sous contrôle judiciaire
Tombes vandalisées à Cognac : un jeune homme de 19 ans placé sous contrôle judiciaire
Tombes vandalisées à Cognac : un jeune homme de 19 ans placé sous contrôle judiciaire
Tombes vandalisées à Cognac : un jeune homme de 19 ans placé sous contrôle judiciaire

Un jeune homme de 19 ans a été arrêté vendredi soir 1er novembre dans le cadre de la dégradation de tombes dans la nuit de lundi à mardi et la suivante dans le cimetière du Brueil , à Cognac (Charente).

Un geste qu'il a dit inspiré par son "satanisme". Il a été déféré devant le parquet d’Angoulême samedi et devra se soumettre à une expertise psychiatrique, afin de déterminer son degré de responsabilité pénale, en vue d'une comparution devant le tribunal correctionnel en février 2020, pour "dégradation ou destruction de bien d'autrui à raison de la religion".

Le jeune homme, qui a priori a agi seul, s'est revendiqué "sataniste", "haïssant la religion", particulièrement catholique, et a expliqué que "des voix lui disaient de faire certaines choses", a-t-on précisé de source judiciaire.

Il a été placé sous contrôle judiciaire, avec obligation de soins, et interdiction notamment de sortir de chez ses parents, seul, la nuit.

À deux jours de la "fête des morts", une centaine de tombes avaient été vandalisées et endommagées, et des symboles chrétiens abîmés - croix, crucifix, anges, renversés ou brisés - mercredi dans l'un des deux cimetières que compte la commune de Cognac de 20.000 habitants.

"Ce sont des employés de la ville qui ont découvert les dégâts mercredi matin. D'autres personnes venues fleurir un carré militaire étaient présentes", a indiqué le maire de la ville, Michel Gourinchas

Le cimetière du Brueil compte environ 4.500 concessions. Cent touchées, c'est beaucoup", a noté Claude Grindet, conseiller délégué chargé de l’urbanisme réglementaire, de l’autorisation des sols, des cimetières et des bâtiments communaux à Cognac".

"Lorsque les morts ne sont plus respectés, c’est l’humanité entière qui est atteinte dans sa dignité" a écrit Monseigneur Gosselin, l'évêque d'Angoulême, dans un communiqué. 

La sous-préfète de Cognac, Chantal Guelot s'est rendue sur place pour "témoigner la solidarité de l'État envers les familles des défunts dont la tombe a été endommagée".

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Rédigé par Pierre HAMMADI

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Publié le 1 Novembre 2019

 


À partir du vendredi 1er novembre, une première série de mesures prises dans deux décrets : n°2019-796  et  n°2019-797 , publiés le 28 juillet au Journal officiel entre en vigueur : elle porte à la fois sur l’accès à l’assurance-chômage et sur l’indemnisation que celle-ci apporte. Par le biais de ces textes, le gouvernement durcit les règles mais il ouvre aussi de nouveaux droits.

Au bout du compte, la réforme va surtout défavoriser les demandeurs d'emploi les plus jeunes et précaires. "On va passer d'un système d'indemnisation chômage à un système d'accroissement de la pauvreté", a alerté Laurent Berger, le secrétaire général de la CFDT.

Pour ouvrir des droits à indemnisation, il faudra désormais avoir travaillé 130 jours (910 heures soit 6 mois) sur les 24 derniers mois. Jusqu'à présent, cette condition était de quatre mois sur les 28 derniers sauf pour les plus de 53 ans où la période de référence restera de 36 mois.

Une personne qui termine un contrat de quatre mois après le 1er novembre et qui avait travaillé pour la dernière fois pendant deux mois il y a plus de deux ans ne pourra donc pas tout de suite percevoir d'indemnisation.

En conséquence, la durée minimale d'indemnisation passe aussi de quatre à six mois. La durée maximale reste de deux ans pour les moins de 53 ans, deux ans et demi pour les 53-55 ans, trois ans pour les plus de 55 ans.

Les personnes dont le premier contrat d'une durée de quatre ou cinq mois arrive à échéance après le 1er novembre devront travailler deux mois de plus avant d'être indemnisés par l'Unédic. Un changement qui pénalise surtout les jeunes qui arrivent sur le marché de l'emploi avec des contrats courts.

Le durcissement de l'accès aux indemnisations va permettre de faire économiser à l'Unédic 1,9 milliards d'euros d'ici à fin 2021. Au total, selon l'organisme, 710.000 allocataires verront leur indemnisation retardée ou raccourcie dès la première année de sa mise en œuvre.

Selon l'Unédic, 30.000 personnes par mois ne devraient plus bénéficier d'une ouverture de droits.

Le seuil permettant un rechargement des droits, lorsqu'on travaille pendant sa période de chômage, est fortement durci. Jusqu'à présent, si un demandeur d'emploi travaillait au minimum un mois, il voyait sa durée d'indemnisation prolongée d'autant. Dorénavant, il lui faudra aussi au moins six mois pour en bénéficier, ce qui en pratique revient à supprimer le principe du rechargement des droits.

Les salariés qui avaient un revenu supérieur à 4.500 euros brut par mois verront leur indemnisation réduite de 30% à partir du 7e mois, avec un minimum à 2.261 euros net mensuels. Le plafond de l'indemnisation maximale restera de 6.615 euros net.

Les salariés âgés de 57 ans ou plus ne seront pas concernés par la mesure.

À compter du 1er novembre, les travailleurs indépendants pourront toucher une indemnisation mensuelle d'environ 800 euros pendant six mois (26,30 euros par jour). Ils devront pour cela avoir généré un revenu d'activité d'au moins 10.000 euros par an sur les deux derniers exercices avant une liquidation judiciaire ou un redressement. Une mesure dont le coût annuel a été évalué à 140 millions d'euros par l'Unédic et qui devrait profiter à 30.000 personnes.

Des droits à l'allocation chômage s'ouvrent pour les personnes qui ont démissionné. Pour percevoir des indemnités, il faudra quitter son poste après cinq ans d'ancienneté et présenter dans les six mois suivant sa démission un projet professionnel "réel et sérieux" devant une commission régionale.

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Rédigé par Pierre HAMMADI

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Publié le 22 Octobre 2019

La vidéo a fait le tour des réseaux sociaux et cumulé des millions de vues. Après avoir été blessé par un tir "à bout portant" d’un CRS lors d’une manifestation à Paris, le pompier de l’Essonne Nicolas B. âgé de 28 ans, a vivement exprimé sa colère, lors de la mobilisation. 

"Aujourd’hui, j’arrête ! Je suis pompier : c’est terminé ! Ça fait onze ans que je fais ce métier. C’est fini !", expliquait-il face à la caméra, avant de lancer :

"Macron, va te faire enculer ! J’arrête mon métier. Vas ramasser les gens dans la rue tout seul, connard va ! Ta police, elle me tire dessus !".

La vidéo a été tournée à Paris pendant la manifestation qui a rassemblé entre 7.000 et 10.000 pompiers mardi 15 octobre, selon les syndicats. Les pompiers étaient venus crier leur "colère" face à leurs conditions de travail. La manifestation a dégénéré en fin de journée, finissant en affrontements entre sapeurs-pompiers et CRS.

Sur les réseaux sociaux, certains internautes qui soutiennent le gouvernement et les policiers, ont cherché à décrédibiliser l’homme de la vidéo en assurant qu’il s’agit d’un faux pompier. Certains prétendent également que sa blessure serait fausse et qu’il serait en réalité un gilet jaune infiltré puisqu’on a pu le voir sur un autre cliché, pris durant la manifestation.

Le service départemental d’incendie et de secours de l’Essonne (Sdis 91) ainsi que des syndicats de pompiers professionnels ont confirmé que l’homme dans la vidéo est un pompier professionnel de l’Essonne.

Vu en uniforme sur la vidéo, une pratique non autorisée, le pompier est menacé d'une sanction disciplinaire de sa hiérarchie. Il risque la révocation des pompiers de l'Essonne.

Nicolas B., a fait son mea culpa par le biais de ses avocats. Il a adressé une lettre ouverte au président de la République, au ministre de l'Intérieur, au préfet et au président du conseil départemental de l'Essonne. 

Dans cette lettre, il est écrit que le jeune pompier s'est exprimé "en état de choc" à la suite de sa blessure à la cuisse qui lui a valu plus de 11 jours d'incapacité temporaire de travail (ITT).

Nicolas B. a exprimé ses "regrets" quant aux propos sur le président, mais a refusé de rédiger une lettre d'excuses, qualifiant la démarche d'humiliante.

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Les avocats du pompier blessé par un CRS à Paris et menacé de révocation écrivent à MacronLes avocats du pompier blessé par un CRS à Paris et menacé de révocation écrivent à Macron

Le SDIS 91 a indiqué que Nicolas B. sera jugé devant le tribunal administratif de Versailles, où sera décidé son éventuelle révocation. "Ce sera à la justice de trancher", a précisé le SDIS, assurant qu'Emmanuel Macron ne sera pas maître de la décision. 

Nicolas B. va, lui, déposer plainte pour mise en danger de la vie d'autrui, violences volontaires avec une arme sur personne dépositaire de l'autorité publique, par personne dépositaire de l'autorité publique.

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Rédigé par Pierre HAMMADI

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Publié le 13 Octobre 2019

Marseille : abus policiers dans un cimetière à Marseille

Vendredi 11 octobre, vers 16h40, un automobiliste rentre difficilement avec son véhicule C5 dans le cimetière des Aygalades dans le 15e arrondissement de Marseille à cause d'un stationnement gênant réduisant l'accès. Une voiture de police qui était à l'intérieur à plus de 100 mètres se dirige vers la sortie. Son conducteur qui avait la possibilité de céder le passage se positionne devant l'automobiliste et lui fait signe de sortir du cimetière en marche arrière.

Le visiteur va voir le policier et lui explique "Vous m'avez vu rentrer avec difficulté. Maintenant vous me demandez de sortir en marche arrière jusque dans la rue. C'est dangereux". Le policier lui répond devant ses quatre collègues fonctionnaires assis dans la voiture "Je vais vous montrez comment faire. Avec ça, [en lui montrant le levier de vitesse] vous faites la marche arrière".

L'automobiliste ne réagit pas à la provocation et regagne son véhicule. Plusieurs visiteurs du cimetière  qui ont assisté à la scène se sont proposés à guider le conducteur de la C5 jusque dans la rue.  Après le départ des policiers, qui visiblement n'étaient pas pressés, c'était l'incompréhension totale des personnes présentent.

 

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Rédigé par Pierre HAMMADI

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Publié le 10 Août 2019

 

Les images ont provoqué de nombreuses réactions indignées sur les réseaux sociaux. Dans une vidéo relayée sur Twitter, on aperçoit un homme arracher la tête d'un coq vivant avec ses dents lors d'un repas, avant de la recracher en souriant. Ces images très choquantes ont suscité de nombreuses réactions sur les réseaux sociaux et n'ont pas manqué de faire réagir la Fondation Brigitte Bardot, qui lutte contre la cruauté animale.

Très vite, La Fondation Brigitte Bardot, s'est saisie de l'affaire, et annonce un dépôt de plainte, pour "acte de cruauté" sur un animal, un délit passible de 30.000 euros d'amende et de deux ans de prison.

"Je suis tombé sur cette vidéo par hasard sur un autre réseau social. Je me suis débrouillé pour me la procurer et identifier l'auteur des faits", assure Daniel Raposo, représentant de la Fondation dans les Pyrénées-Atlantiques, dans les colonnes de La République des Pyrénées.

Selon la Fondation, l'homme sur la vidéo est Bixente Larralde, un champion de pelote basque. La vidéo aurait été tournée en juin dernier, à l'issue d'un championnat de pelote, à Hasparrenen, selon Daniel Raposo.

"J'ai envoyé tous les éléments à Paris, au service juridique de la fondation. Il a saisi notre cabinet d'avocats qui va déposer plainte au Pays Basque sous peu", explique Daniel Raposo.

Joint par le site local Mediabask, Bixente Larralde n'a pas souhaité réagir. Selon le site, il a toutefois affirmé qu'il était "conscient de son mauvais geste", et qu'il "assumait son erreur".

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Rédigé par Pierre HAMMADI

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Publié le 31 Juillet 2019

Mort de Steve Maia Caniço :  y a des mecs à l’eau ! crient des participants à la fête de la musique aux policiers
Mort de Steve Maia Caniço :  y a des mecs à l’eau ! crient des participants à la fête de la musique aux policiers
Mort de Steve Maia Caniço :  y a des mecs à l’eau ! crient des participants à la fête de la musique aux policiers
Mort de Steve Maia Caniço :  y a des mecs à l’eau ! crient des participants à la fête de la musique aux policiers

Le corps de Steve Maia Caniço, disparu dans la nuit du 21 au 22 juin, a été retrouvé lundi 29 juillet dans la Loire à proximité de l’île de Nantes. Le corps en état de décomposition avancée de cet animateur périscolaire de 24 ans flottait près d’un ponton à environ deux kilomètres du quai Wilson, lieu où il avait été vu pour la dernière fois le soir de la Fête de la musique.

Plongeurs, police judiciaire et juge d’instruction étaient rapidement arrivés sur place, lundi en fin de journée. Depuis plusieurs semaines, sa famille attendait une réponse des autorités et des recherches étaient en cours. Le corps a finalement été découvert fortuitement par le pilote d’une navette fluviale de transport en commun de la ville.

Le procureur de la République de Nantes, Pierre Sennès, a annoncé l’ouverture d’une information judiciaire pour "homicide involontaire". 

Le soir de la Fête de la musique, Steve Maia Caniço participait à un rassemblement de plusieurs scènes techno sur le quai Wilson, au sud de l’île de Nantes. Vers 4 h 30, une violente charge policière mettait fin à la soirée et provoquait la chute, de plusieurs participants dans la Loire. 

Pendant plus de vingt minutes, les policiers avaient tiré des grenades lacrymogènes vers les fêtards et le fleuve. Pourtant, plusieurs personnes les avaient tout de suite alertés du danger de la proximité avec le fleuve. "Y a de l’eau derrière !", "y a la Loire derrière !" crient des participants à la fête aux policiers à plusieurs reprises. 

Des personnes continuent de crier "y a des mecs à l’eau !", "y a des mecs dans la Loire !". Malgré ces avertissements, de nouvelles grenades sont tirées en direction de la route, mais aussi du fleuve. 

14 personnes ont été repêchées par les secours durant la nuit. Le directeur départemental adjoint de la sécurité publique (DDSP) de Loire-Atlantique avait défendu ses troupes en affirmant qu’il n’y avait eu "aucune charge" des forces de l’ordre, visées selon elle par des projectiles.

Selon plusieurs proches, Steve Maia Caniço avait été aperçu, pour la dernière fois, un peu avant l’intervention de la police, alors qu’il se reposait près d’un sound system. Il ne savait pas nager, selon ses proches. 

Une enquête pour disparition inquiétante a rapidement été ouverte par le parquet de Nantes, tandis qu’un appel à témoin était lancé par la police nationale et diffusé sur Twitter pour tenter de localiser le jeune homme.

"De la tristesse, de la colère et de l'amertume", c'est ainsi que les amis de Steve résument leurs sentiments mardi soir 30 juillet, lors d'un rassemblement  au pied de l'immense grue jaune sur un quai de l'île de Nantes, où le corps du jeune homme a été retrouvé lundi après-midi. Cela fait 38 jours qu'ils attendaient des nouvelles de Steve.

Cinq procédures sont en cours, dont une enquête administrative conduite par l'IGPN (Inspection générale de la police nationale). Elle avait été saisie le 24 juin pour faire la lumière sur les opérations de maintien de l’ordre à Nantes, à l’occasion de la Fête de la musique.

Ce rapport, diligenté le 24 juin soit trois jours après la disparition lors de la Fête de la musique du jeune homme dont le corps a été retrouvé lundi soir, questionne l'opération des forces de l'ordre en bord de Loire. Il "met en évidence des difficultés liées à l'intervention, consécutive à des jets de projectiles en direction des policiers et menée dans un rapport de forces défavorable qui a conduit à l'emploi des moyens lacrymogènes", a souligné Edouard Philippe dans une déclaration dans la cour de Matignon aux côtés du ministre de l'Intérieur Christophe Castaner.

Et "il met également en évidence des interrogations sur la préparation de cet événement", a poursuivi le premier ministre, avant de convenir que "l'enchaînement des faits reste confus" et que plusieurs interrogations restaient en suspens.

Affirmant ne pas pouvoir se "satisfaire" de ces zones d'ombre, Edouard Philippe a ajouté avoir décidé de saisir mardi 30 juillet, "l'inspection générale de l'administration pour aller plus loin et comprendre les conditions d'organisation de l'événement par les pouvoirs publics, mairie et préfecture, ainsi que les organisateurs privés".

"Les conclusions de l'IGPN sont décevantes, confie Maître Cécile De Oliveira, l'avocate des parents de Steve. Mais il ne s'agit que d'une enquête administrative et j'attends beaucoup plus du rapport qui sera rendu dans l'enquête judiciaire.

"Je suis tout à fait étonnée que le Premier ministre ait pris la parole aujourd'hui. On annonçait plutôt une prise de parole du ministre de l'Intérieur pour qu'il donne connaissance des conclusions du rapport de l'IGPN . Le Premier ministre lui-même prend la parole, clairement, l'affaire devient une affaire d'État", a déclaré Me Cécile De Oliveira.

C’est la fin d’une longue attente pour les proches de Steve Maia Caniço. "Nous sommes soulagés que la famille puisse enfin faire son deuil, a réagi Victor Lacroix, membre de Média’son, l’une des associations organisatrices du concert. Mais, plus d’un mois pour le retrouver si proche, c’est très long."

Au fil des semaines, la disparition de Steve est devenue une affaire nationale. Les affiches et inscriptions "Où est Steve ?", omniprésentes dans les rues de Nantes, se sont multipliées dans plusieurs autres villes de France et sur les réseaux sociaux. 

Le 3 juillet, une plainte contre X pour "mise en danger de la vie d'autrui" et violences volontaires par personne dépositaire de l'autorité publique" est déposée au nom de 89 personnes. Selon leur avocate, les plaignants affirment avoir été "submergés par un nuage de lacrymogène alors qu'ils dansaient et parlaient avec des amis" et c'est en raison de la panique générée par cette intervention que certains seraient tombés à l'eau.

Toutes étaient présentes sur le quai Wilson, le soir de la Fête de la musique. Deux sont tombées à l'eau, elles aussi. Elles veulent des explications.

Reçues le même jour par la préfecture, les associations organisatrices de la soirée disent s'être heurtées à un mur. "On sentait comme du mépris. Ils n'ont eu aucun mot pour nous rassurer", expliquera plus tard Samuel Raymond, venu porter la parole du collectif Freeform.

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Rédigé par Pierre HAMMADI

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Publié le 26 Juillet 2019

Évreux : Une statue du général de Gaulle arrachée de son socle après la victoire de l’Algérie à la CAN, le maire porte plainte
Évreux : Une statue du général de Gaulle arrachée de son socle après la victoire de l’Algérie à la CAN, le maire porte plainte
Évreux : Une statue du général de Gaulle arrachée de son socle après la victoire de l’Algérie à la CAN, le maire porte plainte
Évreux : Une statue du général de Gaulle arrachée de son socle après la victoire de l’Algérie à la CAN, le maire porte plainte
Évreux : Une statue du général de Gaulle arrachée de son socle après la victoire de l’Algérie à la CAN, le maire porte plainte
Évreux : Une statue du général de Gaulle arrachée de son socle après la victoire de l’Algérie à la CAN, le maire porte plainte
Évreux : Une statue du général de Gaulle arrachée de son socle après la victoire de l’Algérie à la CAN, le maire porte plainte

Dans la nuit du vendredi 19 au samedi 20 juillet, en marge de la finale de la Coupe d'Afrique des Nations (remportée 1-0 par l'Algérie face au Sénégal), la statue du général-de-Gaulle, inaugurée le 18 juin 2019 à Évreux, a été arrachée de son socle. Elle a été depuis récupérée et entreposée sous les marches de la mairie.

Le maire (LR) d'Évreux, Guy Lefrand, a réagi samedi 20 juillet sur son compte Facebook. " Il n’est pas acceptable que de tels faits aient lieu. Il est inacceptable de s’attaquer à la statue du Général de Gaulle car elle représente l’Homme du 18 juin et les valeurs de la France Libre " écrit-il.

L'élu annonce que la ville d’Évreux dépose plainte et " demande au Procureur de la République de poursuivre les personnes qui ont dégradé le bien public. Les caméras de vidéo-protection de la ville seront utiles pour identifier les auteurs de ces faits " , précise-t-il dans son message. 

Selon l'élu, ”à la suite de la finale de la CAN, certains jeunes sont descendus en ville et ont commencé à faire des rodéos puis à s’en prendre aux équipements publics. Ils ont fini par s’attaquer à la statue: elle a été cassée au dessus des pieds, au dessus du scellement. Lorsque tout ça s’est passé, les policiers municipaux sont intervenus pour la mettre à l’abri”, décrit le maire.

“Bien évidemment, nous allons la remettre en place”, a précisé le maire. "Ces voyous ne connaissent rien, ils ne connaissent pas le général de Gaulle. Ils se revendiquent du drapeau algérien sans savoir que c'est le général qui a accordé l'indépendance à l'Algérie", a-t-il regretté.

Guy Lefrand a également réagi sur son compte twitter :

Sur Twitter, plusieurs députés ont dénoncé cet acte de vandalisme, comme Julien Aubert (LR), Éric ciotti (LR) et Nicolas Dupont-Aignan (Debout la France) : 

Julien Aubert député (LR)  de la 5e circonscription du Vaucluse et candidat à la présidence des Républicains "Triste symbole que ce déboulonnage du General #deGaulle à #Evreux lors de la soirée de victoire de l’équipe d’Algérie. Faudra-t-il qu’on déboulonne Marianne pour que la République se réveille ? #AvecAubert #OserLaDroite"

Éric ciotti député (LR) de la 1e circonscription des Alpes-Maritimes " Images insoutenables du saccage de la statue du général de Gaulle à #Évreux par des bandes qui crachent sur la France! J’appelle à des sanctions exemplaires"

Nicolas Dupont-Aignan député (Debout la France) de la 8e circonscription de l'Essonne "Pour "fêter" le résultat de la finale #CAN19, certains supporters ont dessoudé la statue du Général #DeGaulle à #Evreux ! A travers cet acte odieux, c'est le symbole même de notre Nation libre qui est visé. Que les coupables soient retrouvés et condamnés par la Justice !

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Rédigé par Pierre HAMMADI

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Publié le 25 Juillet 2019

Affaire Legay : le procureur de Nice a menti pour protéger Emmanuel Macron
Affaire Legay : le procureur de Nice a menti pour protéger Emmanuel Macron
Affaire Legay : le procureur de Nice a menti pour protéger Emmanuel Macron

Pour éviter d’embarrasser le président de la République, le procureur de Nice Jean-Michel Prêtre dit avoir dédouané les forces de l’ordre mises en cause pour la grave blessure à la tête de Geneviève Legay, retraitée de 73 ans, membre de l'association Attac, le 23 mars à Nice dans une manifestation interdite de "gilets jaunes". La militante a été projetée au sol lors d’une charge de la police. 

Deux jours plus tard, Emmanuel Macron interrogé sur ce grave incident, affirme que la victime "n'a pas été en contact" avec des policiers. Et d'ajouter, "Je souhaite d'abord qu'elle se rétablisse au plus vite et sorte rapidement de l'hôpital, et je souhaite la quiétude à sa famille. Mais pour avoir la quiétude, il faut avoir un comportement responsable"

"Quand on est fragile, qu'on peut se faire bousculer, on ne se rend pas dans des lieux qui sont définis comme interdits et on ne se met pas dans des situations comme celle-ci."

Ces propos avaient aussitôt déclenché une vive polémique, dans la mesure où cette manifestation, quoi qu'interdite, était restée pacifique. 

Cette version erronée des faits avait été soutenue par Jean-Michel Prêtre, dans une conférence de presse. Il a assuré qu’il n’y avait eu "aucun contact" entre Geneviève Legay et les policiers. 

Et sur la base des vidéos et des témoignages dont il dispose, il affiche deux certitudes : certes la militante d’Attac, victime d’un traumatisme crânien, n’est pas tombée "toute seule". Mais : "Ce dont on est sûr aussi, c’est qu’elle n’a pas été touchée par les forces de sécurité", a-t-il ajouté. Il a évoqué un "cameraman", une autre manifestante et une personne "avec une casquette marron", qui auraient pu faire chuter madame Legay.

Confronté à la publication de nouvelles images de la scène par plusieurs médias, le magistrat avait été contraint de se dédire totalement et de confier l’enquête à un juge d’instruction.

Cette communication mensongère de Jean-Michel Prêtre était d’autant plus surprenante que le magistrat était aux premières loges au moment de la charge. Le procureur était présent dans la salle de commandement, derrière les nombreux écrans de surveillance, comme l’avait révélé Mediapart.

Jean-Michel Prêtre avait donc été témoin d’une part de l’action des policiers, mais aussi du refus des gendarmes d’utiliser la force face à la foule calme. Ces derniers avaient expliqué que cet ordre était "disproportionné".

Entendu le 16 avril par le procureur général de la cour d’appel d’Aix-en-Provence, Robert Gelli, le procureur de Nice a déclaré qu’il avait dédouané les policiers pour éviter "des divergences trop importantes" entre sa version et celle d’Emmanuel Macron. 

Un compte rendu de cet entretien a été envoyé à la ministre de la Justice, Nicole Belloubet. "Nous avons estimé, sur la base de ce rapport, qu’il n’y avait pas lieu à poursuites disciplinaires", explique à Libération le ministère de la Justice. 

Le Syndicat de la magistrature (SM), a dénoncé dans un communiqué "l’hypocrisie de cette position, alors que le statut du parquet et la pratique du pouvoir sont délibérément conçus afin d’encourager, sous la surface de garanties d’indépendance formelles, une allégeance spontanée des procureurs envers l’exécutif".

"Ce procureur est le symbole malsain de la dépendance de la justice à l’exécutif", tacle de son côté l’avocat de la militante d’Attac, Arié Alimi, qui vient de saisir le Conseil supérieur de la magistrature de cette affaire.

À la tête du parquet de Nice depuis février 2015, Jean-Michel Prêtre avait déjà par le passé fait preuve d’une certaine complaisance vis-à-vis des autorités.

Le 16 juin, le ministre de l'Intérieur, Christophe Castaner, a décoré plusieurs policiers de la médaille de la sécurité intérieure, pour leur "engagement exceptionnel dans le cadre des 'gilets jaunes'". Plus de 9. 000 personnes ont reçu la médaille. Mais parmi ces médaillés, au moins cinq agents sont impliqués dans des enquêtes concernant des violences policières.

Dans la liste des médaillé figure ainsi Rabah Souchi, chargé des opérations de maintien de l'ordre, samedi 23 mars à Nice, au cours desquelles la militante Geneviève Legay a été projetée au sol, grièvement blessée à la tête. La compagne du policier, Hélène Pedoya, chargée de l’enquête sur les violences commises ce jour-là, a également été décorée.

Sur LCI, Le député LFI Éric Coquerel a dénoncé jeudi 25 juillet, l'attitude selon lui "pas acceptable" du procureur de Nice.

"Ç'est un symbole de la dépendance malsaine de la justice vis-à-vis du politique, en tout cas des procureurs. Ça fait un bout de temps malheureusement qu'on dénonce ça", a-t-il accusé.

Le député de Seine-Saint-Denis a également mis en garde contre "un moment de notre histoire où la répression, où l'utilisation de violences policières par le politique pose un vrai problème", estimant "qu'on évolue vers un régime autoritaire, c'est-à-dire un régime qui utilise la justice et la police pour se maintenir".

Il a appelé à interroger "toute la chaîne de commandement" et a réclamé une nouvelle fois la démission du ministre de l'Intérieur Christophe Castaner "pas seulement sur l'affaire Legay mais sur une accumulation de violences qu'il a cautionnée".

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Rédigé par Pierre HAMMADI

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