Publié le 9 Mai 2018

Le 29 décembre dernier, Naomi Musenga avait 22 ans, maman d'une petite fille était seule dans son appartement de Strasbourg dans le Bas-Rhin. Elle est prise de violentes douleurs et appelle le Samu. Une opératrice transmet son appel vers une autre. "Elle a appelé la police. Elle me dit qu'elle va mourir", lance la première à la seconde en riant. Réponse : "Ah elle a la grippe ? Ah bon." L'hôtesse téléphonique du SAMU prend finalement l'appel. La conversation, atterrante, a été enregistrée. D'une voix très faible, la jeune femme appelle à l'aide et reçoit un accueil d'une violence inouïe :

- "Oui, allô !
- Allô... Aidez-moi, madame...
- Oui, qu'est-ce qu'il se passe?
- Aidez-moi...
- Bon, si vous ne me dites pas ce qu’il se passe, je raccroche hein…
- Madame, j’ai très mal...
- Oui ben, vous appelez un médecin, hein, d'accord ? Voilà, vous appelez SOS médecins.
- Je peux pas.
- Vous pouvez pas ? Ah non, vous pouvez appeler les pompiers, mais vous ne pouvez pas...
- Je vais mourir.
- Oui, vous allez mourir, certainement, un jour, comme tout le monde, ok

- Vous appelez SOS Médecin, c'est le 03.88.75.75.75, d'accord ? Vous avez compris? Aidez-moi madame - Je peux pas vous aidez, je sais pas ce que vous avez...J'ai très mal au ventre...

La suite de l'échange, est de la même teneur. La jeune femme supplie qu'on lui vienne en aide et son interlocutrice répète le numéro du service de médecins en ville.

La jeune femme parvient à joindre SOS Médecins. Naomi arrive au CHU de Strasbourg plus de cinq heures après son premier appel. Quelques minutes plus tard, elle perdra la vie. Il faut attendre plus de quatre mois et la pression de la famille pour que la direction de l'hôpital se décide enfin à une enquête administrative interne. 

Comme le droit l'y autorise, la famille de la jeune femme demande au SAMU une copie de l'appel passé quelques heures avant sa mort. Elle choisit ensuite de confier le document à Heb'di, un journal local qui le publie dans son intégralité, fin avril.

La Direction générale des Hôpitaux Universitaires de Strasbourg (HUS) reconnaît que l'enregistrement est authentique. Dans un communiqué, les HUS "présentent leurs sincères condoléances" aux proches de la patiente et affirment vouloir "faire toute la lumière sur les faits relatés dans l'article" d'Heb'di. 

Agnès Buzyn annonce avoir saisi l'Inspection générale des affaires sociales (IGAS) afin de faire la lumière sur les dysfonctionnements qui ont précédé le décès de Naomi Musenga.

Le parquet de Strasbourg a ouvert, mercredi 9 mai, une enquête préliminaire du chef de "non-assistance à personne en péril". La sœur de la jeune femme de 22 ans, morte le 29 décembre 2017 après ne pas avoir été prise au sérieux par le Samu, a écrit au procureur pour déposer plainte.

Dans sa lettre, Louange Musenga "met en cause les services du SAMU et les personnes ayant pris en charge les appels de Naomi Musenga le jour de son décès, estimant par ailleurs que les causes du décès demeurent floues, nonobstant les premiers résultats de l'autopsie médicale réalisée le 3 janvier 2018", précise le parquet dans son communiqué. L'enquête a été confiée à la Direction régionale de la police judiciaire (DRPJ) Grand Est.

Cette enquête judiciaire s'ajoute à celle diligentée par l'Inspection générale des affaires sociales (Igas). L'opératrice du Samu, qui avait raillé la jeune femme au téléphone, a été suspendue "à titre conservatoire" par les Hôpitaux universitaires de Strasbourg.

Une autopsie a été pratiquée cinq jours plus tard. Naomi Musenga est morte des suites d'une "défaillance multiviscérale sur choc hémorragique", selon le rapport consulté par Le Monde, qui précise qu'il s'agit de "l'arrêt de plusieurs organes", dont la cause peut résulter de "facteurs variés". 

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Rédigé par Pierre HAMMADI

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Publié le 1 Mai 2018

Le contrôle technique va se durcir à compter du 20 mai 2018 avec désormais 132 points à vérifier, couvrant 606 défaillances potentielles. Certains d'entre eux devront être réparés dans les 24 heures, sous peine d'une amende de 4e classe, soit 135 euros, minorée à 90 euros ou majorée à 375 euros, avec risque d'immobilisation de la voiture.

Le cru 2018, implique non seulement une durée d'examen plus longue, qui va entraîner un renchérissement du coût pour l'automobiliste, mais aussi la mise en place d'une liste de défaillances "critiques" dont la constatation par le contrôleur technique aura pour conséquence l'immobilisation du véhicule.

Avec la version 2018 du contrôle technique, ce ne sont plus deux catégories de défauts qui peuvent être mentionnées sur le rapport de contrôle technique mais trois : 

- Des défaillances dites mineures au nombre de 139 qui sont simplement 
   signalées mais n'entraînent pour l'automobiliste aucune obligation de 
   réparation.
 - Des défaillances "majeures" au nombre de 340 qui, elles, entraînent une 
   contre-visite (comme auparavant, l'automobiliste dispose d'un délai de 
   deux mois pour présenter à nouveau son véhicule au centre)
 - Des défaillances "critiques" au nombre de 127 qui vont clouer le véhicule 
    au sol. 

Tout véhicule affecté d'au moins un défaut "critique" n'aura l'autorisation de circuler que le jour même du contrôle. Dès le lendemain, il sera frappé d'une interdiction de rouler... Alors même que le délai pour représenter le véhicule pour une contre-visite est toujours de deux mois.

Le tarif du contrôle technique sera plus élevé. Selon les estimations des différents réseaux, le prix moyen, situé à environ 68 euros aujourd'hui, pourrait passer à 80 euros ou plus. La contre-visite, souvent gratuite ou facturée 10 à 15 euros, pourrait elle aussi voir son prix bondir.

 

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Rédigé par Pierre HAMMADI

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Publié le 30 Avril 2018

La disparition d'Angélique Six, mercredi 25 avril, avait été jugée inquiétante par la police qui a diffusé, vendredi 27 avril, un avis de recherche sur internet, avec le signalement de la jeune fille : 1m53, de corpulence mince, yeux bleus, cheveux longs et lisses. Le jour de sa disparition, elle portait un jean bleu, un tee-shirt et des baskets.

Le téléphone portable aurait été géolocalisé jeudi soir "entre Marquette et Wambrechies", deux communes voisines, a déclaré le père de l’adolescente à France Bleu Nord. Une première battue, avec l’aide d’une centaine de personnes, a été organisée vendredi, dans le quartier de l’Agrippin, où la famille habite. 

La police, elle, a mobilisé dès jeudi une brigade cynophile, et des pompiers plongeurs ont été sollicités pour la recherche d'un corps à proximité du port de plaisance de Wambrechies, en bordure de la Deûle.

Le corps dénudé de la jeune fille a finalement été retrouvé par la police à 1h30 du matin dimanche sur un chemin forestier à Quesnoy-sur-Deûle (Nord), à une dizaine de kilomètres au nord de Lille. Le corps de l'adolescente portait des traces de strangulation, selon France 3 Hauts-de-France.

 

Samedi 28 avril, vers 21h30, les enquêteurs de la Direction interrégionale de la police judiciaire (DIPJ) avaient interpellé David Ramault, un ancien voisin de la famille à la sortie de son travail puis placé l’homme en garde à vue. Auparavant, le domicile de ce chauffeur de bus de 45 ans, marié et père de deux garçons, avait été perquisitionné.

David Ramault a très vite avoué le meurtre d’Angélique alors que les policiers ne disposaient pas d’éléments à charge déterminants.

David Ramault est un ancien voisin d'Angélique Six, il vivait avec sa femme et ses deux enfants dans le même immeuble qu'elle il y a quelques années. Âgé de 45 ans, le meurtrier présumé est marié et père de deux enfants. Il a un emploi de chauffeur de bus à Transpole, le réseau de transports en commun de la métropole lilloise.

Mercredi 25 avril, le jour de l'agression, il n'y avait personne chez lui, sa famille était dans le sud de la France pour les vacances.

C’est le témoignage d’un garçon de 10 ans qui avait vu la jeune fille rejoindre volontairement un homme dans le parc de Wambrechies qui a mis les enquêteurs sur la piste de David Ramault. Le père de famille avait été inscrit en 2001 au Fichier automatisé des auteurs d’infractions sexuelles (Fijais).

En 1996, le meurtrier présumé d’Angélique avait déjà été condamné à 9 ans de prison pour viol avec arme commis deux ans plus tôt, sur une adolescente de 13 ans. Le détenu était sorti en mars 2000 avec obligation d’un suivi thérapeutique.

Depuis, David R. n’avait plus fait parler de lui, si ce n’est par un rappel à la loi en 2014. Le père de famille avait oublié de signaler un changement d’adresse comme la loi l’impose aux individus fichés au Fijais.

Le lundi 30 avril, Thierry Pocquet le procureur de la République de Lille a tenu une conférence de presse :

Thierry Pocquet du Haut-Jussé a rapporté les propos tenus par David Ramault lors de sa garde à vue. Après avoir absorbé des pilules contre les troubles de l'érection, l'homme aurait consommé de la bière. C'est en sortant de chez lui "pour prendre l'air" qu'il serait passé devant le jardin où se trouvait l'adolescente ainsi qu'un petit garçon.

C'est à ce moment que l'homme affirme avoir eu envie de la jeune fille. Prétextant vouloir offrir un cadeau aux parents de celle-ci, il serait alors parvenu à emmener Angélique chez lui. Le principale suspect commence à aborder des sujets intimes. 

"Elle cherche à partir, et comme il l'en empêche elle se met à crier. Il la maintient de force, au point qu'elle se cogne dans la table du séjour. Il commence à la déshabiller et il l'emmène dans les toilettes et ferme la porte à clé. Il finit de la déshabiller et comme elle tente à nouveau de s'enfuir et de se débattre, il lui donne une gifle, puis va lui imposer une fellation et des pénétrations digitales.

Selon lui, il n'y parvient pas réellement car elle se débat toujours. Ensuite, il prend le pantalon de la jeune fille, qu'il lui passe autour du cou et l'étrangle. Il indique que lorsqu'elle a commencé à se débattre, il a compris qu'il fallait qu'il la tue et il indique également que l'ensemble de toutes ces violences n'a pas duré plus d'un quart d'heure.

Par la suite, il nettoie le logement, notamment des traces de sang. Il se débarrasse du téléphone de la victime, de ses vêtements. Il met le corps de la jeune fille dans une valise, qu'il met dans le coffre de sa voiture et il part avec cette voiture. Il s'arrête en chemin pour acheter une pelle. Il s'arrête à l'entrée du bois, selon lui par hasard, il dit ne pas connaître les lieux. D'abord, il tente de creuser un trou mais comme il n'y parvient pas, il finit par la dissimuler dans un fourré et l'abandonne là".

 

Le principal suspect du meurtre d'Angélique  a été mis en examen lundi soir 30 avril pour "séquestration, viol et meurtre", dont une partie des faits en récidive. Le meurtrier présumé a été placé en détention provisoire à la maison d'arrêt de Sequedin dans le Nord "pour des raisons de sécurité". 

Il n'était pas soumis à une obligation de soins car "la législation à l'époque n'autorisait ce type de suivi que dans la cadre d'une libération conditionnelle". Depuis son inscription au Fichier judiciaire automatisé des auteurs d’infractions sexuelles ou violentes (FIJAIS), créé en 2004, l'homme avait "respecté globalement les obligations que cette inscription entraîne". C'est ce fichier qui a permis de le localiser "immédiatement".

Les collègues de ce chauffeur de bus, qui a avoué le meurtre et le viol d'Angélique, expriment leur colère et leur incompréhension après les aveux de ce dernier. Surtout que David Ramault a continué son travail durant trois jours après le drame.

"Il y a beaucoup de colère et de dégoût. Le climat est pesant, il y a beaucoup d'incompréhension", témoigne auprès de franceinfo un des salariés de l'entreprise.  "On se sent un peu trahi, il est venu travailler, il fallait avoir du cran pour venir bosser. On est tous dégoûtés d'avoir pu côtoyer une ordure pareille et surtout les jours qui ont suivi", confie l'un d'eux.

Ce mardi 1er mai, une marche blanche a été organisée pour rendre hommage à Angélique. Plus de 3.000 personnes ont défilé, derrière la famille de la petite victime.

Des personnes affluaient par dizaines depuis les rues menant à la place du Général-de-Gaulle. Vêtus de blanc, souvent avec une rose à la main, les mines graves, tristes. Quand les proches d’Angélique sont arrivés, le silence s’est fait encore plus pesant. Soudée derrière une banderole portant la simple mention "Pour Angélique", la famille s’est mise en marche, suivie par 3.000 personnes.

Le cortège s'est dirigé vers le parc, devenu un mémorial en hommage à la petite victime. Face à la foule, c’est Anaïs, la grande sœur d’Angélique, qui a pris la parole : "Nous tenions à remercier le petit bonhomme qui a permis d’identifier l’agresseur. Et merci à vous tous pour votre soutien", déclare-t-elle.

"Mais c’est la colère qui va nous permettre de tenir face à tout ce qui reste à venir", lance la jeune fille d’une voix ferme. Des dizaines de ballons blancs ont été lâchés, accompagnés par un dernier "je t’aime" à "cet ange que nous n’oublierons jamais".

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Rédigé par Pierre HAMMADI

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Publié le 15 Avril 2018

Trois heures du matin, samedi 14 avril, des bombes s'abattent sur Damas en Syrie.

Au même moment, le président américain, Donald Trump, prend la parole à la télévision. Il annonce une opération en cours avec le Royaume-Uni et la France : une série de frappes contre les centres de production et de recherche de l'arsenal chimique en Syrie, en réaction à l'attaque chimique présumée du 7 avril à Douma, dans la Ghouta orientale. 

L'opération a duré une heure. Ces frappes ont ciblé Damas et la région de Homs. Elles ont visé "le principal centre de recherche" et "deux centres de production" du "programme clandestin chimique" du régime syrien, a précisé, samedi dans la matinée, la ministre des Armées Florence Parly. Au total, 105 missiles français, britanniques et américains ont été tirés. 

Une "bonne partie de l'arsenal chimique" du régime de Damas a été détruite par ces frappes occidentales, a assuré le ministre des Affaires étrangères, Jean-Yves Le Drian. "Tous les missiles tirés par la France et sans doute par l'ensemble des alliés ont atteint leur cible", a affirmé le chef d'état major des Armées François Lecointre, samedi en fin d'après-midi.

- Une large part de la classe politique a pris position contre l’engagement français -

Dans une interview au JDD, le président du parti Les Républicains (LR) Laurent Wauquiez se montre très circonspect sur l'utilité des frappes contre le régime de Bachar el-Assad. S'il dit "soutenir par principe notre armée quand elle combat", il dit également ne pas croire "à l’utilité de frappes punitives".

"Frapper pour frapper, pour donner le sentiment de faire quelque chose, sans qu’il y ait une quelconque stratégie derrière, je n’en comprends ni l’utilité ni le sens. La priorité du Président à l’international doit être de lutter contre les islamistes. Notre priorité absolue, c’est d’empêcher Daech de pouvoir contrôler un pays. Si l’usage d’armes chimiques est avéré, Bachar el-Assad devra répondre de ses actes. La CPI existe précisément pour cela".

La députée LR des Bouches-du-Rhône Valérie Boyer a pour sa part jugé sévèrement l'action du chef de l'État.

"Alors que la France a totalement été absente dans la lutte contre le terrorisme, Emmanuel Macron entre dans cette escalade de la violence malgré les mises en garde de l'ONU. Nous nous soumettons ainsi à la politique américaine contre la Russie... Pour quels résultats?"

Pour Bruno Retailleau président du groupe LR au Sénat "Ajouter la guerre à la guerre n'a jamais fait avancer la paix.Cette démonstration de force ponctuelle risque d'alimenter le terrorisme. Elle nourrit l'idée que l'Occident est hostile au monde arabe. Ces frappes affaiblissent notre diplomatie. Emmanuel Macron aligne la diplomatie de la France sur celle de Donald Trump ; c'est une erreur et les leçons du passé et de nos échecs au Moyen Orient semblent déjà oubliés."

Julien Aubert député LR du Vaucluse a lui aussi condamné la décision du Président.

"Pour la première fois de son histoire, la France d’Emmanuel Macron n’est pas du coté du droit. En bombardant sans l’aval du conseil de sécurité un pays souverain, comme Bush en Irak, elle détruit le système légal (ONU) dont elle est une des premières bénéficiaires (Véto)."

Jean-Luc Mélenchon député France insoumise (FI) des Bouches-du-Rhône, a lui  aussi dénoncé l’absence de mandat de l’ONU.

"Les frappes contre la Syrie se font sans preuve, sans mandat de l’ONU et contre elle, sans accord européen et sans vote du Parlement français", a souligné le député des Bouches-du-Rhône. "C’est une aventure de revanche nord-américaine, une escalade irresponsable", a-t-il dénoncé, jugeant que "la France mérite mieux que ce rôle". "Elle doit être la force de l’ordre international et de la paix". 

Pour l’ancien candidat anticapitaliste (NPA) à la présidentielle Olivier Besancenot , cette intervention sert à faire oublier la situation sociale en France.

"Là-bas, les frappes ne règlent rien, si ce n’est quelques factures impérialistes. Elles aggravent la situation. Ici, la guerre occupe les écrans et les esprits, comme un rideau de fumée qui voudrait étouffer la situation sociale."

Marine Le Pen, présidente du Front national (FN), a aussi jugé que par ces frappes, la France avait perdu "une occasion d’apparaître sur la scène internationale comme une puissance indépendante". 

"Ces frappes contre la Syrie nous engagent dans une voie aux conséquences imprévisibles et potentiellement dramatiques."

Florian Philippot, président des Patriotes, a comparé Emmanuel Macron à l’ancien premier ministre britannique Tony Blair, qui avait suivi les Etats-Unis dans la guerre d’Irak, parlant du "président Macron qui est de plus en plus à Donald Trump ce que Tony Blair était à Georges W. Bush".

- Le centre, la gauche et le parti d'Emmanuel Macron saluent l’intervention -

Les socialistes, par la voix de leur premier secrétaire, Olivier Faure, ont également cautionné les frappes. "Les attaques chimiques répétées du régime de Damas contre son peuple imposaient une réaction. Le silence des nations ouvrirait une jurisprudence criminelle donnant dans les faits la possibilité de violer les conventions internationales sur l’utilisation d’armes chimiques."

Sans surprise, Jean-Christophe Lagarde, président de l’UDI, a souligné "l’honneur de la France d’être à la hauteur du rôle singulier et historique qui est le sien et d’avoir pris l’initiative, au côté des démocraties américaine et britannique, d’exercer des frappes aériennes ciblées sur l’arsenal chimique syrien. Nos compatriotes doivent comprendre que l’objectif prioritaire de la France en Syrie, qui demeure l’éradication définitive de Daech, ne s’oppose pas à notre devoir international de protéger les populations civiles".

Christophe Castaner, délégué général de La République en marche (LRM), a rappelé que l’utilisation d’armes chimiques contre les civils, c’était "la ligne rouge" à ne pas franchir.

"Le régime d’Al-Assad l’a franchie. La France ne pouvait se tenir aveugle et muette face à cette barbarie. Les frappes en Syrie menées cette nuit sont nécessaires et salvatrices pour le peuple syrien."

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Rédigé par Pierre HAMMADI

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Publié le 11 Avril 2018

Le service en ligne permettant de déclarer ses revenus ouvre mercredi 11 avril et devrait connaître une affluence record. L’administration fiscale a, en effet, de nouveau étendu le niveau de revenu à partir duquel la déclaration en ligne devient obligatoire :

Désormais, tous les foyers déclarant plus de 15.000 euros doivent passer par le site  https://www.impots.gouv.fr , soit 25 millions de ménages sur un total de quelque 38 millions de foyers fiscaux.

La grande nouveauté 2018 se cache à la toute fin de la procédure. Dès qu’ils auront achevé de remplir leur déclaration, les contribuables verront apparaître le "taux personnalisé" de leur foyer. C’est ce taux qui sera communiqué par Bercy à leur employeur ou à leur caisse de retraite et servira de base de calcul pour le prélèvement à la source sur leur salaire, leur pension de retraite ou leur indemnité chômage.

Ceux qui déclarent encore sur le formulaire papier devront patienter un peu plus : le temps que l’administration traite leur situation, ils connaîtront leur taux seulement à l’été, lorsqu’ils recevront leur avis d’imposition.

"Pour 90 % de foyers, ce taux sera compris entre 0 et 10 %", rappelle Bruno Parent, directeur général des finances publiques. Dans plus de 50 % des cas, le taux sera même de zéro, puisque moins de la moitié des ménages sont désormais imposables. En prenant connaissance de son "taux personnalisé", le contribuable pourra alors calculer la somme qui sera amputée chaque mois de son salaire, ou sa pension, à partir de janvier 2019.

Le prélèvement à la source initié par François Hollande entrera finalement en application.

Dès le mois de janvier 2019, vous percevrez un salaire, une pension, une indemnité de chômage, etc., amputé de votre impôt sur le revenu (une collecte réalisée par votre employeur, Pôle emploi… et non plus directement par le fisc). Sur votre fiche de paie seront clairement indiqués votre taux de prélèvement et le montant du prélèvement à la source (PAS), ainsi que votre salaire avant et après le PAS.

"Si les salariés veulent un taux particulier ou faire des modifications, tout passera "par l'administration fiscale" et non par leur entreprise.

Si vous ne souhaitez pas que votre employeur connaisse votre taux personnalisé, vous pouvez opter pour le taux neutre. "En connaissant le taux réel d'un contribuable, on a à peu près une idée du niveau de ces revenus. Dans ce cas-là, le salarié va opter pour un taux neutre qui sera appliqué sur son salaire. On a un barème proportionnel par tranche. En fonction du niveau du salaire mensuel vous allez avoir un taux proportionnel qui va s'appliquer. Ce sera automatique à partir du moment où vous en aurez fait la demande" explique Christophe Frionnet, avocat fiscaliste associé du cabinet CMS Francis Lefebvre Avocats.

Le prélèvement à la source s’effectuera sur douze mois de janvier à décembre.

À la suite de votre prochaine déclaration, celle de vos revenus 2017, l’administration fiscale vous communiquera durant l’été votre taux personnel, qui s’ap­pliquera en janvier 2019 directement sur vos revenus. Ce taux va être déterminé selon vos revenus perçus l’année dernière, mais sans tenir compte des réductions fiscales dont vous avez bénéficié. Seules seront prises en compte les ­déductions : l’abattement de 10 % pour frais professionnels, les pensions alimentaires versées, les déductions octroyées par la cotisation à un produit retraite de type Perp, le déficit foncier…

Le taux de prélèvement ne sera pas déterminé selon votre revenu fiscal de référence 2017, qui tient compte de tous les avantages fiscaux, mais sur un revenu bien plus élevé. Par ­conséquent, le prélèvement sera, lui aussi, plus important que votre mensualité actuelle. Vous n'avez pas le choix, vous devrez faire une avance de trésorerie.

Particularité de cette réforme sur le recouvrement de l’impôt :

- Le mode de calcul et les tranches marginales d’imposition restent inchangés,

- Les avantages fiscaux (hors déductions) vous seront remboursés, pour chaque année, à l’automne de l’année suivante, par l’administration fiscale.

Il faudra continuer de faire une déclaration de revenus en avril-mai, dans laquelle seront repré­cisés les revenus courants et fonciers, mais aussi “exceptionnels” [notamment les plus ou moins-values d’actions et les dividendes], et tous vos avantages fiscaux. Cette déclaration permettra à l’administration fiscale d’ajuster le taux et de connaître les réductions ou crédits d’impôts à vous rembourser. Il s’agit là, par exemple, des réductions Pinel ou Malraux, celle des dons aux associations ou du crédit d’impôt services à la personne (qui, lui, sera déjà remboursé partiellement à hauteur de 30 % dès février).

Vous toucherez bien de l’argent en septembre de chaque année, par virement bancaire ou par chèque, qui viendra compenser l’avance de trésorerie réalisée les mois précédents.

De plus, si vous n’avez pas payé assez d’impôts, vous devrez faire une régularisation.

Enfin, la déclaration annuelle servant à ajuster le taux, celui-ci changera en septembre. Vous aurez donc deux taux différents dans l’année.

L'impôt sur le Revenu ne sera pas prélevé par le collecteur pour tous les revenus ! L’impôt dû sur les revenus fonciers, sur la perception d’une pension alimentaire ou encore sur les rentes viagères devra être réglé par acomptes, calculés par l’administration, et payés par prélèvements mensuels ou trimestriels.

Calendrier fiscal 2018

- Tous les contribuables remplissant encore leur déclaration sur le formulaire papier ont jusqu’au 17 mai à minuit pour le renvoyer.

- Les contribuables déclarant par Internet bénéficient d’un délai supplémentaire : la date limite est fixée au 22 mai minuit pour les départements numérotés 01 à 19 et les contribuables n’ayant pas leur résidence fiscale en France ; elle est reculée au 29 mai minuit pour les départements 20 à 49 ; et la date limite est repoussée au 5 juin minuit pour les contribuables des départements 50 à 976.

- Les contribuables non imposables recevront leur avis d’imposition sur Internet entre le 24 juillet et le 7 août, ou par courrier entre le 23 juillet et le 3 septembre.

- Les contribuables imposables recevront leur avis d’imposition sur leur espace Internet entre le 31 juillet et le 21 août ou par courrier entre le 7 août et le 3 septembre.

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Rédigé par Pierre HAMMADI

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Publié le 6 Avril 2018

 

Nordahl Lelandais a reconnu avoir giflé la petite Maëlys de 8 ans, et c'est ce coup qui, selon lui, a entraîné la mort de la fillette.

Lors de son audition du 19 mars, l'ancien maître-chien de 35 ans a expliqué avoir voulu montrer ses chiens à la fillette, dans la nuit du 26 au 27 août 2017, alors que tous les deux participaient à un mariage à Pont-de-Beauvoisin dans l'Isère. Dans la voiture, l'enfant a paniqué, lui a demandé de faire demi-tour, et toujours selon sa version, s'est mise à s'agiter et à crier. C'est dans ce contexte qu'il lui a "mis un coup avec le revers de la main, violent, sur le visage" de l'enfant assise à sa droite sur le siège passager, alors qu'il conduisait, selon une source proche de l'enquête, confirmant des informations de BFM-TV.

Voyant l'enfant évanouie, l'ex-militaire explique ensuite avoir tenté de prendre son pouls, en vain. Ayant constaté son décès, Nordahl Lelandais dit avoir déposé le corps de Maëlys dans une cabane près de chez ses parents. "jette son short taché de sang et retourne au mariage", selon ses dires. Au début de l'affaire, le mis en cause avait affirmé s'être débarrassé de son vêtement, jamais retrouvé, car il était taché par du vin. 

C'est après être retourné au mariage que l'ex-maître-chien dit être revenu chercher le corps de l'enfant pour le cacher dans le massif de la Chartreuse, là où il a fini par emmener les enquêteurs près de six mois plus tard, le 14 février.

Il s'agit de sa version des faits et les investigations se poursuivent, a déclaré à l'AFP une autre source, proche du dossier, sans se prononcer sur le fait de savoir "si mettre une gifle, même forte, à une enfant peut la tuer". Quant à la fracture de la mâchoire relevée sur les os de la fillette, "elle peut avoir pour origine un coup ou un choc violent".

Nordahl Lelandais "essaie de plaider les violences ayant entraîné la mort sans intention de la donner", "la même stratégie" que dans le dossier de la mort d'Arthur Noyer. 

Le 29 mars, Nordahl Lelandais a également avoué avoir tué le caporal Arthur Noyer, évoquant une "bagarre" qui aurait entraîné une chute mortelle, selon un communiqué du parquet de Chambéry publié vendredi 6 avril. "Il a admis avoir frappé de plusieurs coups de poing au visage Arthur Noyer et (que) l'un d'eux avait entraîné la chute de ce dernier. Nordahl Lelandais indiquait avoir alors constaté le décès" du jeune homme de 24 ans.

Lors d'une précédente audition, le 5 février, Nordahl Lelandais avait reconnu avoir pris en stop Arthur Noyer à Chambéry, dans la nuit du 11 au 12 avril 2017. Des restes du crâne de la victime avaient été découverts sur un chemin de randonnée en septembre à Cruet, petite commune de Savoie située au pied du massif des Bauges et proche de Montmélian, à une vingtaine de kilomètres de Chambéry. D'autres ossements y ont été découverts depuis.

Nordahl Lelandais a été mis en examen pour l'enlèvement et le meurtre de Maëlys, et pour l'assassinat d'Arthur Noyer.

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Rédigé par Pierre HAMMADI

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Publié le 1 Avril 2018

Calendrier de la grève à la SNCF

 

La longue grève débute lundi à 19 h à la SNCF contre la réforme du groupe public voulue par le gouvernement

Les cheminots appellent à une grève au rythme de deux jours sur cinq, du 3 avril au 28 juin, soit 36 jours de grève en trois mois. 

Elisabeth Borne, la ministre des Transports, a présenté mercredi 21 mars en conseil des ministres le projet de loi de réforme de la SNCF, dont la fin du statut des cheminots est un des points sensibles. Avec ce texte, qui prévoit de recourir aux ordonnances, le gouvernement souhaite "modifier les missions, l'organisation, la gouvernance, et la forme juridique" de la société de chemin de fer.

Au-delà de la fin du statut des cheminots, la réforme prévoit de transformer la SNCF en société anonyme.

"L'intersyndicale constate que le gouvernement n'a aucune volonté réelle de négocier" et "porte la responsabilité (d'un) conflit intensif sur une très longue durée", a déclaré Laurent Brun, secrétaire national de la CGT Cheminots, principal syndicat de la SNCF, après plus de deux heures de réunion avec les trois autres syndicats représentatifs du groupe, l'Unsa, SUD-Rail et la CFDT Cheminots. 

C'est "une mobilisation innovante", a souligné Didier Aubert (CFDT Cheminots), puisque la grève doit courir du 3 avril au 28 juin, c'est-à-dire comprendre les vacances de printemps et les différents ponts du mois de mai. En tout, la grève s'étalera sur 36 jours.

 Dès mercredi 21 mars, Roger Dillenseger, secrétaire général de l'Unsa (2ème syndicat du groupe) avait sonné l'alarme. "On va vers un bras de fer, c'est clair", avait-il prévenu. Le projet de loi sur les ordonnances "montre l'approche contradictoire" du gouvernement "entre une volonté d'échanges affichée et la réalité du texte", avait-il dit.

Le projet de loi "montre bien qu'on n'est pas dans une concertation (…) Le gouvernement veut passer en force, sans écouter les organisations syndicales", avait dénoncé Erik Meyer, porte-parole de SUD Rail (3ème syndicat).

Le PDG de la SNCF Guillaume Pepy a jugé jeudi 22 mars que l'appel à la grève lancé par l'intersyndicale de la SNCF pour protester contre la réforme de l'entreprise était "un peu décalée par rapport à la concertation qui est engagée". "C'est d'abord une mauvaise nouvelle, une mauvaise chose pour les 4 millions et demi de Français qui prennent le train tous les jours", a-t-il ajouté à TF1, en s'engageant à publier chaque jour à 17 heures la liste des trains qui circuleront le lendemain.

Il a également promis de mettre en place des solutions d'acheminement des voyageurs en s'appuyant sur le co-voiturage, en mobilisant des bus, des cars, des VTC. "On sera complètement mobilisés", a-t-il assuré en appelant à une poursuite des discussions entre gouvernement et syndicats car selon lui, "il y a énormément de grain à moudre" pour trouver une solution.

La ministre des Transports Elisabeth Borne a déploré jeudi 22 mars une "posture incompréhensible" après l'annonce de la grève décidée par l'intersyndicale de la SNCF pour protester contre la réforme de l'entreprise. "Je ne peux que déplorer cette décision qui manifestement vise à pénaliser les usagers", a-t-elle déclaré à BFMTV. "Cette posture est incompréhensible" et "ma posture à moi, c'est la concertation, la négociation", a-t-elle ajouté.

Par ailleurs, la direction de la SNCF a proposé à des cadres une prime pour les inciter à conduire des trains pendant la grève, a indiqué à l’AFP Erik Meyer (SUD-Rail).  "Depuis la semaine dernière", la direction "propose une prime de conducteur occasionnel" à des " cadres opérationnels qui ne la touchaient pas jusqu’à présent", explique Erik Meyer.

Cette prime mensuelle d’un montant de "150 euros" était jusqu’alors versée à des "cadres de direction issus de la conduite" amenés à conduire un train de temps en temps, "une fois par trimestre", a expliqué Erik Meyer. La direction "a commencé à étendre ce dispositif" aux "cadres traction, les chefs d’équipe" des agents de la conduite, leur proposant cette prime "de manière pérenne", a-t-il précisé.

Il s’agit d'"une prime qui existait déjà" et qu’on rendrait "plus incitative", a aussi indiqué à l’AFP Bernard Aubin, du syndicat FiRST (non-représentatif). Il dénonce des "pressions exercées sur l’encadrement pour remplacer les grévistes". C’est "la politique de la carotte et du bâton" pour "réduire au maximum les impacts de la grève", a-t-il ajouté.

La direction de la SNCF a confirmé à l’AFP l’existence de "cette prime forfaitaire de 150 euros", qui "a pris effet au 1er janvier 2018", et dénoncé "un faux procès".

La prime "va être versée aux chefs conducteurs qui ont quitté la direction de la traction (…) mais qui continuent à entretenir leurs compétences" afin de pouvoir "remplacer des conducteurs au pied levé, quelle que soit la cause du remplacement", a expliqué un porte-parole de la SNCF.

Ils toucheront désormais cette prime "tous les mois, indépendamment du nombre de jours de conduite effectués" et cela "va aider à assurer la continuité du service public pendant la grève".

Le premier ministre Édouard Philippe avait déjà écarté toute privatisation de la SNCF.

Invité de l'émission de l'Internaute et l'Obs "Restons poli(tique)s", Alexis Corbière a affirmé qu''il n'y croyait pas l'affirmation du premier ministre : 

"A terme ça passera par une privatisation, j'en suis persuadé. Ça a été le même raisonnement pour d'autres grandes entreprises qui, à la fin, ont été privatisées", a assuré ce jeudi le député de La France insoumise. 

"La création de cette société anonyme, selon moi, permettra d'aller vers la privatisation. Dans une société anonyme, pour qu'elle le reste, la participation de l'État peut descendre jusqu'à 15%. Transformer la SNCF en société anonyme ouvre la possibilité demain, pas là dans la chaleur du combat, mais pour un autre gouvernement, de dire : la part de l'État ne sera plus à 100%." Dès lors, le bras droit de Jean-Luc Mélenchon appelle à soutenir le combat des cheminots.

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Rédigé par Pierre HAMMADI

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Publié le 28 Mars 2018

Malgré les injonctions du président du CRIF ( Conseil représentatif des institutions juives de France ) à ne pas se joindre au rassemblement, frontistes et "insoumis" sont venus avant de repartir sous les sifflets de la foule, mercredi soir place de la Nation, à Paris.

Ils étaient des milliers, venus de tous horizons à s’être rassemblés ce mercredi 28 mars à Paris pour participer à la marche blanche en mémoire de Mireille Knoll. Cette femme âgée de 85 ans de confession juive a été assassinée vendredi 23 mars. Le parquet de Paris a retenu le caractère antisémite du meurtre.

Lorsque le CRIF a annoncé ce rassemblement, le président de l’instance de la communauté juive Francis Kalifat a fait savoir qu’il ne souhaitait pas y voir de personnalités politiques d’extrême droite et d’extrême gauche, ces derniers n’étant pas "les bienvenus".

"La surreprésentation des antisémites tant à l'extrême gauche qu'à l'extrême droite rend ces deux partis infréquentables", a assumé mercredi 28 mars Francis Kalifat sur RTL Matin. Ajoutant en guise d'explication : "En ce qui concerne l'extrême gauche, il s'agit peut-être d'éclaircir leur position en ce qui concerne le boycott d'Israël".

Dans Bourdin Direct sur RMC mercredi 28 mars, le fils de l'octogénaire assassiné, Daniel Knoll, a tenu une position inverse : "Nous appelons tout le monde, je dis bien tout le monde, sans exception", à se joindre à la marche blanche. A la question "vous n'allez pas sur la position du Crif ?", il a répondu : "Absolument pas, les gens qui ont une mère peuvent me comprendre (…). Le Crif fait de la politique et moi, j'ouvre mon cœur".

Des représentants de LFI et du FN ont alors annoncé leur venue, à l’instar de Jean-Luc Mélenchon et de Marine Le Pen. Mais une fois sur place, mercredi soir, les deux personnalités politiques ont été huées et sifflées par la foule et poussées à quitter le rassemblement, sous protection policière, quelques minutes après leur arrivée.

Plusieurs dizaines de jeunes avaient crié "Insoumis, dehors !" à la venue de M. Mélenchon, tandis que des "nazis, fachos" ont été lancés à l’adresse de Mme Le Pen. Interrogé pendant l’avancée du cortège, le président du CRIF a maintenu qu’il ne désirait pas la présence de ces représentants politiques.

Des personnes ont tenté de frapper le député de la France insoumise, il a dû être exfiltré du cortège dès les premières minutes du défilé. La sécurité de Marine Le Pen a pris la même décision pour la présidente du Front national quelques minutes plus tard.

"Le CRIF ne représente que lui-même, a déclaré Marine Le Pen. Nous avons notre place ici car, encore une fois, ils se trompent d’ennemi. C’est nous qui luttons depuis des années et qui dénonçons l’antisémitisme islamiste."

Le chef de file des "insoumis" a, pour sa part, estimé que ces huées n’étaient qu’un épiphénomène. "Il ne faut pas confondre 40 énergumènes avec les milliers de braves gens que compte ce pays, il ne faut pas leur donner de l’importance", a dit Jean-Luc Mélenchon.

Face aux insultes des manifestants, Alexis Corbière député LFI a vivement réagi sur Twitter. "Vous êtes des minables qui font le jeu des antisémites. Des violents qui n'ont que la haine comme argument. La lutte contre l'antisémitisme est trop sérieuse pour être menée par des brutes comme vous..Dignité et recueillement pour Mireille Knoll.

Cette violence exprimée dans ce moment de recueillement a été condamnée par plusieurs participants, dont l'ex-président de la Licra Alain Jakubowicz. "J'ai honte de ce qui se passe à la 'marche blanche' à la mémoire de Mireille Knoll à Paris, ça me donne envie de pleurer", a-t-il publié sur Twitter, avant d'interroger: "est-il indispensable de se polariser sur la seule présence de Marine Le Pen et Jean-Luc Mélenchon?".

"La décence et l'honneur voudraient que cette marche blanche soit un moment de recueillement et d'unité face à la haine antisémite. La mémoire de Mireille Knoll mérite tellement mieux", a de son côté regretté l'élu PCF à la mairie de Paris Ian Brossat.

La déclaration du Crif a été très mal perçue par l'ensemble de la classe politique alors que l'heure est au recueillement. 

"Nous combattons les communautarismes, je ne crois pas que cette marche concerne uniquement la communauté juive ou concerne uniquement le Crif", a déclaré Rachida Dati sur BFMTV. 

De son côté, le porte-parole du gouvernement, Benjamin Grivaux a lancé sur Radio Classique : "Je ne partage pas les propos, en tout cas la recommandation faite par le président du Crif. Chacun est libre de se rendre à une manifestation dans ce pays". 

"Tous les responsables politiques ont leur place dans ce rassemblement républicain", avait pourtant plaidé quelques instants plus tôt le président La République en Marche de l'Assemblée nationale François de Rugy. 

"Lorsqu'il s'agit de lutter contre l'obscurantisme ou contre l'antisémitisme ou contre le fanatisme, tout ce qui rassemble grandit", avait également déclaré dans l'après-midi, devant l'Assemblée nationale, le Premier ministre Édouard Philippe. 

Le cortège est parti de Nation et s’est arrêté au pied de l’immeuble dans lequel vivait Mireille Knoll. Les leadeurs de plusieurs groupes religieux ont ensemble rendu hommage à la mémoire de l’octogénaire. Des milliers de personnes ont participé à la manifestation parisienne et des rassemblements étaient également prévus un peu partout en France, notamment à Lyon, Marseille, Lille, Bordeaux, Strasbourg, et Toulouse.

Mireille Knoll a été retrouvée poignardée de plusieurs coups de couteau dans son appartement avant que celui-ci soit incendié.

Deux suspects ont été mis en examen pour "homicide volontaire à raison de l'appartenance vraie ou supposée de la victime à une religion". L'un d'eux, un voisin, connaissait très bien la vieille dame de 85 ans. Ils ont été placés en détention provisoire.

 

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Rédigé par Pierre HAMMADI

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Publié le 27 Mars 2018

 

La ministre du travail Muriel Pénicaud a autorisé mardi 20 mars, le licenciement de Gaël Quirante 42 ans, syndicaliste SUD Poste dans les Hauts-de-Seine, contre l'avis de son ministère.

 

Le responsable syndicale l'a appris par un courrier recommandé, samedi 24 mars, rapporte Médiapart. C'est la quatrième fois que La Poste demandait son licenciement pour faute grave depuis 2010. L'inspection du travail a toujours refusé cette procédure. 

"L’administration juge d’une part que les faits reprochés à Gaël Quirante ne sont pas assez graves pour le licencier et d’autre part qu’il est visé en raison de ses activités syndicales", explique le site d'information. 

Dans un communiqué, le syndicat fait valoir que cette autorisation de licenciement va à l'encontre d'un "avis de l'inspection du travail" et des conclusions de la "contre-enquête" réalisée par la Direccte (Direction régionale des entreprises, de la concurrence, de la consommation, du travail et de l'emploi) préalablement à la décision du ministère. Tous deux établissaient "un lien" entre la demande de licenciement et "les mandats exercés" par M. Quirante et se prononçaient contre son renvoi. 

En 2010, l'inspection du travail avait refusé une première fois le licenciement de Gaël Quirante. Une décision confirmée par le ministre du travail de l'époque, Xavier Bertrand, suite à un premier recours de La Poste, et par le tribunal administratif. Mais en 2013, la Cour administrative d'appel de Versailles a annulé ces décisions, renvoyant la procédure au point de départ.

Le syndicaliste est dans le viseur de La Poste depuis de nombreuses années. Lors d'une grève qui a duré plus de deux mois dans les Hauts-de-Seine, plusieurs cadres du groupe ont été retenus pendant 2 heures 30 minutes, le 10 mai 2010. Plusieurs militants, dont Gaël Quirante, mais aussi le porte-parole du NPA Olivier Besancenot, ont écopé d'une amende de 1.500 euros avec sursis pour "séquestration". La peine du syndicaliste de SUD a été confirmée en appel en février 2013. 

"Dans son courrier d’autorisation, la ministre revient sur les faits de 2010, les jugeant d’une gravité suffisante pour justifier le licenciement, mais elle ne dit rien sur le lien établi avec mon mandat", assure Gaël Quirante à Médiapart.

Le lundi 26 mars, le centre postal d'Asnières dans les hauts-de-Seine était en grève à "90%", selon SUD. Dans la soirée, plusieurs dizaines de travailleurs de La Poste, accompagnés de militants associatifs et politiques, se sont rassemblés devant le ministère du Travail à Paris.

Parmi les manifestants, Olivier Besancenot, porte-parole du NPA, a dénoncé "une décision particulièrement injuste et lourde de sens pour tout salarié qui demain sera appelé à lutter, à résister, à faire grève ou tout simplement à l'ouvrir".

Quant au leader de la France insoumise, Jean-Luc Mélenchon, il s'en est pris au micro à la ministre du Travail, Muriel Pénicaud, qui "dans cette circonstance est à l'image de la violence de classe qu'elle incarne", et a dénoncé "une vision des rapports de classe qui est entièrement basée sur la violence et la répression".

Les représentants du personnel sont des salariés protégés dont le licenciement est soumis à autorisation de l'inspection du travail. L'employeur, s'il est en désaccord avec cette décision, peut ensuite la contester auprès du ministre du Travail.

Le 13 mars dernier, un appel publié par Mediapart et signé par plusieurs personnalités politiques, syndicales et associatives appelait à renoncer à ce "licenciement politique". "Nous refusons de voir se multiplier les cas de répression à la Poste comme ailleurs", écrivaient les signataires.https://blogs.mediapart.fr/les-invites-de-mediapart/blog/130318/non-au-licenciement-de-gael-contre-la-repression-la-poste-et-ailleurs

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Rédigé par Pierre HAMMADI

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Publié le 24 Mars 2018

L’autopsie du lieutenant-colonel Arnaud Beltrame a "mis en évidence des lésions par balles non létales" et "révélé une plaie gravissime de la trachée et du larynx par arme blanche". Ce sont les blessures par arme blanche au niveau de la gorge qui lui ont été fatales.

Quatre personnes ont été tuées et seize autres blessées, dont deux grièvement, dans des attaques perpétrées dans l'Aude, vendredi 23 mars. La section antiterroriste du parquet de Paris est saisie de la fusillade et de la prise d'otages dans l'Aude. Le groupe État islamique a revendiqué les attaques.

Le suspect, Redouane Lakdim, est né au Maroc le 11 avril 1992, il a été naturalisé en 2004 car son père était devenu français.

Il est "fiché S depuis 2014, en raison de sa radicalisation et de ses liens avec la mouvance salafiste", a indiqué le procureur de la République, François Molins.

L'homme aurait agi seul. Il a été abattu par les forces de l'ordre qui ont donné l'assaut contre le supermarché Super U dans lequel il était retranché.

Selon RTL, Redouane Lakdim était fiché au FSPRT (Fichier des signalements pour la prévention de la radicalisation à caractère terroriste).Près de 20.000 personnes sont aujourd’hui inscrites dans ce fichier.

Une version que pondère le ministre de l'Intérieur : "Il avait 26 ans et était connu pour des faits de petite délinquance et nous l'avions suivi et nous pensions qu'il n'y avait pas de radicalisation, mais il est passé à l'acte brusquement."

L'homme était connu de la justice notamment pour détention d'armes et trafic de stupéfiants. "Aucun signe précurseur ne laissait présager un passage à l’acte terroriste", a souligné le procureur de Paris François Molins.

"Aucun signe précurseur pouvant laisser présager d’un passage à l’acte terroriste" n’avait été décelé chez lui, a ajouté François Molins dans la soirée. Lakdim était soupçonné d’avoir effectué un voyage en Syrie, mais rien n’est encore sûr.

Il vivait à Carcassonne et il était suivi par les services de renseignement depuis 2013. Il a fait un bref séjour en prison en 2016 pour des faits de droit commun. "un deal de stupéfiants" a évoqué le ministre de l'Intérieur Gérard Collomb.

Le terroriste retranché sollicitait la libération de "frères", a précisé le procureur. D'après plusieurs médias, il demandait notamment la libération de Salah Abdeslam, du commando terroriste du 13-Novembre 2015.

Une témoin, joint par Franceinfo raconte : "Un homme a crié et a tiré des coups de feu à plusieurs reprises. J'ai vu une porte de frigo, j'ai demandé aux gens de venir se mettre à l'abri. Nous étions dix et nous sommes restés une heure. Il y a eu encore des coups de feu et on est sorti par la porte de secours derrière. [...] Il a crié Allah je ne sais pas quoi, je ne l'ai pas vu."

L'auteur des attaques a d'abord braqué un automobiliste vendredi 23 mars à Carcassonne, pour

lui voler sa voiture, une Opel Corsa blanche. Il a ouvert le feu, et le passager est mort. Le conducteur a été blessé.

L'assaillant a ensuite tiré sur des CRS qui faisaient leur footing près de leur caserne, vendredi vers 10h35, blessant l'un d'entre eux. Le policier a deux côtes cassées et un poumon perforé. Il a été pris en charge par le Samu, mais ses jours ne sont pas en danger. Il est âgé de 43 ans, est marié et père de trois enfants. Six coups de feu ont été tirés. Ce sont des hommes originaires de la CRS 53 de Marseille.

Vers 11 heures, le suspect s'est rendu à Trèbes, à 8 km de Carcassonne, et a fait irruption dans le supermarché Super U. Il a alors retenu plusieurs clients en otages. Certains ont réussi à fuir. Au cours de cette prise d'otages, le lieutenant-colonel de gendarmerie Arnaud Beltrame est entré dans le magasin, en échange de la libération d'un otage. Quand il pénètre dans le magasin, l'assaillant a déjà abattu deux personnes, un employé et une cliente. Vers 14h45, les gendarmes du GIGN ont donné l'assaut. Le preneur d'otages a été abattu. Deux hommes du GIGN ont été blessés.

L’agence de propagande de l’organisation terroriste État islamique a revendiqué ces attaques. "L’homme qui a mené l’attaque de Trèbes, dans le sud de la France, est un soldat de l’État islamique (EI), qui a agi en réponse à l’appel de l’organisation à viser les pays membres de la coalition internationale anti-EI", ont indiqué les djihadistes.

Le ministre de l'intérieur Gérard Collomb a salué "l'acte d'héroïsme" d'un lieutenant-colonel de gendarmerie qui s'est substitué à un otage et qui a été grièvement blessé. 

En conférence de presse, le procureur, François Molins, a indiqué que la compagne de Radouane Lakdim ainsi que l’un de ses amis, mineur, ont été placés en garde à vue pour "association de malfaiteurs en relation avec une entreprise terroriste criminelle".

De nombreuses investigations sont en cours afin de déterminer la provenance de l’arme utilisée par l’assaillant, les circonstances dans lesquelles il se l’est procurée ainsi que les éventuelles complicités dont il a pu bénéficier.

Une perquisition réalisée au domicile de Radouane Lakdim a permis de trouver des "notes faisant allusion à [l’organisation] État islamique" et s’apparentant à un testament, ainsi que des supports numériques, a fait savoir une source judiciaire.

La mère du gendarme Arnaud Beltrame, raconte à RTL que "défendre la patrie" est la "raison de vivre" de son fils, grièvement blessé par l'assaillant. Il est mort à l'âge de 44 ans des suites de ses blessures samedi matin 24 mars. Marié civilement sans enfant, il devait se marier religieusement cette année.

Après les attaques perpétrées à Trèbes et Carcassonne, dans l’Aude, vendredi 23 mars, les élus de toute la France ont témoigné leur soutien aux familles des victimes et aux forces de l’ordre.

"Le lieutenant-colonel Arnaud Beltrame nous a quittés. Mort pour la patrie.Jamais la France n’oubliera son héroïsme, sa bravoure, son sacrifice", déclare le ministre de l'Intérieur.

Dans un communiqué du palais de l'Elysée, Emmanuel Macron salue le "courage et l'abnégation exceptionnels" d'Arnaud Beltrame qui est "tombé en héros". Il "mérite respect et admiration de la nation tout entière".

"Son héroïsme marquera nos mémoires à jamais", a de son côté réagi le premier ministre Edouard Philippe sur Twitter.

Le frère du gendarme, Cédric Beltrame, a déclaré samedi sur RTL qu’Arnaud Beltrame était "parti en héros et c’est la réalité aujourd’hui", "ce qu’il a fait, ça va au-delà de l’engagement de son métier.

Le recteur de la mosquée de Lyon, Kamel Kabtane, a condamné samedi l’assassinat "odieux et lâche" d’Arnaud Beltrame, un acte qui, selon lui, "vient une fois de plus jeter l’opprobre sur toute une communauté qui se bat chaque jour pour se prémunir contre les propagateurs de la haine", a-t-il écrit dans un communiqué.

Nommé adjoint au commandement du groupement de gendarmerie de l’Aude en 2017, Arnaud Beltrame avait été commandant de compagnie au sein de la Garde républicaine et avait assuré la sécurité du palais de l’Elysée pendant quatre ans. En 2010, il avait pris le commandement de la compagnie d’Avranches (Manche) jusqu’en 2014, avant de devenir conseiller auprès du secrétaire général du ministère de l’écologie. Il a accédé au rang de lieutenant-colonel en 2016.

Un hommage national sera organisé en l’honneur du lieutenant-colonel de gendarmerie Arnaud Beltrame, a annoncé samedi 24 mars l’lysée à l’issue d’un conseil restreint de défense.

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Rédigé par Pierre HAMMADI

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