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Le blog de marseille-nord-savoir

Publié le par Pierre HAMMADI
Pierre de Villiers, le chef d'état-major des armées, a claqué la portePierre de Villiers, le chef d'état-major des armées, a claqué la porte

Après sa démission et, alors qu’il quittait le ministère de la Défense mercredi 19 juillet, Pierre de Villiers a été accueilli par une haie d’honneur. De salves applaudissements l’ont accompagné jusqu’à ce qu’il arrive à sa voiture.

Le général Pierre de Villiers a claqué la porte avant même son rendez-vous du vendredi 21 juillet, avec Emmanuel Macron.

Dans un communiqué rendu public ce mercredi 19 juillet 2017, le chef d’état-major des armées Pierre de Villiers déclare "ne plus être en mesure d'assurer la pérennité du modèle d'armée auquel [il] croit pour garantir la protection de la France et des Français, aujourd'hui et demain, et soutenir les ambitions de notre pays" et avoir "pris ses responsabilités", 

Il a présenté sa démission au président de la République qui "l'a accepté"

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Communiqué du général Pierre de Villiers :

 

J’assume les responsabilités de chef d’état-major des armées depuis trois ans et demi. Je suis pleinement conscient de l’honneur qui m’est fait, de la confiance qui m’a été accordée et des devoirs qui sont attachés à cette fonction.

J’ai toujours veillé, depuis ma nomination, à maintenir un modèle d’armée qui garantisse la cohérence entre les menaces qui pèsent sur la France et sur l’Europe, les missions de nos armées qui ne cessent d’augmenter et les moyens capacitaires et budgétaires nécessaires pour les remplir.

Dans le plus strict respect de la loyauté, qui n’a jamais cessé d’être le fondement de ma relation avec l’autorité politique et la représentation nationale, j’ai estimé qu’il était de mon devoir de leur faire part de mes réserves, à plusieurs reprises, à huis clos, en toute transparence et vérité.

Dans les circonstances actuelles, je considère ne plus être en mesure d’assurer la pérennité du modèle d’armée auquel je crois pour garantir la protection de la France et des Français, aujourd’hui et demain, et soutenir les ambitions de notre pays. Par conséquent, j’ai pris mes responsabilités en présentant, ce jour, ma démission au Président de la République, qui l’a acceptée.

J’éprouve une vraie reconnaissance envers nos soldats, nos marins et nos aviateurs avec lesquels j’ai partagé ma vie, pendant quarante-trois années, au service de la nation, en toute sincérité. Je sais pour les connaître qu’ils continueront à assurer la mission aux ordres de mon successeur avec autant de détermination et de fidélité.

Je reste indéfectiblement attaché à mon pays et à ses armées. Ce qui m’importera, jusqu’à mon dernier souffle, c’est le succès des armes de la France.

 

Général d’armée Pierre de Villiers

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Tout est parti de l'effort demandé aux différents ministères, "y compris celui des Armées".

Le gouvernement a détaillé les mesures d'économies mercredi 12 juillet au moment même où le général de Villiers était officiellement reconduit dans ses fonctions pour un an. Les armées vont devoir assumer en 2017 le surcoût des opérations extérieures soit 850 millions d'euros, 

Un coup d'autant plus rude que ces 850 millions représentent 20 % de toutes les coupes qui devront être réalisées par l'ensemble du gouvernement pour ramener le déficit des comptes publics sous la barre des 3 %.

Le général Pierre de Villiers, a protesté devant une commission parlementaire à huis clos contre les restrictions budgétaires pour l'armée en 2017. Il a tapé du poing sur la table, expliquant à qui voulait l'entendre que l'armée avait "tout donné" et jugeant que la situation n'est "pas tenable". "Je ne vais pas me faire baiser comme cela", a-t-il ajouté, selon plusieurs participants cités par l'Agence France-Presse.

Devant les élus, le général connu pour son franc-parler a argué du fait que, faute de moyens, l'armée française devait régulièrement annuler des opérations après parfois des mois de recherche sur le terrain.

Pierre de Villiers s'est exprimé devant la représentation nationale, dans un cadre parfaitement légal et en se tenant à son rôle. Il a exprimé son mécontentement et n'a jamais remis en cause la légitimité du politique, jamais critiqué le chef de l'État, chef des armées.

Le jeudi 13 juillet, devant les militaires à l'Hôtel de Brienne, Emmanuel Macron avait recadré le général de Villiers en déclarant : "Je suis votre chef". "Je considère qu'il n'est pas digne d'étaler certains débats sur la place publique", a-t-il lancé devant la communauté militaire, dans une allusion directe aux propos du général Pierre de Villiers. 

Emmanuel Macron a rajouté : "J'aime le sens du devoir, j'aime le sens de la réserve qui a tenu nos armées là où elles sont aujourd'hui. Et ce que j'ai parfois du mal à considérer dans certains secteurs, je l'admets encore moins quand il s'agit des armées. De mauvaises habitudes ont parfois été prises sur ces sujets considérant qu'il devait en aller des armées aujourd'hui comme il en va de nombreux autres secteurs. Je le regrette."

Durant le défilé vendredi 14-Juillet, certains militaires disaient qu'ils considéraient qu'Emmanuel Macron avait publiquement humilié son chef d'état-major.

 

Eric Ciotti, député LR des Alpes-Maritimes, a exprimé son soutien au chef d'état-major des armées Pierre de Villiers.

"Irresponsabilité totale d'un pouvoir qui par arrogance et incompétence sacrifie un homme de la qualité de Pierre" a t-il écrit sur son compte twitter.

Hervé Morin, ministre de la défense de 2007 à 2010 et actuel président des Centriste évoque une "faute grave du chef de l'État."

Pierre de Villiers, le chef d'état-major des armées, a claqué la portePierre de Villiers, le chef d'état-major des armées, a claqué la porte

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