Dès le 1er octobre, les aides au logement APL, ALF et ALS, baisseront de 5 euros

Publié le 24 Juillet 2017

Le montant de l'aide personnalisée au logement (APL), une aide financière destinée à réduire le montant d'un loyer ou la mensualité d'emprunt immobilier, est revu à la baisse

Une information confirmée par le gouvernement samedi 22 juillet. Les APL, qui bénéficient à 2,6 millions de personnes, subiront  une baisse de 5 euros par mois et par ménage à partir du 1er octobre.

Une mesure qui risque de peser lourd dans le budget de nombreux étudiants. En effet, environ 800.000 étudiants perçoivent cette aide chaque année, dans un contexte où la recherche et le coût d'un logement sont particulièrement tendus.

En début de soirée, le ministère de la Cohésion des territoires a précisé à franceinfo que cette mesure concernera également les allocations de logement familiales (ALF) et les allocations de logement sociales (ALS), qui sont versées à 3,9 millions de personnes.

Les aides au logement, qui bénéficient à 6,5 millions de ménages français, coûtent 18 milliards d'euros par an au budget de l'État. Pour le gouvernement, il s'agit de faire des économies à l'heure de boucler le budget. 

 

Sur BFMTV, le porte-parole du gouvernement, Christophe Castaner, a justifié cette mesure, estimant qu'elle était "difficile" mais nécessaire. "Soit on ne pouvait pas payer tout le monde, soit il fallait faire un effort".

 

 

Une baisse de ces aides de cinq euros par mois et par ménage représenterait ainsi une économie mensuelle de 32,5 millions d'euros, soit 97,5 millions sur les trois derniers mois de l'année en cours.

Cette annonce passe d'autant plus mal qu'elle va frapper en priorité les classes populaires, alors que dans le même temps le gouvernement a pour projet de supprimer l'ISF.

Dans son discours de politique générale, le 4 juillet, le Premier ministre, Edouard Philippe, a insisté sur la nécessité de "repenser les politiques publiques qui pèsent sur nos actifs sans suffisamment de résultats", citant notamment le logement.  

Une remise à plat générale de ces aides au logement, qui coûtent 18 milliards d'euros par an à l'État, est prévue à l'automne.

L'actuel gouvernement renvoie la responsabilité de cette décision à son prédécesseur, sous le quinquennat Hollande, qui aurait même préparé cette mesure, sans l'annoncer. Une version vigoureusement démentie par Christian Eckert, ex-secrétaire d'État au Budget.

Contactée par franceinfo, l'ancienne ministre du Logement Emmanuelle Cosse accuse, samedi 22 juillet, le gouvernement de mensonge pour justifier la baisse de 5 euros de toutes les aides au logement dès le 1er octobre, dont l'aide personnalisée au logement (APL).

Sur LCI, elle accuse Gérald Darmanin ministre de l'Action et des Comptes publics de "raconter n’importe quoi" sur la baisse des APL qui aurait été décidée sous François Hollande : 

"Il raconte n’importe quoi et ça suffit que monsieur Darmanin essaie toujours de trouver des cache-sexes pour défendre des mesures d’économies. Il y a eu des mesures d’économies qui ont été prises par le gouvernement dans lequel j’étais et qui concernaient des personnes avec des patrimoines très élevés, mais en aucun cas il ne s’agissait d’une baisse massive des APL. Maintenant, ça suffit ! Que le gouvernement d’Édouard Philippe et le ministre Gérald Darmanin assument leur baisse des APL et qu’ils assument que leur politique n’est pas une politique d’aide au logement, contrairement à ce que racontait le président de la République pendant la campagne".

Contrairement à ce qu’affirme Gérald Darmanin, le décret paru le 16 octobre 2016 prévoit que la baisse des APL concerne uniquement les foyers dont le patrimoine est supérieur à 30.000 euros.

Les organisations étudiantes Fage et Unef ont rapidement dénoncé cette décision, évoquant une aide "vitale" alors qu'un étudiant sur quatre est sous le seuil de pauvreté et que plus de 100.000 travaillent à mi-temps pour financer leurs études.

Le délégué général de la fondation Abbé Pierre, Christophe Robert, a lui demandé être reçu par le gouvernement après cette annonce qui va pénaliser "les plus pauvres".

Au micro de RTL, le président du groupe Nouvelle gauche à l'Assemblée nationale Olivier Faure estime que "5 euros pour des budgets importants, ce n'est pas grand-chose, mais pour un public qui gagne moins de 1.000 euros, ça représente le pain pendant une semaine. Décision après décision, le gouvernement fait les poches de ceux qui ne peuvent pas se défendre quand ils cherchent, au contraire, à réalimenter les poches de ceux qui ont déjà beaucoup". 

 

Le sénateur LR des Hauts-de-Seine et ancien conseiller régional d'Ile-de-France Roger Karoutchi estime quant à lui que la politique du logement est déjà matraquée fiscalement, cette mesure venant aggraver une situation déjà délicate, notamment pour les jeunes et étudiants. Il en profite par ailleurs pour fustiger plus généralement les réformes entreprises par le gouvernement depuis l'élection d'Emmanuel Macron.

Rédigé par Pierre HAMMADI

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