Essonne : Plusieurs policiers victimes d'une attaque au cocktail molotov à Viry-Châtillon

Publié le 9 Octobre 2016

Samedi après-midi vers 15 heures, deux véhicules de police ont été la cible de cocktail Molotov, dans un carrefour de la cité de la Grande-Borne à Viry-Châtillon (Essone). En tout, quatre policiers ont été blessés.

Ce sont des individus cagoulés qui ont d'abord brisé les vitres des voitures avant d'y jeter les cocktails. Les policiers étaient venus surveiller une caméra de vidéo-surveillance victime de plusieurs attaques. Cette caméra avait été installée par la municipalité au carrefour dit du Fournil en raison de nombreuses agressions d'automobilistes, vols à la portière et trafics de drogue.

"Notre adjoint de sécurité est entre la vie et la mort. Il a été placé dans un coma artificiel dans un état jugé très très sérieux", selon Claude Carillo, secrétaire départemental du syndicat de police Alliance 91.

"On a notre jeune collègue qui a été durement touché au visage, aux mains et aux poumons. Son état est très très préoccupant, il a été placé en coma artificiel, et les 48 heures qui viennent seront très importantes pour pouvoir s'exprimer sur le pronostic vital, mais il lutte vraiment pour la vie", a expliqué Claude Carillo dimanche matin.

L'adjoint de sécurité de 28 ans a été brûlé très grièvement au visage, au torse et aux mains. "Il est brûlé sur 30% de la superficie de son corps, aux mains et au visage", a indiqué une source judiciaire.

L'état de santé de la policière âgée de 39 ans, qui l'accompagnait dans la voiture prise d'assaut par une quinzaine d'individus, elle aussi sérieusement brûlée au visage et au torse, est "toujours hospitalisée", mais son état est "plus rassurant", confirme la même source.

Les deux autres agents, une femme de 28 ans et un homme de 38 ans appelés en renfort, "sont sortis de l'hôpital" de Longjumeau (Essonne) samedi soir, ils sont tous les deux extrêmement choqués", selon des sources policières.

De nombreux policiers, armés de lanceurs de grenades lacrymogènes et de boucliers, ont été envoyés sur place. À ce stade, aucune interpellation n'a été opérée.

De nombreux politiques ont réagi dès samedi soir pour condamner cet acte. Le président François Hollande l'a qualifié d'"inqualifiable" et "intolérable". Le maire de Viry-Châtillon, Jean-Marie Vilain, dénonce un "assassinat". Le directeur général de la police nationale, Jean-Marc Falcone, qui s'est rendu sur place s'est dit "scandalisé".De son côté, le ministre de l'Intérieur, Bernard Cazeneuve, a condamné "des actes d'une extrême gravité".

"Les auteurs de ces attaques seront poursuivis sans relâche et traduits en justice. Au moment où les forces de l'ordre répondent avec courage aux menaces auxquelles notre pays est confronté, des actes aussi intolérables appellent des sanctions exemplaires", a également assuré le Premier ministre, Manuel Valls, dans un communiqué.

Sur Europe 1 et iTélé dimanche matin, le ministre de la Justice Jean-Jacques Urvoas a souligné que "quand on attaque des fonctionnaires qui portent un uniforme, c'est l'État qu'on attaque". "Il y a, à l'évidence, intention de porter atteinte aux policiers et à la vie", a-t-il poursuivi. Il a assuré que "des sanctions seront prononcées" et appelé "aux investigations nécessaires". Le parquet a ouvert une enquête pour tentative d'homicide.

Réagissant aux nombreuses réactions politiques en soutien aux policiers, Claude Carillo a demandé "des actes, et plus des paroles. Les indignations des uns et des autres, c'est bien, mais concrètement on demande 300 effectifs supplémentaires sur le département. Ce n'est pas du luxe, car pour l'instant on est dans l'insécurité totale pour les policiers."

Rédigé par Pierre HAMMADI

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