Emmanuel Macron crée son mouvement politique : En Marche

Publié le 7 Avril 2016

"Le nom de ce nouveau mouvement, c'est 'En Marche'. Je ne sais pas si ça va réussir." Le ministre de l'Economie, Emmanuel Macron, a dévoilé, mercredi 6 avril, un nouveau mouvement politique, lors d'une rencontre publique à Amiens (Somme), la ville où il a grandi. "J'ai pris du temps, j'ai réfléchi, j'ai consulté, j'ai associé et j'ai décidé qu'on allait créer un mouvement politique, un mouvement politique nouveau."

"J'ai décidé qu'on allait créer un mouvement politique nouveau qui ne sera pas à droite, qui ne sera pas à gauche" a expliqué Emmanuel Macron. "Vous pouvez être membre du PS ou des Républicains et adhérer à En Marche." Une vidéo et en site internet ont ensuite été lancés au même moment.

L'adhésion sera gratuite. Il sera même possible d'avoir une double appartenance avec le PS, l'UDI, EELV et même Les Républicains. La seule incompatibilité est avec les partis dont "les valeurs sont manifestement incompatibles avec les nôtres". En creux on devine que le Front national et même l'extrême-gauche sont exclus.

Dans son clip de lancement le "mal Français", le ministre de l'Economie dénonce des "blocages politiques et sociaux" qui préservent les privilèges de quelques uns au détriment de millions d'autres", "les blocages économiques qui font que l'ascenseur social est en panne pour des millions de Français".

L'actuel ministre de l'Economie l'assure : il ne s'agit pas d'une rampe de lancement pour la présidentielle. Du moins, pas pour la prochaine échéance. "Une candidature en 2017 n'est pas ma priorité aujourd'hui", a-t-il assuré.

"Notre pays est face à un défi historique. Si nous restons dans la même posture, nous allons vers la décadence" explique-t-il, avant d'appeler à réduire les inégalités : "Il faut une société avec du risque, des opportunités mais plus de justice".

Selon France 2, le ministre a prévenu François Hollande de son initiative de créer un nouveau mouvement politique. L'Elysée a donné son accord, gageant de la fidélité de l'homme. Mais si François Hollande venait à jeter l'éponge, alors Emmanuel Macron pourrait être celui qui incarnerait "le renouveau politique", selon un de ses proches cité par France 2.

L'ancien Premier ministre Jean-Pierre Raffarin (LR) s'est empressé de souligner ne voir "aucune incompatibilité" entre son champion pour la primaire à droite, Alain Juppé, et Macron. "Il n'y a pas d'incompatibilité entre les sensibilités, les deux tempéraments, les deux cultures", et donc "des partenariats" ne seraient "pas impossibles".

"C'est pas mal, ça apporte un peu de sang neuf, ça fait peut-être bouger un peu le vieux socialisme", s'est en outre délecté le sénateur de la Vienne sur France 2.

Même avis pour le président de l'UDI Jean-Christophe Lagarde, pour qui "Emmanuel Macron me semble parfaitement compatible avec l’UDI. Mais à chaque fois, son gouvernement lui dit de se taire", a regretté le député-maire de Drancy sur iTélé.

"J'aime bien l'initiative". On a connu le patron du Medef moins sobre sur les initiatives du ministre, qu'il adore et dont il souhaitait qu'il prenne, en plus de Bercy, la main sur le ministère du Travail fin août. "En marche !" "permet de sortir de la politique politicienne. S'il peut lancer un grand débat à un an d'une grande échéance pour le pays, je trouve ça rafraîchissant", s'est borné à commenter Pierre Gattaz sur France Inter.

Jean-Luc Mélenchon, "Les gens qui ont mis en panne toute l'économie du pays et qui s'appellent en marche, ça me fait rire", lance-t-il sur France Info. "Je ne sais pas qui manœuvre pour qui dans cette histoire, chacun des importants a [mis] une pièce sur le blanc et le noir", sur l'échiquier politique.

Eric Woerth, "Je suis d'accord avec Emmanuel Macron, il faut en finir avec l'immobilisme" analyse sur LCI le député LR de l'Oise qui refuse, cependant, de "rompre avec le débat droite-gauche". Quant au citoyen, l'ancien ministre regrette qu'il soit "mis à toutes les sauces". Il faut "des idées puissantes et directes" mais que les citoyens soient associés "à ce qui les concerne".

Christian Estrosi, "Monsieur Macron nourrit en moi beaucoup de doutes. Pour que sa démarche soit crédible, il faudrait qu'il démissionne du gouvernement conservateur. Il n'a aucune crédibilité. Il essaie de faire un petit club pour sauver le soldat Hollande et créer un écran de fumée", a-t-il jugé sur RTL.

Le premier secrétaire du PS Jean-Christophe Cambadélis imagine que "peu" d'adhérents du Parti socialiste rejoindront En Marche. "Il peut y avoir des hommes et femmes qui peuvent se reconnaître dans ce type d'initiative", a-t-il reconnu dans le Talk Le Figaro, et "tout ça peut faire du buzz", mais "à la fin il faut être candidat ou ne pas être candidat".

"Tiens donc..", s'est contentée de tweeter la députée PS frondeuse, et ancienne ministre, Aurélie Filippetti.

Rédigé par Pierre HAMMADI

Repost 1
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article